Charlie vit dans une famille très pauvre : son père vient de perdre son travail, et ses 4 grands-parents dorment dans le même lit au milieu de la maison, qui est une masure. Les repas se constituent de soupe aux choux.
Un jour, le riche propriétaire d'une chocolaterie lance un grand concours : 5 tickets d'or sont cachés dans des barres de chocolat, et ceux qui les trouveront gagneront une journée de visite dans la fameuse chocolaterie de Willy Wonka. Plus un cadeau surprise pour l'enfant qui le méritera le plus. Charlie croit en sa bonne étoile, mais après deux essais infructueux (la tablette de son anniversaire, et celle achetée avec les maigres économies de son grand-père), tout espoir semble perdu.
Comme par enchantement, il aperçoit un billet dans la neige, et achète une tablette gagnante. Toujours empreint de bons sentiments ( parfois un peu lourds …), il propose à sa famille de le vendre pour gagner un peu d'argent. Mais celle-ci refuse : réaliser un rêve est plus important.
La part magique du rêve est essentielle : les enfants doivent garder leur part d'innocence semble être le message de Burton.
En effet, quand on rencontre les 4 autres enfants, on se pose des questions sur leurs rêves. Ils sont des caricatures d'enfants capricieux en opposition avec la candeur de Charlie. Leurs noms et prénoms sont également significatifs ; ainsi que la façon dont ils ont gagné leur ticket doré, qui n'a rien à voir avec le hasard. Ils se perdront donc par leurs défauts ( d'ailleurs, l'élimination de chaque enfant pour n'en laisser plus qu'un gagnant rappelle certaines émission de télé-réalité J) :
- le gros allemand trop gourmand se noie dans une mer de chocolat
- la petite fille, bête de concours, devient une myrtille en cherchant la réussite
- celle qui est ultra-gatée par ses parents se perd en voulant attraper ce que son père ne peut lui acheter ( tout n'est pas à vendre )
- et le dernier petit garçon, trop intelligent et avide de télé, périra par sa soif de connaissance.
Il ne reste donc plus que Charlie, qui tout au long du film a ravivé chez Mr Wonka des souvenirs d'enfance.

Je suis partie sans attentes particulières sur ce film. Je n'avais pas trop accroché au dernier Tim Burton (Big Fish et ne suis pas fan de ce type de film en général. Par contre, je gardais un souvenir d'enfance du roman de Roald Dahl que j'avais lu à l'école.

L'histoire est donc une forme de conte fantastique, dont le personnage majeur est un habitué de Burton : Johnny Depp.

L'apparition de Willy Wonka est pour le moins étrange, à l'image du personnage : après l'entrée des enfants dans la chocolaterie et la fermeture des grilles, un spectacle de marionnettes articulées se met en route ( rappelant, par certains aspects, les vitrines de grands magasins au moment de Noël ) avec une joyeuse chanson ; mais pour finir en feu, ce qui semble au premier abord un problème technique est voulu par Wonka. Le rêve peut parfois partir en fumée.
Mr Wonka n'arrive pas à prononcer le mot " parents ". Il semble avoir eu une enfance difficile, avec un père dentiste qui l'empêchait de manger des friandises (d'où sa vocation de confiseur) et l'emprisonnait dans un appareil dentaire.
Plusieurs flash-back dans son enfance sont provoqués par les questions candides de Charlie. Alors que les autres enfants ne sont que méchancetés et réflexions arides.

Une autre image est évoquante : celle des mains. Wonka n'arrive pas à serrer la main, sauf celle de Charlie quand il a gagné. Il porte des gants mauves/marrons ( peut être la couleur du chocolat), alors que son père a des gants blancs ( image du médecin / dentiste / homme de sciences ).
Mais qui travaille à la fabrication des friandises ? Les Oompa Loompa, un peuple de lilliputiens tous identiques découverts par Wonka.
A chaque fois qu'un des enfants a perdu, ils se lancent dans un spectacle chant/danse psychédélique sur les défauts de l'enfant en question ( rappelant vaguement un clip de Daft Punk : around the World J). Wonka communique avec aux par un gloussement proche de celui de l'extra-terrestre de " La soupe aux choux ".

Le personnage de Wonka est bizarre : des yeux proéminents, un léger sourire narquois, et des petites remarques critiques sur le ton de la plaisanterie avec quelques jeux de mots. Il semble important pour lui de croire aux rêves, car ils sont parfois la réalité.

La fin est un " happy end " qui valorise la famille : Charlie ne veut pas la quitter pour la chocolaterie, ce que ne comprend d'abord pas Wonka qui veut en faire son héritier. Puis il retrouve son père et comprend que c'est le plus important.

La scène clé est sûrement celle où Charlie trouve le ticket d'or.
Pour les décors, l'intérieur de la chocolaterie est merveilleux : une salle où tout les éléments de la nature sont en confiserie. L'ascenseur en verre et les inventions de Wonka montrent un aspect moderne ; alors que la maison de Charlie semble sortir du 19ème siècle.


Ce film est un conte de fée, mais moderne par de nombreux aspects. Malgré les bons sentiments qui en ressortent, on reste émerveillé après l'avoir vu.


Sandrine Aunay 19/07/2005

 

Charlie et la chocolaterie
2004
(Charlie and the chocolate factory). Avec : Johnny Depp (Willy Wonka), Freddie Highmore (Charlie Bucket), Annasophia Robb (Violet Beauregarde), Julia Winter (Veruca Salt), David Kelly (Grandpa Joe),
Jordan Fry (Mike Teavee), Philip Wiegratz (Augustus Gloop), Helena Bonham Carter (Madame Bucket), Noah Taylor (Monsieur Bucket), James Fox (Mr Salt), Missi Pyle (Mrs. Beauregarde), Docteur Wilbur Wonka (Christopher Lee).1h56.