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En
ce beau dimanche de l'été 1860, M. Dufour, quincaillier à
Paris, part pour la campagne en compagnie de sa belle-mère, de sa femme,
de sa fille Henriette et de son commis Anatole (son futur gendre et successeur)
dans la voiture de son voisin le laitier. Ils choisissent l'auberge du père
Poulain pour déjeuner sur l'herbe. Deux " canotiers ", Henri
et Rodolphe, entreprennent de faire la cour aux deux femmes. Après
le repas, tandis que M. Dufour et son commis s'en vont pêcher avec les
lignes prêtées fort obligeamment par les deux compères,
ceux-ci emmènent les dames faire une promenade en barque. La mère
se laisse entraîner dans un fourré par l'entreprenant Rodolphe,
sa fille connaît une étreinte brève mais passionnée
dans les bras du timide Henri. La pluie met fin à l'idylle. "
Des années ont passé, avec des dimanches tristes comme des lundis.
Anatole a épousé Henriette. " Le jeune ménage revient
chez le père Poulain. Henriette rencontre son ancien amoureux sur le
lieu même de leur étreinte. Ils ont à peine le temps d'échanger
quelques mots que le mari s'éveille de sa sieste. La séparation
sera définitive.
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La
méchanceté de Maupassant se combine à la chaleur humaine de Renoir, et cette
très belle chronique d'un dimanche d'été est aussi un conte inquiet, tendre
et mélancolique, caustique et troublant.
Jean Renoir interprète le rôle du père Poulain, propriétaire de l'auberge fréquentée par les deux canotiers où la famille Dufour décide de déjeuner sur l'herbe. Pour Daniel Serceau : "C'est un rôle accessoire, en soi inutile à la narration qui ne perdrait à peu près rien à sa disparition. Superflu dans le système des personnages, absent de la nouvelle de Maupassant, il ne l'est pas dans le projet symbolique du film où il assure une fonction d'incitateur au plaisir. Sur le plan de la nourriture d'abord en proposant aux deux jeunes hommes "une omelette à l'estragon", puis sur le terrain érotique en les invitant à passer l'attaque "si j'étais à votre place j'sais bien c'que je ferais", non sans avoir vanté les charmes de la mère précisément pour leur opulence : " la p'tite ! J'l'ai pas regardée ! Elle est trop maigre (...) la mère ! Parlez-moi d'un morceau !". Une profession de foi sensualiste où se mêlent tous les plaisirs de la chair, pourvu qu'elle soit abondante. Ainsi le personnage semble disparaître l'auteur, ou celui-ci se dissimuler derrière celui-là. Plus que d'une fonction narrative, il convient donc de parler d'une fonction symbolique."(Analyse de Daniel Serceau, plus complète dans : Jean Renoir post-celluloïd dans CinémAction n°124. Le cinéma au miroir du cinéma. 2007.)
- Je viens souvent ici. Tu sais, j'y ai mes meilleurs souvenirs.
- J'y pense tous les soirs !
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