Un festival en pleine nature pour projeter des films indépendants. Des concerts, des débats, des rencontres. Trois jours de diffusions et d'échanges en empruntant des chemins de traverse pour un nouveau cinéma libre, poétique et créatif ! Cinquième édition les 6, 7 et 8 juillet 2018 sur le thème de la Liberté !

Affiche du 5e festival Les Filmeurs
 
5e Festival les filmeurs, du vendredi 6 au dimanche 8 juillet
 
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Vendredi 6 juillet

Samedi 7 juillet 2018

Dimanche 8 juillet 2018

Le festival Les Filmeurs est proposé et organisé par l’Association “Sous La Garenne” qui a pour objet “de développer, de promouvoir et de favoriser la création, la production et la diffusion d’événements à caractère artistique et/ou culturel”. Le festival est organisé principalement par trois personnes qui constituent le bureau de l’association. Il s'agit d'Emmanuel Broche, comédien de formation et directeur artistique du festival et de Sabrina Leroyer et Charlotte Rochon, toutes deux directrices de production dans l’événementiel. Ils sont bien évidemment soutenus et aidés par une trentaine de bénévoles fidèles depuis la première édition du festival en 2014.

Pour la journée du samedi 7 juillet étaient invités Violette Deffontaines pour son court-métrage de fin d'études "Après-coup" se passant aux alentours de Prague ; Marko Mormil (que l'on voit ci-dessous interviewer Jacques Rozier) et Jean-Marie Carrel pour deux courts-métrages avec la liberté pour thème : "Sloboda" et "Tentative de liberté". Les projections ont lieu sous le chapiteau avec des serviettes réfrigérées pour tenir sous les 30°

C'est ensuite Serge Avedikian, acteur, cinéaste et ami de longue date d’Artavazd Péléchian, qui anime le débat sur les films de ce dernier : Les saisons, Fin et Vie. A la question sur la souffrance des animaux qui est mise en scène lors de la traversée du fleuve ou lors de la descente de la montagne, Serge Avedikian fait remarquer que la vision qu’on en a ne laisse pas aisément percer l’invraisemblance de ce qu’elle représente. Peut-on imaginer une seule seconde que des bergers passent leurs bêtes à cet endroit précis où le torrent est agité ? S’il y a bien des gens qui doivent avoir du bon sens, ce sont les paysans ! Après plusieurs visions du film, je me suis rendu compte de ce non-sens, j'en aie parlé à Péléchian ça l’a fait sourire. “Ben oui, m’a-t-il répondu, ils l’ont fait pour le film. Il m’a fallu huit mois pour les convaincre ! Quand je venais au village et que je leur disais avoir choisi cet endroit pour tourner, ils répondaient : ‘Tu te fous de nous ? On ne va pas perdre du temps et des moutons à passer là plutôt qu’à 500 mètres, où les eaux sont plus calmes ! D’autant qu’il y a un pont !’ Il leur répondait : “C’est pour vous que je veux tourner là. C’est pour l’humanité.” Et, revenant un mois après, il demandait s’ils avaient réfléchi. A force d’insister, il a fini par les convaincre.

De même, ajoute Serge Avedikian, Jean-Luc Godard m'avait demandé d'interroger Péléchian : "lorsque les paysans poussent le camion avec les bœufs sous la pluie, est-ce qu'il pleut ou est-ce que c'est vous qui avez fait de la pluie ? La réponse de Péléchian fut celle d'un chrétien d'orient à un protestant : "oui il pleuvait mais j'ai aussi rajouté de la pluie".

C'est dire si la notion de vérité documentaire comme on l'entend est étrangère à Péléchian qui inverse les images, les ralentit, les arrête de même qu'il manipule les musiques de Bach, Verdi ou Mozart; c'est sa liberté à lui; utiliser toute les ressources du réel pour une vision cosmique de l'humanité avec des hommes et des bêtes qui sont tour à tour dans la joie et la souffrance.

Le projet des Filmeurs est de créer un festival de cinéma (très) indépendant, libre de toute contrainte, au milieu d'un champ immense et sauvage, « un trou de verdure », aux abords de l'Estuaire de la Seine. La restauration de 19h30 à 21h15 est l'occasion de prolonger les débats et de discuter autour d'un superbe repas (8 euros) avec les festivaliers. J'en ai aussi profité pour prendre une photo avec Jacques Rozier...

Les films sont en effet projetés en présence du réalisateur, suivis d'un débat. La presence de Jacques Rozier et de son actrice, Lydia Feld, qui joue l'avocate Mimi De Saint Marc dans Maine-Océan, était évidemment le point d'orgue de cette journée.

A minuit le Concert Mantekiya clôturait la soirée. Y assistaient les hôtes du camping municipal et ceux qui avaient retenu un gite... Pour nous, il était temps de rentrer. Nous avons pris date et reviendrons trois jours l'an prochain.

Jean-Luc Lacuve, le dimanche 8 juillet 2018.

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