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Dans l'ancienne
forteresse croisée de Beaufort, située au Liban, l'armée israélienne maintient
un avant-poste, symbole de l'une de ses guerres les plus contestées. Sur cette
montagne perdue loin de tout, un jeune homme âgé de 22 ans, Liraz Liberti,
commande la petite garnison. Entre sens du devoir et jeunesse, entre ennemi
invisible et contexte militaire lié au retrait de Tsahal après 18 ans d'occupation,
Liraz et ses hommes essaient tant bien que mal de remplir leur mission impossible.
Chaque jour est imprévisible et la vie s'écoule, jusqu'à la nuit du 24 mai
2000, lorsqu'une gigantesque explosion illumine le ciel et détruit complètement
l'avant-poste..
Alors que Liraz dispose les explosifs qui détruiront la forteresse même qu’il a défendue et pour laquelle nombre de ses amis sont morts, il voit s’effondrer tout ce qu’il a appris en tant qu’officier, témoin impuissant de la désintégration mentale et physique de ses soldats.
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Il est probable
que l'on ait pas à se réjouir de la vitalité du film
de guerre, genre moins maniéré que le western et manifestement
tiré ici d'une expérience humaine forte.
Le récit des rapports entre le chef et, d'une part le haut commandement absent et, d'autre part, ses soldats qu'il doit envoyer eu feu et protéger fait, classiquement, l'essentiel du récit.
Chacun des hommes que Liraz envoie face au danger : Ziv, l'artificier, Zitlawy, le garde du poste avancé, et Oshri son ami fait l'objet d'un portrait psychologique qui nous rend sensible au danger qui risque de les emporter.
Moins caricatural dans l'expression des sentiments humains que beaucoup de films traitant de l'héroïsme et de la lâcheté, celui-ci présente plusieurs scènes d'une grande intensité : la chanson de Koris, la narration par Oshri de la vie civile de Liraz dans la forteresse croisée, Liraz récupérant l'estime de ses hommes après l'épisode douloureux où il a laissé Oshri sous les balles ennemies.
Comme dans tout film de guerre, les personnages finissent par découvrir que l'idéal pour lequel ils se battent est dérisoire. La scène de l'émission télévisée où le père de Ziv fait l'éloge de la peur est toutefois aussi originale que poignante.
La maitrise des différentes décors (discussion fraternelle en haut de la montagne, repos dans la salle mordorée de la forteresse, vues au travers des caméra de surveillance, postes de combats et constructions lunaire de la base) prépare à la magnifique séquence finale où Liraz se dépouille de ses vêtements militaires pour paraître jeune, libre et en larmes avec la campagne en arrière-plan enfin paisible.
J.-L. L. le 10/04/2008.
Avec : Oshri Cohen (Liraz), Itay Tiran (Koris), Eli Altonio (Oshri), Ohad Knoller (Ziv Faran), Itay Turgeman (Zitlawy). 2h00.
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Joseph Cedar
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