The revenant

2015

Genre : Western

Avec : Leonardo DiCaprio (Hugh Glass), Tom Hardy (John Fitzgerald), Domhnall Gleeson (Andrew Henry), Will Poulter (Bridger), Paul Anderson (Anderson), Forrest Goodluck (Hawk). 2h36.

Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

Les séquences du début du film, l'attaque du camp par les indiens, la fuite sur la rivière puis l'attaque de l'ours sont efficaces et impressionnantes. Ensuite, c'est une succession de paysages plus ou moins trafiqués en numérique, de visions psychédéliques tout aussi flottantes et de souffrances imposées au héros (cautérisation de la plaie au cou, se protéger du froid dans les entrailles d'un cheval, manger du poisson cru, de la viande de bison crue, dériver dans l'eau glacée, affronter une tempête de neige). La nature y perd sa possibilité d'être confrontée à l'homme puisque paysage et héros se révèlent tout aussi grandioses dans leur naturalisme jusqu'au-boutisme.

L'humilité est probablement ce qui manque le plus. A la fin, Glass semble comprendre que ce n'est pas à lui de juger après une simple remarque de Fitzgerald. Mais, au lieu de lui faire grâce, il l'envoie vers les indiens sur l'autre rive qui l'achèvent. Innaritu n'échappe pas dans ce final sanglant à son idée obsessionnel : qu'il faut que ça fasse mal pour être intéressant. Le regard caméra insistant final de DiCaprio ne nous dit pas autre chose : "Je suis allé jusqu'au bout : il ne me reste plus que la mort".


Assez curieusement, le scénario attribué à Mark L. Smith s'appuie sur le roman homonyme de Michael Punke (2002) alors qu'il est très proche de l'histoire adaptée par Serafian dans Le convoi sauvage (1971). La dimension humaine du dialogue de l'homme avec la nature y était bien plus présente, tout comme d'ailleurs dans Jeremiah Johnson (Sydney Pollack, 1972) ou Derzou Ouzala (Akira Kurosawa, 1975).

Plus curieusement encore, La video de Misha Petrick sur Vimeo repère des similitudes entre des plans du film et ceux des films de Tarkovski. Innaritu pourrait avoir de plus mauvais maître :

La travelling de Stalker
Les travellings de L'enfance d'Ivan
Les feux du Miroir
Les oiseaux de Nostalghia
Episodes de L'enfance d'Ivan
La lévitation du Miroir

Jean-Luc Lacuve le 26/02/2016