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En surimpression :"Une journée perdue". Jae-hoon, arrive
tôt le matin dans une chambre d'Hôtel pas encore prête.
Il s'installe, attend, puis reçoit un coup de fil. C'est dimanche,
celle qu'il attend se prétend malade, elle ne viendra pas au rendez-vous.
Il finit toutefois par la convaincre de le rejoindre.
Cut - Noir - en surimpression -"Peut-être par
hasard ". Jae-Hoon rejoint, à la sortie d'une galerie d'art, Young-Soo,
un cinéaste indépendant et Soo-Jung, une jeune fille de 24 ans
qui écrit et travaille comme assistante vidéo pour ce dernier.
Jae-Hoon, qui est le propriétaire de cette galerie, invite son ancien
camarade de lycée et sa jeune collaboratrice à déjeuner
et succombe aussitôt au charme de celle-ci. Jae-Hoon retrouve le lendemain
Soo-Jung dans le parc en face de la galerie où elle tourne un film.
Il l'invite au restaurant. Malgré un premier refus de Soo-Jung, une
liaison s'installe entre eux.
Parallèlement l'amitié que Jae-Hoon entretient avec Young-Soo
se délite au fur et à mesure que celui-ci se montre incapable
de diriger une équipe de tournage et, surtout, prétend avoir
perdu la caméra que son ami lui a prêtée. Jae-Hoon et
Soo-Jung se retrouvent souvent dans un restaurant ou dans la chambre de celui-ci.
Mais la jeune femme, toujours vierge, refuse l'acte sexuel au grand désarroi
de son soupirant. Elle lui promet de se donner à lui lorsqu'il la conduira
dans l'hôtel d'une île voisine.
Cut- Noir- en surimpression - "Le téléphérique suspendu"- Ce fameux dimanche avec les mêmes mots entendus au début, Soo-Jung, habillée, le lit fait ment au téléphone en déclarant être malade. Elle se laisse convaincre de venir à l'hôtel où l'attend Jea-Hoon. En monte le rejoindre par le téléphérique en haut de la ville. Une panne survient qui immobilise la cabine avec Soo-Jung et un bébé qui pleure
Cut - en eu surimpression "peut être par intention". Sont reprises les principales scènes de la première partie avec de subtils décalages.
Le dimanche matin Soo-Jung retrouve Jae-Hoon dans la chambre, ils font l'amour, ils lavent le drap de la première fois. Ils sont heureux. Le cuisinier que l'on avait entr'aperçu lors de la première séquence s'éloignant revient. L'amour est trouvé, la boucle est bouclée.
La coupure narrative qui intervient au milieu de ce film en noir et blanc
rappelle le fameux renversement de perspective d'Alain Resnais dans Smoking
/no Smoking. Pourtant la première référence qui s'impose
est celle de Mulholland Drive de
Lynch, la seconde partie apparaissant tout de suite moins romanesque que la
première et (l'esprit critique du spectateur faisant le reste) donc,
plus vraie. Mais, on comprend vite que c'est tout simplement parce qu'elle
est vue du côté de Soo-Jung, personnage plus torturé,
plus indécis que Jae-Hoon l'amoureux transis de la première
partie.
La vierge serait-elle un nouveau Rashomon racontant le même événement selon plusieurs point de vu ? Si on peut le croire lors de la scène de téléphone, exacte reflet de la première, la symétrie se grippe pourtant dès la séquence de la rencontre à la galerie : c'est Jae-Hoon qui apparaît sur la défensive et Young-Soo qui est pris d'un malaise et se rend aux toilettes. Le film va alors jouer de subtils décalages entre scènes identiques pour rappeler qu'autour de faits matériels identiques ou très proches, les attitudes des humains peuvent être différentes, plus riches que celles issus d'une seule vie. Les personnages en acquièrent une opacité, une richesse supplémentaire, qui les éloignent du cliché de l'amoureux transis ou de la jeune fille traumatisée par une relation sexuelle interdite.
voir : La Jeune mariée mise à nu par ses célibataires, Même de Marcel Duchamp
(Oh ! Soo-Jung). Avec :Acteur(s) Lee Hunjoo (Soo-Jung), Jung Bosuk (Jae-hoon), Yougsoo Moon (Sung-keun). 2h06.
