À sa sortie de prison, où il a passé cinq ans pour trafic de drogue, Frank White s'installe dans une suite du Plaza - entouré de ses associés, ses hommes de main, son conseiller financier, son avocate et ses maîtresses.

Il commence par faire supprimer quelques gros trafiquants colombiens par ses hommes, puis envoie Joey D., un émissaire, demander une entrevue à un caïd italien. Mais, celui-ci refuse et profère même des menaces. Frank s'invite alors, déclare que désormais tout, le jeu, la drogue, la prostitution, passe par lui et, comme l'autre se récrie, l'abat de ses propres mains.

Décidé à tout contrôler, il élimine ses ennemis et cherche des appuis pour aider à la reconstruction d'un hôpital dans un quartier pauvre. Contre lui trois policiers , un vieil inspecteur et deux jeunes idéalistes, l'un noir, l'autre irlandais qui lui tendent un piège sanglant. Après le massacre, les deux jeunes policiers sont tués. Frank, blessé, est cerné par la police dans un taxi.

 

Scènes clés :

Message essentiel : Opéra funèbre où les protagonistes s'imaginent investis d'une mission et foncent aveuglément vers la mort pour l'atteindre.

Le mouvement et la dynamique du film ne résultent pas d'un récit, d'une histoire, le scénario est minimal voir inexistant, mais de l'interaction entre tous les protagonistes, flics et gangsters, représentants des différentes communautés qui se livrent une guerre sans merci pour conserver ou gagner du territoire. Ferrara parvient à donner au film une continuité, du liant, grâce à ses personnages et au réseau qu'ils constituent : le "king", Frank White et sa cour de rappers ; la pègre portoricaine et chicanos, et les policiers impuissants face à la violence qui contamine la ville. Car dans "le rois de New-York", il n'est question que de mort et de contagion : contagion de l'argent, de la drogue, de la violence et de la loi du talion. Ce mécanisme ne peut aboutir qu'à une issue irrémédiable : la mort.

Film policier urbain qui n'opte pas pour le style semi-documentaire des films Fox d'après-guerre, mais pour l'abstraction et l'épure : dans un Manhattan quasiment médiéval où jour et nuit se confondent, les extérieurs sont filmés comme des décors de studio ; volonté plastique proche de celles d'un Fuller ou d'un Aldrich.

Ferrara renoue avec le sous-genre du film de gangsters au sein du genre policier. Il agit là avec un certain culot alors que la croyance en un destin "positif" du criminel s'était effacé depuis longtemps derrière la recherche de la responsabilité de la société ou du destin dans le parcours tragique des criminels ou bien alors dans la description des organisations type Maffia ou Camora.

D'après Nicolas Saada, Les Cahiers du cinéma n° 435, septembre 1990

Le roi de New-York
Genre : Film de gangsters

Scénario Abel Ferrara et Nicolas St John. Avec Christopher Walken (Frank White), Larry Fishburne (Jimmy Jump), David Caruso (Dennis Gilley) Victor Argo (Roy Bishop). 1h40

1989