L'Annonciation 1475 Offices, Florence
Portrait de Ginevra de Benci 1476 N. G., Washington
Portrait de Cecilia Gallerani (la femme à l'hermine) 1490 Cracovie
L'homme de Vitruve 1490 Venise
La dernière Cène 1498 Milan
Saint Jean-Baptiste - Bacchus 1499 Louvre
La Vierge aux rochers 1499 Louvre
La belle Ferronnière 1499 Louvre
La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne et Jean-Baptiste 1500 NG Londres
La Joconde 1506 Louvre
La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne 1513 Louvre
Saint Jean Baptiste 1516 Louvre
Autoportrait 1516 Turin

Léonard de Vinci est-il un peintre, un ingénieur, un inventeur ou un philosophe ?

Né en 1452 dans un petit village de Toscane appelé Vinci, d'où son nom, Léonardo da Vinci était le fils illégitime du notaire du lieu et d'une de ses servantes, Catarina Vacca.

Les témoignages sur son physique et sa personnalité diffèrent d'autant plus que la légende s'est installée très tôt dans les récits de sa biographie. On le décrit parfois comme un colosse à la force prodigieuse, capable de tordre un fer à cheval dans ses mains, et souvent comme un jeune adolescent, efféminé et rêveur. On nous le montre tantôt comme un homme aimant les exercices physiques et les sports violents, tantôt comme un adolescent jouant de la lyre et chantant à la perfection.

Ses qualités artistiques durent cependant apparaître dès son enfance, puisqu'en 1469, à l'âge de 17 ans, il se trouve déjà depuis trois ans dans l'atelier du peintre et sculpteur florentin, Andrea Verrochio (1435-1488). Dans l'atelier de cet artiste célèbre, aux côtés d'autres peintres importants comme Sandro Botticelli ou Pérugin, il apprend durant treize ans la technique de la peinture et les secrets de l'exécution d'un tableau. Il s'initie également aux disciplines, considérées alors comme indispensables à un créateur : les mathématiques, la perspective, la géométrie et, d'une manière générale, toutes les sciences d'observation et d'étude du milieu naturel. Il s'initie également à l'architecture et à la sculpture.

Lorsque sa formation fut achevée, il débute sa carrière de peintre par des portraits et des tableaux religieux, grâce à des commandes passées par des notables ou des monastères de Florence. Mais, dès cette époque, il est très difficile -et cela se poursuivra durant toute sa carrière- de savoir avec certitude s'il se considère lui-même comme un peintre, un artiste pluridisciplinaire ou un ingénieur. Les limites entre les métiers ne sont pas alors figées comme aujourd'hui et un homme de talent peut aisément passer d'une fonction à une autre.

Alors protégé par le personnnage le plus influent de Florence, Laurent de Médicis, surnommé le Magnifique, homme politique et mécène richissime, qui lui attire de nombreux clients, il est envoyé par ce dernier en 1482 à Milan, afin de servir le duc Sforza. A cette occasion, il écrit au duc de Milan une lettre étonnante, un véritable curriculum vitae, dans lequel il révèle ses ambitions d'ingénieur, d'inventeur et également d'homme de guerre :

"Je peux construire des ponts très légers, solides, robustes, facilement transportables, pour poursuivre et, quelquefois fuir l'ennemi [...] J'ai également des moyens pour faire des bombardes, très commodes et faciles à transporter, qui lancent de la pierraille presque comme la tempête, terrorisant l'ennemi par leur fumée [...] En temps de paix, je crois pouvoir donner aussi entière satisfaction que quiconque, soit en architecture, pour la construction d'édifices publics et privés, soit pour conduire l'eau d'un endroit à un autre".

Plus tard, il mettra ses talents d'ingénieur au service des villes de Pise et de Venise, des souverains de Mantoue, la famille d'Este, et, bien sûr, du roi de France, François 1er, qui l'invitera à venir travailler dans la vallée de la Loire, où le monarque réside alors.

Cette rare qualité d'aborder avec talent toutes les disciplines -il sera de son vivant davantage célèbre comme ingénieur hydraulique que comme peintre !- a étonné tous ses contemporains, ainsi que son insatiable curiosité qui lui fit étudier sans se lasser tous les phénomènes naturels : "D'où vient l'urine ? D'où vient le lait ? Comment la nourriture se distribue dans les veines ? D'où vient l'ébriété ? D'où le vommissement ? D'où la gravelle et la pierre ? [...] D'où viennent les larmes ?", confie-t-il aux pages de ses carnets d'études dans une quête constante de réponses à toutes les questions envisageables.

Sa connaissance parfaite de l'anatomie, des effets de la lumière et des combinaisons chimiques les plus complexes a évidemment guidé sa carrière de peintre et, dès ses premiers chefs-d'oeuvre - La Vierge aux rochers (Louvre), commencée en 1483, la Cène (Milan), qu'il exécute en 1493, ou la Bataille d'Anghiari (tableau disparu) dont il obtient la commande en 1503 après une lutte acharnée avec Michel-Ange, il montre à quel point ses connaissances scientifiques et technologiques enrichissent l'exécution de ses tableaux.

Même si ses essais techniques en peinture ne rencontrèrent pas toujours le succès -la Cène et la Bataille d'Anghiari furent ainsi ruinées par des innovations picturales mal maîtrisées, qui lui attirèrent le mépris et les quolibets de certains professionnels-, Léonard de Vinci fut célèbre pour le niveau de perfection inégalée de ses portraits et de certains de ses tableaux religieux, comme Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant Jésus (Paris, musée du Louvre).

(1452-1519)
 
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