1973

Debord dit, en voix off, les thèses les plus significatives de son livre, sans le moindre ajout et sans la moindre explication. Et les images semblent une nouvelle fois insignifiantes, ou même fausses. Debord reste fidèle à l’anti-esthétique du détournement, il illustre son propos sans vraiment l’illustrer, avec des extraits de bandes d’actualités, de films, des images de responsables politiques, de cover girls, de vacanciers au bord de plages, de publicité, etc.

 

La Société du spectacle est portée à l’écran en 1973, non pas dans une perspective d’illustration des thèses développées dans le livre du même nom écrit six ans plus tôt. Il s’agit pour Debord de reprendre et radicaliser un combat contre le spectacle et les techniques de représentation qu’il met en œuvre(s) pour imposer sa loi. Dans ce contexte, le cinéma est évidemment un enjeu stratégique, contrairement au livre, qui est de moins en moins utile au pouvoir spectaculaire.

Mais plus qu'un propagandiste, Debord se fait l’analyste de la société. Son projet est de rendre visible ou compréhensible quelque chose comme l’inconscient de la société du spectacle.

 

Genres : Documentaire , Cinéma expérimental

La Société du spectacle