La complainte du sentier
1955

Dans un petit village du Bengale, un enfant prénommé Apu, naît dans une famille de pauvres gens, où il y a déjà une fillette, Durga. La vie est dure et le père, un lettré qui vit dans ses rêves, ne parvient pas à nourrir tout le monde. Durga et sa mère pilent le manioc et épluchent les légumes. Apu grandit et va à l'école. Il écoute les histoires que lui conte et chante à la veillée Tante Indir:" Je vous attends, ô passeur qui devez me conduire sur l'autre rive. Vous êtes bon et n'abandonnerez pas le pauvre parmi les pauvres... "

Fasciné par une troupe de théâtre ambulant, Apu se déguise en roi. Il court pour voir passer le train... tante Indir meurt. Le père, en sa qualité d'ancien Brahmane, est sollicité pour présider une cérémonie d'initiation. Il s'absente pendant plusieurs mois. A son retour, Durga qui a pris froid sous la pluie, est morte. La famille décide alors de quitter cette terre inhospitalière et de partir pour la ville. Un serpent pénètre dans la maison déserte tandis que le char à buffle s'éloigne vers Bénarès...

Premier film, tourné avec un budget dérisoire, de Satyajit Ray. Premier volet de la trilogie de l'histoire d'Apu dont l'auteur ignorait en la racontant qu'elle donnerait lieu à une trilogie. Premier film d'auteur à part entière du cinéma indien, totalement dégagé des genres et des règles traditionnelles du cinéma. On notera particulièrement l'absence totale de chanson.

En quête d'universalité, le film tente de la trouver dans la description d'un contexte très particularisé : un village perdu de Bengale au début du siècle, petit fragment d'un univers dont l'équilibre et les rites séculaires sont encore très présents quoique déjà engagés dans une mutation considérable et irréversible (Déjà ces rites ne suffisent plus à assurer la subsistance de ceux qui sont censés les célébrer). Apu découvre autour de lui un monde de relations et de croyances qui existe encore dans une sorte d'éternité. Mais cette éternité touche en quelque sorte à sa fin. Elle va bientôt se briser et, sur cette cassure, les expériences ultérieures d'Apu nous renseignerons mieux. Pour le moment une apparente immobilité, une apparente sérénité assourdissent encore le bruissement d'une intense agitation souterraine : cette évidence sensible se dégage d'un film qui, première étape d'un long roman d'apprentissage, se termine de manière très significative par le début d'un voyage.

Source : Jacques Lourcelles, dictionnaire des oeuvres

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Genre : Drame de l'enfance

(Pather Panchali). Avec : Subir Bannerjee (Apu), Kanu Bannerjee (le père), Karuna Bannerjee (La mère), Uma Das Gupta (Durga), Chunibala Devi (Indir). 1h55.