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1915 |
Les soeurs ennemies |
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Avec : Renée Bartout, Laurette Caira, Suzanne Desprès, Jacques Grétillat, Mag Very. |
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| 1916 | Géo le mystérieux |
| Avec : Jacques Grétillat, Fred Janseme, Jane Marken, Rastrelli, Gastao Roxo. | |
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1916 |
Venus Victrix |
| Avec : Stacia Napierkowska | |
| 1916 | Dans l'ouragan de la vie |
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1917 |
Âmes de fous |
| 1918 | Le bonheur des autres |
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1919 |
La fête espagnole |
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1928 |
La cigarette |
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1920 |
Malencontre |
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1920 |
La belle dame sans merci |
| 1921 | La mort du soleil |
| 1922 | Werther |
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1923 |
La souriante madame Beudet |
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Avec : Alexandre Arquillière (Monsieur Beudet), Germaine Dermoz (Madame Beudet), Jean d'Yd, Madeleine Guitty. 32 minutes. Le film traite d'un épisode de la vie provinciale, en montrant les soucis d'une femme de commerçant. Mme Beudet, avide de liberté et dévasion, qui voudrait saffranchir des liens de son existence médiocre et insipide. Tyrannisée par son mari, être brutal, elle ne peut sévader de la grisaille quotidienne quen faisant des rêves. A la suite de conflits perpétuels, Beudet, adopte un tic épouvantable : de plus en plus souvent, il prend un revolver non chargé et fait mine de vouloir se suicider. Un jour, sa femme place des balles dans le revolver vide... Le crime sera évité de justesse, la vie se chargeant dapporter au récit un dénouement mesquin qui ne manque pas dironie. Adaptation dune pièce de théâtre davant-garde, La souriante Madame Beudet se présente, non sans humour, tel un manifeste tant esthétique que féministe. Minimisant le recours aux cartons pour réaliser une symphonie visuelle inspirée par la théorie du silence de lécole dramatique française de lépoque, Dulac cherche à traduire le non-dit par la mise en évidence des petits gestes du quotidien.
«Le plan cest limage dans sa valeur expressive isolée,
soulignée par le cadrage de lobjectif. Le plan cest
à la fois le lieu, laction, la pensée. Chaque image
qui se juxtapose se nomme plan. Le plan cest le morcellement du
drame, cest une nuance qui concourt à la conclusion. Cest
le clavier sur lequel nous jouons. Cest le moyen que nous avions
de créer, dans un mouvement, un peu de vie intérieure. |
| 1924 | Gossette |
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1924 |
Le diable dans la ville |
| (6 parutions). | |
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1925 |
Âme d'artiste |
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1925 |
La folie des Vaillants |
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1926 |
Antoinette Sabrier |
| 1927 | La
coquille et le clergyman |
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Avec : Alex Allin, Genica Athanasiou, Lucien Bataille. 40 minutes "Tout mon effort a été de rechercher dans laction du scénario dAntonin Artaud les points harmoniques, et de les relier entre eux par des rythmes étudiés et composés. Tel par exemple le début du film où chaque expression, chaque mouvement du clergyman sont mesurés selon le rythme des verres qui se brisent ; tel aussi la série des portes qui souvrent et se referment, et aussi le nombre des images ordonnant le sens de ces portes qui se confondent en battements contrariés dans une mesure de 1 à 8. Il existe deux sortes de rythmes. Le rythme de limage, et le rythme des images, cest-à-dire quun geste doit avoir une longueur correspondant à la valeur harmonique de lexpression et dépendant du rythme qui précède ou qui suit : rythme dans limage. Puis rythme des images : accord de plusieurs harmonies. Je puis dire que pas une image du Clergyman na été livrée au hasard." (Rythme et technique, FilmLiga, 1928.) Malgré cela, la présentation du film au studio des Ursulines provoqua un des plus beaux chahut de lépoque : venus en force, les partisans dAntonin Artaud hurlaient leur désapprobation devant le manque de compréhension surréaliste de la cinéaste, tandis que de nombreux spectateurs faisaient du vacarme pour protester contre lincohérence des images. Cette totale confusion nempêcha pas le film de poursuivre une carrière très honorable aux Ursulines, ni Germaine Dulac de continuer à rêver de symphonies visuelles. |
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1927 |
L'invitation au voyage |
| 1927 | Le cinéma au service de l'histoire |
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1928 |
La princesse Mandane |
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1882-1942
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22 films |
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| 2 | ||
C'est à Amiens qu'a vu le jour Charlotte Elisabeth-Germaine Saisset-Schneider, le 12 novembre 1882. Elle est encore célèbre sous le nom de Germaine Dulac (du nom de son mari, Albert Dulac). Fille d'officier, l'enfant suit ses parents de garnison en garnison, mais elle sera bientôt confiée à sa grand-mère qui habite Paris. Passionnée de musique, conquise par les idées féministes et socialistes, Germaine Dulac entre comme journaliste-reporter à "La Française" et à "La Fronde". En 1915, après un séjour à Rome en compagnie de son amie Stacia de Napierkowska, danseuse-étoile de l'Opéra et déjà "étoile" de cinéma, elle décide de se consacrer entièrement à cet art nouveau.
Ayant fondé une petite maison de production, Germaine Dulac tourne coup sur coup quatre films sur des scénarios d'Irène Hillel-Erlanger, dont deux sont interprétés par Napierkowska (Venus Victrix et Dans l'ouragan de la vie, 1916). Le film suivant, Âmes de fous (1917), a apporté à la cinéaste une véritable prise de conscience :
"Lumière, pose d'appareil, importance du montage m'apparurent comme des éléments plus capitaux que le travail d'une scène uniquement jouée selon les lois dramatiques".
Son interprète, Eve Francis, servira d'heureux trait d'union avec Louis Delluc, son fiancé. De la collaboration Delluc-Dulac allait naître La fête espagnole, première manifestation effective de l'esprit d'avant-garde cinématographique. Le sujet de Louis Delluc, banal en soi (rivalité de deux hommes pour la conquête d'une femme), était "visualisé" d'une manière impressionnante.
Devant l'incompréhension du public, le producteur Louis Nalpas demandera à Germaine Dulac de réaliser quelques films plus accessibles qui ne constituent pas le reflet exact de sa personnalité.
En portant à l'écran une pièce de Denys Amiel et André Obey, La souriante madame Beudet, Germaine Dulac va donner en 1923 une des oeuvres les plus importantes, les plus achevées et sans doute la plus significative de l'Avant-Garde. Pour exprimer les subtilités psychologiques de son héroïne, la réalisatrice avait fait appel à toutes les ressources de la technique (déformations, surimpressions, ralenti, etc.) et mis en évidence le désir constamment rappelé par elle et ses adeptes : porter au cinéma des sujets intelligents, présenter des êtres humains et leurs sentiments par le truchement de procédés exclusivement visuels. C'était le triomphe de la symphonie visuelle et de l'impressionnisme.
En 1924, c'est Le diable dans la ville, sur un scénario de Jean-Louis Bouquet, avec Léon Mathot, dont l'action se situe au 15e siècle, à propos duquel Germaine Dulac souligne: "Ce sera mon premier film de mouvement. C'est un film de foules, un peu satirique, à tendance un tantinet caricaturale... " (in " Cinémagazine " 9 mai 1924).
Nullement honteuse d'avoir à tourner des films "commerciaux", Germaine Dulac n'en poursuivit pas moins ses recherches expérimentales. La coquille et le clergyman sur un scénario d'Antonin Artaud, provoque un énorme " chahut " en 1927, mais ses courts métrages abstraits inspirés de la musique et La germination d'un haricot (1928) prouvaient les immenses possibilités de l'art du cinéma.
Après dix ans de rédaction en chef des Actualités Gaumont, minée par une maladie pernicieuse, Germaine Dulac est morte le 20 juillet 1942, à une époque peu propice à un hommage.