Nocturne en noir et or : la fusée qui retombe
James Abbott Mac Neill Whistler, 1875
huile sur toile, 60,3 x 46,6 cm.
Detroit, The Detroit Institute of Arts

"J'ai déjà vu et entendu bien des exemples d'impertinence, mais jamais je ne me serais attendu à voir un personnage demander deux cents guinées pour jeter un pot de peinture à la figure du public" écrivit John Ruskin dans Fors Clavigera à propos de Nocturne en noir et or lorsque cette œuvre fut exposée en 1877 à Londres à la galerie Grosvenor.

Whistler, qui n'était pas sans esprit de répartie et qui n'était pas homme à se laisser faire attaqua Ruskin en diffamation. Lorsque l'affaire fut jugée, Whisler expliqua ses intentions et la raison pour laquelle il avait choisi ce terme Nocturne.

Il voulait de la sorte "orienter l'attention à l'égard de son œuvre seule, déliant la peinture de toute sorte de curiosité qui aurait pu autrement se diriger vers elle. Il s'agit avant tout d'un arrangement de lignes, de formes et de couleurs". Whisler, fidèle à la théorie esthétique de Théophile Gautier de l'art pour l'art, estimait qu'une œuvre d'art n'existait que pour elle-même, dégagée de toute association extérieures et que sa réussite ou son échec ne pouvait être prononcé qu'en fonction de ses intentions esthétiques

Fin 1878, Whisler gagne son procès contre Ruskin, mais n’obtient qu’un farthing symbolique de dommages et intérêts. En 1879, il est acculé à la faillite et part pour Venise.

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1875
Nocturne en noir et or