Bien que le festival ait changé plusieurs fois de format durant ces vingt ans, cette édition s’inscrit dans la direction empruntée ces dernières années. Est ainsi proposé une compétition internationale de 42 films issus de 22 pays.

Affiche du 5e festival Les Filmeurs
 
20e Festival des cinémas différents et expérimentaux de Paris
 
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Dossier de presse

Le festival, en dehors de la compétition, se concentre sur une thématique au cours d’une dizaine de séances "focus". Il s’agt, lors de cette édition, de mettre au jour plusieurs stratégies et approches que le cinéma expérimental développe envers les déchets, ses propres rebuts et ceux des autres, que ce soit ceux du cinéma, de la société, de l’humain ou du monde. Le cinéma expérimental est en effet en grande partie né des déchets ; ainsi, dès ses débuts, il a été mis de côté, à l’abri des regards. Il y a d’ailleurs trouvé son compte, puisqu’il en a sorti des chutes, des caméras cassées et obsolètes, des matériaux usés. Même aujourd’hui, alors que le numérique tente de lisser toutes les aspérités dans l’image et dans la technique, et par là de réduire les risques de déchets possibles, certains cinéastes et artistes tentent de remettre à vue le rebut numérique et virtuel.

Les déchets, de façon plus métaphorique peut-être, ce sont aussi les marginalisés, les laissés-pour-compte : est ainsi repris la récurrente séance dédiée à la recherche d’un cinéma "hors-les-normes", selon l’expression d'Alain Bourbonnais, grand ami de Jean Dubuffet, au cours de laquelle se côtoient cinéastes bruts, amateurs, outsiders, ou pratiquants d’un art inconscient.

Mercredi 10 octobre:

18h00 : Programme 1 de la compétition

Angle Mort (Derek Woolfenden, France, 2018, 19') Ce film relate un fait divers qui se déroula au cours d’un spectacle dans un lieu public où un homme en poignarda deux autres. L’image continue de la captation du spectacle, involontairement sordide, a été remplacée par les fragments vidéos de la cinéphilie salvatrice de l’un des deux survivants dont le film adopte le point de vue subjectif. L’imaginaire instinctif et cinéphile déployé de celuici défi(l)a toute la durée de son agonie réelle pour l’aider à survivre…

Kameradin (Doplgenger, Serbie, 6'30) Réalisé à partir d’images d’archives du cinéma yougoslave, le film débute par les mots prononcés par la tête de l’actrice Milena Dravić dans le film de Dusan Makavejev W.R, Les Mystères de l’organisme, 1971. Ignorant ce message, le système n’a pas su en extraire ses origines idéologiques fortement liées au patriarcat. Le film rend compte de l’expérience fragmentée d’une femme et de son corps brisé, poursuivant ainsi une autre histoire, nouvelle et ininterrompue.

Les petits outils (Emmanuel Piton France, 2018 16 mm numérisé, 10'50) Une fonderie, un matin où rien ne commence. Le film mêle le récit imaginaire d’une femme, noyauteuse, à la traversée d’un monde en décomposition.

Genizah ; Passages From The Lublin Book Graveyard (Solomon Nagler 2018, Canada, 16 mm, 9'50), Passages retrouvés de la Guenizah de Lublin (Pologne), une non-archive en ruine où le sacré est lentement libéré de sa forme corporelle.

Fathers And Sons (Roger Deutsch Hongrie, 2018, 29'50). Fathers and Sons rapporte l’histoire de la lignée paternelle de la famille Deutsch de 1745 à 2017, de leurs origines en Moravie au temps passé en Hongrie puis à l’émigration vers les États-Unis, et dans le cas du réalisateur, à son retour en Hongrie. Le film tente de se frayer un chemin entre les faits historiques et les rumeurs en comparant les souvenirs, parfois contradictoires, qui entourent la mort mystérieuse du grand-père du réalisateur en 1926.

 

20h00 : Focus Déchets numériques. Programmé et présenté par Antoine Tour, en présence de Julie Molinié, Brieuc Schieb

22h00 : Programme 2 de la compétition

Dobrodoslica (Davorin Marc Slovénie, 2017, 2'4) animation de photographies

Forever Bro (Alexander Isaenko Ukraine, 2017 Numérique, 7′35) Les jeunes générations jouent avec des armes. Elles revivent cette culture de la guerre. Le temps passant, les feux d’artifice se transforment en grenades, et les soldats en plastique deviennent réels. Les soldats iront à la guerre. Un vieil homme solitaire va suivre ce conflit au journal télévisé. Après l’attaque, la télévision est le seul interlocuteur restant. Il sera maintenant capable d’évaluer si la fraternité tient réellement pour toujours.

Outside (Beny Wagner Pays-Bas, 2017, 14') Passant du métabolisme du corps humain au métabolisme des eaux usées, le film joue sur une inversion où la dissimulation des déchets à l’intérieur du corps humain se transforme en la dissimulation du corps humain à l’intérieur des déchets. La frontière qui sépare les déchets de la production semble contenir un ensemble sous jacent d’implications morales.

Al Inn (Olivier de Bree, Pays-Bas/Allemagne, 2017, 48') Une glorification ironique du paradis : un paradis surnaturel dépeint à travers des séquences oniriques dont certaines sont issues de zones de conflits actuels. Et un paradis terrestre, à bord d’un bateau de croisière, vécu à travers le regard d’un vétéran qui a perdu sa famille lors des attentats du 13 novembre à Paris.

Grille des programmes :

Jean-Luc Lacuve, le 3 octobre 2018 (avant le compte-rendu du festival, ici en ligne le 12 octobre)

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