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Jeune prof de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher
dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas
à sympathiser avec Tom Hewett, un jeune homme de la haute société
avec qui il partage sa passion pour l'opéra.
Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la soeur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...
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Match point est pénétré d'un esprit de sérieux
qui en fait un point d'aboutissement dans l'oeuvre de Allen. Le cinéaste
interrompt ainsi la veine des films énergiques et légers qu'il
réussissait si bien depuis l'entrée dans le nouveau millénaire.
Le film commence comme Comédie érotique d'une nuit d'été (1982) pour s'achever comme Crimes et délits (1989). Dans le premier, Woody rêvait de faire l'amour dans un champ de blé sous l'orage, de déchirer les vêtements de sa maîtresse avant de lui faire fougueusement l'amour puis de la masser tendrement avec de l'alcool. Autant de fantasmes que, incarné dans le corps de Jonathan Rhys-Meyers, il nous propose aujourd'hui. La sensualité de ces séquences doit beaucoup il est vrai à Scarlett Johansson.
Grand admirateur de Ingmar Bergman, Woody Allen accomplit le même parcourt spirituel. Après avoir interrogé la présence de Dieu jusqu'à Hannah et ses soeurs (1986), il a acquis la certitude que Dieu n'existe pas. Reste donc la morale développée depuis Crimes et délits : l'homme est constitué des choix qu'il fait.
C'est ainsi sans moralisme qu'il laisse s'enfermer Chris dans le mensonge pour sauvegarder son confort de grand bourgeois ou qu'il le laisse accomplir le crime qui le libérera. Son travail de mise en scène s'attache aux détails du mensonge (ne pas se couper, confondre Grèce et Sicile..) et aux difficultés du crime (charger l'arme, attendre entre les deux crimes). L'intrigue suit celle de Crimes et délits jusque dans le dialogue moral avec des personnages absents surgis de l'ombre et le triomphe des hommes sans scrupules.
Crimes et délits renvoyait par son titre et son sujet à Crimes et châtiments où Raskolnikov croyait pouvoir assassiner sans remord une veille femme innocente. Woody Allen se permet ici de dire à quel point il a maintenant dépassé le stade des remords comme triomphe de la vérité. Il montre ostensiblement Chris Walton lire Dostoïevski et avec quel "profit" ! Il saura repousser les reproches posthumes de la vieille voisine innocente. Il saura manipuler le commissaire qui tourmentait Raskolnikov et qui avait tout deviner.
Le contrepoint offert dans Crimes et délits à cette sinistre certitude que le monde est pourri était fourni par le personnage interprété par Woody Allen, perdant peut-être mais bien plus vivant que les prisonniers de leur apparence bourgeoise.
C'est ici la chance qui tient le rôle de possible contrepoint au triomphe des uns et à la déconfiture des autres. Les plans de la bague jetée au fleuve et frappant le parapet pour hésiter à tomber finalement du côté trottoir sont certainement parmi les plus pensés du cinéma.
Ces plans avaient été préparés par le plan inaugural de la balle de tennis heurtant le filet. Mais la force de ce qui n'aurait pu être qu'une trouvaille est d'avoir déjà épuisé le sens de ce premier plan en l'investissant du discours des personnages. Chris a en effet déjà évoqué ce rôle de la chance dans ses discussions avec Tom, avec Nola puis avec son ex-adversaire. Si bien que lorsque surgissent les plans de la bague ce n'est pas l'utilité scénaristique du plan inaugural qui est rappelé mais son analogie formelle. Le sens lui-même est travaillé puisque l'on est d'abord persuadé que le point est perdant alors que, comme nous l'apprendrons plus tard, il est victorieux.
J.-L. L. le 04/11/2005
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