Un enfant est tué par un chauffard, sur une route de Bretagne. Son père jure de tuer le meurtrier, et part en chasse. Aidé par le hasard, il identifie sa proie et l'approche. Un jeu de morts annoncées s'engage entre deux hommes que tout oppose.

Il existe un chant sérieux de Brahms qui paraphrase l'Eclésiaste : "Il faut que la bête meure ; mais l'homme aussi. L'un et l'autre doivent mourir."

Comme avait si bien pu l'écrire Homère dans "L'Illiade" chaque mort est individuelle et ne peut se décrire communément. La mort de l'enfant et la mort du chauffard sont inacceptables.

Les raisons que se trouve Andrieux pour tuer sa victime au contact du chauffard, responsable de la mort de son enfant ne peuvent justifier son acte.

Andrieux avait tout fait pour être un assassin froid, il est repris par la vie. Il y aurait vanité à penser que seule la bête assassine en lui doit mourir, lui tout entier doit disparaître. En révélant dans le dernier quart d'heure du film que l'écriture du carnet était un acte prémédité destiné à le protéger de la police, Andrieux perd la sympathie directe du spectateur. Celui ci est pris à contre pied dans son acceptation des gestes du père vengeur. Il peut même être tenté de croire que c'est bien Philippe qui a tué son père. Cette hypothèse ne tient pas en regardant attentivement la fin du film.

Scènes remarquables :

La révélation de la machination dans le cadre "enchanteur" du restaurant. La scène du repas familial, véritable jeu de massacre dans lequel Jean Yanne s'en donne à coeur joie. La scène de la pêche vue d'un point de vue d'entomologiste.

 

Que la bête meure
1969
Genre : Film noir
Scénario : Paul Gégauff et Claude Chabrol, d'après le roman The Beast must die de Nicolas Blake. Avec : Michel Duchaussoy (Charles Thénier), Jean Yanne (Paul Delcourt), Caroline Cellier (Hélène Lanson), Anouk Ferjac (Jeanne Decourt), Maurice Pialat (le commissaire). 1h53