![]() |
![]() |
Les parents de Chihiro, 10 ans, s'apprêtent à emménager
dans une nouvelle maison. Mais ils se trompent de direction et débarquent
dans un monde parallèle peuplé d'animaux, de fantômes,
de sorcières et de dieux difformes. La fillette va vivre dans cet univers
fantastique une expérience initiatique dont elle sortira grandie et
transfigurée.
Chihiro est une petite fille insupportable, boudeuse, avachie et peureuse, elle ne sait ni se débrouiller toute seule, ni dire merci (tout spectateur du film sait, en sortant, au moins un mot de japonais "aligato" pour l'orthographe, je ne sais pas !). Elle est affublée d'une gentille maman et d'un gentil papa, peut-être un peu trop gros. Ils disparaîtront très tôt dans son aventure, transformés en cochon pour avoir trop mangé. Le côté pernicieux de la nourriture, ou tout du moins de la gloutonnerie, sera affirmé plusieurs fois : le dieu de la rivière, le fantôme sans visage, le bébé de Yababa se comportent de manière insupportable lorsqu'ils mangent trop et redeviennent sympathiques après une cure de minceur imposée.
Chihiro devra elle-même trouver au fond de son cur les ressources pour survivre dans ce monde où les humains doivent travailler. Elle arrivera tout d'abord à se faire accepter, elle obtiendra une première victoire facile avec le dieu de la rivière puis, plus difficile, elle devra découvrir la vérité au sein d'un monde où tous les personnages sont alternativement bon et méchant.
![]() |
![]() |
Le
film porte ainsi en apparence les mêmes valeurs que celles de Walt Disney
où avec de la volonté et l'aide de la nature on triomphe de
tout. On y trouve même les petits animaux réconfortants du maître
de l'animation américaine : les boules de suif, le rat, et le petit
oiseau.
A noter toutefois que Chihiro n'aura rien gagné au bout de son voyage, ni trésor, ni prince charmant, nouvelle Alice aux pays des cauchemars, son aventure est purement intérieure et symbolique. Elle devra avoir retrouvé son nom (de force, elle a été rebaptisée Sen), vaincue sa peur et compris que l'or n'a aucune valeur.
Cette aventure intérieure se passe dans un monde aux couleurs aussi sophistiquées que chez Vuillard et fait parfois penser, lors du voyage en train notamment, aux paysages mélancoliques de Edward Hopper.
