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1 - Séance City Hall avec la 25e heure

2 - A la télévision cette semaine 

3 - La série... en peinture

4 - Un Botticelli mis aux enchères

 


1 - Retour sur la Séance de City Hall avec la 25e heure

Dimanche 24 janvier était proposé depuis le Café des Images ou d'un autre cinéma en France une séance virtuelle de City Hall, le dernier film de Frederick Wiseman sorti un bref moment en salles, le 21 octobre; juste avant leur fermeture, le 30 octobre. Le film était suivi d’une e-rencontre avec le réalisateur Frederick Wiseman, animée par Charlotte Garson des Cahiers du Cinéma.

Frederick Wiseman a choisi la ville de Boston au hasard parmi six villes réputées pour leur action sociale. Ce n’est pas le fait qu'il y soit né. Plus simplement, il a envoyé six lettres. Il a essuyé deux refus, trois non réponses et seule l’assistante de Marty Walsh, qui avait vu ses films, a convaincu le maire.

Aucune mise en scène n'est revendiquée durant le tournage. Wiseman se met en position de trouver ses séquences ; lui au son, un opérateur au cadre et un accessoiriste pour le transport du matériel dont une rare utilisation de la lumière de projecteur. Il s'agit de tourner les éléments comme ils sont. En revanche, la mise en scène intervient au niveau du montage

Il y a, en premier lieu ,une forte réduction des rushes issus du tournage. Le film a occasionné 104 heures de tournage ; c'est moins que la plupart des films tournés en numérique. Si At Berkeley (2013) est extrait de 250 heures, c'est "parce que les professeurs aiment parler" mais la moyenne se situe au niveau des 150 heures de Ex Libris: The New York Public Library (2017). Le temps de préparation est aussi très court : une heure avant le tournage, c'est-à-dire environ 30 minutes pour parler avec ceux qui seront filmés et trente minutes pour repérer les lieux. Les étapes du montage sont aussi très balisées : six semaines voir les rushes, six mois pour comprendre ce qui se passe et faire le choix des séquences à retenir et les réduire puis six mois de nouveau pour le montage définitif pour réduire la durée de l'ensemble et l'étalonnage.

Elargir le temps de la communauté de Boston

Wiseman se refuse tout à la fois au commentaire et à la position de juge surplombant qui viendrait dans un second temps vérifier que ce qui a été promis a été tenu. La mise en scène est bien plus subtile. Elle consiste à entretenir des liens entre les séquences ou dans les séquences pour chercher des résonances avec le passé qui expliquent le présent du film.

 

2 - A la télévision cette semaine :

     
de James Gray, dimanche 31 janvier, 20h55, Arte
de Brian de Palma, lundi 1er février, 20h50, F5
de Julien Duvivier, lundi 1er février, 20h55, Arte
de Ulrich Köhler, lundi 1er février, 0h20, Arte
de Richard Fleischer, mardi 2 février, 13h35, Arte
de Lukas Dhont, mercredi 3 février, 20h55, Arte
de Blake Edwards, jeudi 4 février, 13h35, Arte
de Bertrand Tavernier, vendredi 5 février, 21h05, Arte

 

3 - La série... en peinture

La série en peinture a, semble-t-il, été d'abord une variation du motif au sein d'une même structure. Ainsi les représentations des douze mois pour Les très riches heures du duc de Berry l (Les frères Limbourg, 1415) ou des quatre saisons d'Arcimboldo au XVIe et de Nicolas Poussin au XVIIe. La série peut être aussi la représentation d'un même motif au sein d'environnements différents ainsi les Trente-six vues du mont Fuji de Hokusai où le célèbre mont occupe parfois presque tout l'espace de l'estampe mais où il est parfois un peu plus difficile à distinguer. Claude Monet porte au plus haut point la passion de la série quitte à dissoudre le motif dans la lumière. Cézanne avec ses montagnes Sainte-Victoire trouve peu à peu la raison de son art, "faire de l'impressionnisme quelque chose de solide et de durable, comme l'art des musées". Après la revendication de l'instant chez Monet, du durable chez Cézanne, Andy Warhol trouvera dans la série une expérience du vide : "Plus vous regardez exactement la même chose, plus le sens disparaît, et mieux vous vous sentez vide". L'art contemporain ne cessera alors de faire jouer la série entre vacuité et plénitude, sérieux et dérision.

4 - Un Botticelli mis aux enchères

Ce tableau a été vendu 92,184 millions de dollars lors d’une vente organisée par la Sotheby’s à New York, le jeudi 28 janvier 2021. En dollars constants 2020, il est le 39e tableau le plus cher du monde.

L’identité du Jeune homme tenant un médaillon n’est pas connue, mais les spécialistes pensent qu’il pourrait s’agir d’un proche de la puissante famille florentine des Médicis. Non daté, le tableau a été réalisé entre la fin des années 1470 et le début des années 1480.

Ce jeune homme séduisant, cadré à mi-hauteur et de trois quarts, est assis devant le cadre d'une fenêtre en pierre. Gracieux, il est probablement à peine sorti de l'adolescence. Ses longs cheveux dorés, séparés au centre, encadrent les traits délicats de son visage finement modelé, animé par ses yeux perçants. Son front haut, ses pommettes légèrement rougies, son nez distinctif, son menton carré, son long cou long, et ses lèvres fines et roses, pincées, concourent à un air sûr de lui. Les teintes subtiles de son pourpoint mauve, fermé au niveau du cou et par une rangée de boutons le long de sa poitrine, contrastent parfaitement avec la chaleur de la peau, tandis que des dégradés de tons soulignent sa silhouette élancée et forte.

Dans cette une pose confiante, le modèle présente l’une des caractéristiques les plus frappantes du tableau : le médaillon d’un saint barbu à la main droite levée. Cette petite peinture au fond d'or, qui date de Sienne au XIVe siècle, est une œuvre d'art à part entière. Elle est placée au ras d'un parapet en pierre. Avec ses deux mains, le jeune homme tient cet objet précieux en l'inclinant légèrement vers l'arrière, bénéficiant ainsi d'une lumière venant du haut, accentuant les reflets jaunes. Les doigts de sa main gauche et les ombres qu'ils projettent sur la pierre en dessous ajoutent encore à l'illusionnisme de l'œuvre, tandis que l'intensité de son regard, son expression calme et très réaliste témoignent éloquemment de l'esprit novateur de Botticelli.

Bonne semaine chacune, chacun.

Jean-Luc, le 31 janvier 2021

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