Cinéaste expérimental américain d'origine lituanienne. D'une famille de fermiers, il fait, encouragé par un oncle pasteur, des études secondaires et il s'essaie à la poésie. En 1944, il est pris par els nazis et envoyé avec son frère dans un camp de travail près de Hambourg ; tous deux s'en échappent. Après la guerre, personnes déplacées en Allemagne, ils étudient les lettres, découvrent le cinéma et émigrent à New York en 1949.
Tout en faisant plusieurs petits métiers, Jonas commence alors à filmer avec une Bolex 16 mm, crée en 1955 la revue Film Culture et défend, à partir de 1959, dans ses articles du Village Voice, l'idée d'une Nouvelle Vague américaine. Instigateur du New American Cinema Group (1960), qui réclame des films rudes, mal faits peut-être, mais vivants, il prêche d'exemple en tournant Guns of the trees (1961) puis avec le Living Theatre, The bring (1964). L'échec de ce rêve de cinéma indépendant dans le système l'amène à se radicaliser : cofondateur de la Film-Maker's Cooperative (1962), il devient avec fougue et générosité, par ses actes et ses articles, le principal animateur du cinéma underground.
En 1970, il crée avec P. Adams Sitney, Anthology Film Archives, cinémathèque new-yorkaise du film expérimental, puis se consacre à son uvre majeure : son journal filmé (Diaries, notes and sketches, 1969) qui regroupe en longs assemblages de scènes pointillistes, filmées par petites giclées rapides les moments significatifs de sa vie (Walden 1969; Reminiscence of a journey to Lithuania, 1972 ; Lost Lost Lost, 1976 ; Paradise not yet lost, 1980 ; He stands in a desert, Counting, the seconds of his life, 1985).
Source : Dominique Noguez dans le Dictionnaire du cinéma ed. Larousse.
|
Jonas Mekas
|
||
|
né en 1922
|
||