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Des soldats en
garnison au check point de Samara. Le soldat Salazar filme leurs journées
en caméra DV. Il espère que son film lui servira de passeport
pour une école de cinéma.
Sous l'autorité du sergent les jours se passent tant bien que mal. Mais la tension monte. Un automobiliste pressé franchit le barrage. Les soldats tirent sur la voiture. La passagère était une femme enceinte que son frère conduisait à l'hôpital pour accoucher. Une journaliste nous informe que ni la mère ni le bébé n'ont pu être sauvés. B. B. Rush et Reno Flake sont les auteurs des tirs. Ils n'ont aucun remord.
faute d'effectifs suffisants, leur permission est refusée. Les soldats doivent continuer de fouiller tous ceux qui passent par le check point.
Un soir, le sergent conduit son groupe à la recherche d'armes chez
un habitant. Le père est arrêté. Le lendemain au cours
d'une banale inspection de terrain, le sergent saute sur une mine cachée
dans un vieux ballon.
Au camp, B. B. Rush et Reno Flake ont maintenant pris l'ascendant sur les
autres soldats. Ils proposent le viol collectif de la jeune irakienne que
Rush fouille éhontément tous les matins et qui habite la maison
où le père a été arrêté. L'intellectuel
du groupe et Mac Coy refusent. Salazar aimerait bien pouvoir filmer cela.
Au cours du viol, Flake tue toute la famille irakienne. L'armée est soupçonnée mais personne ne dénonce personne. Le père de McCoy lui déconseille de dénoncer ses camarades. Salazar est enlevé par des irakiens d'Al-Qaeda. Ils filment son exécution. La cassette où il est égorgé passe sur Al-Jezira.
Mc Coy finit par dénoncer B. B. Rush et Reno Flake qui invoquent la légitime défense.
De retour au pays où il est fêté comme un héros, McCoy raconte l'effroyable viol auquel il a assisté. Des photos de morts irakiens victimes de la guerre défilent à l'écran.
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Redacted
s'appuie sur dix sources d'images différentes : un journal en vidéo
HD, un documentaire français, des images de vidéosurveillance,
un journal intime en ligne sur you Tube, un entretien en webcam, une cassette
d'Al-Qaeda, des reportages télévisés en direct, des images
de cinéma narratives (le retour de McCoy) ou métaphoriques (empruntée
à La Horde sauvage : une
Amérique en scorpion au dard arrogant tué par la multitude des
fourmis) et finalement des photos de cadavres de la guerre dont De Palma a
dû masquer le visage.
Lecteur attentif des oeuvres de Hitchcock et surtout des home movies (Greetings, 1968, Home movies, 1980), on pouvait espérer de la part de De Palma une réflexion sur les filtres à travers lesquels nous voyons et acceptons les événements mondiaux, sur le pouvoir de l'image médiatisée et l'influence exercée par la présentation des images sur ce que nous pensons et ce que nous croyons.
Le message de De Palma n'est hélas pas à la hauteur du dispositif déployé. Il consiste en cette banalité que la pression de la guerre sur de jeunes hommes, racaille de la société américaine, à des conséquences désastreuses.
A l'inverse d'Eastwood qui dans Mémoires de nos pères déchiffrait le mensonge d'une photo en creusant les traumatismes de l'Amérique, De Palma fait exploser un minable fait divers en de multiples sources d'images.
Pourtant le film reste classiquement centré, comme dans Outrages, sur le courage des témoins pour vaincre un silence qui arrange la hiérarchie.
C'est que les images utilisées ou, plus exactement, reconstruites par De Palma ne sont pas des images plus justes. Elles ne constituent pas la garantie d'un surcroît de vérité par rapport à celles de la fiction hollywoodienne. Au contraire, le faux documentaire français est emphatique dans son commentaire et sa musique et esthétisant dans ses couleurs et ses plans de soleils couchants.
La caméra de vidéo surveillance vient donner les bonnes informations au bon moment, détruisant le possible effet de réel que l'on pourrait attendre d'une source supposée neutre et plate.
Ce surcroît d'artificialité dans la construction d'un récit banal fait perdre le peu d'intérêt que l'on pouvait y trouver.
J.-L. L. le 14/03/2008
