

Chapelle Scrovegni
Giotto , 1303-1306
Eglise de l'Arena à Padoue
Les fresques de la Chapelle de l'Arèna à Padoue sont considérées comme le chef-d'oeuvre de Giotto et un des tournants de l'histoire de la peinture européenne. Il avait probablement autour de quarante ans quand il a commencé la décoration de la la chapelle.
Son client, le Padouan, Enrico Scrovegni, était un riche marchand, politiquement ambitieux qui avait acquis les ruines de la vieille arène romaine de Padoue sur un site attenant à son palais vers 1300. Les documents sur ce sujet sont un peu vagues. Il semble toutefois que la chapelle a été construite et consacrée entre 1303 et 1305. La date des fresques n'est pas certaine et est différemment placée de 1304 à 1312/13, mais une date aux environs de 1305 semble être la plus acceptable.
La petite taille de la chapelle éclairée par six fenêtres sur un seul mur mettait à la disposition de Giotto un espace limité et asymétrique. Pour son programme iconographique vaste, il a pris comme point de départ les secteurs entre les fenêtres, projetant de dépeindre dans chacun d'eux des scènes au dessus les unes des autres.
Les scènes sur les murs sont ainsi arrangées en quatre rangées et sont entourées par une structure qui semble former la partie de l'architecture de la chapelle. Les scènes sont séparées verticalement par de larges bandes de marbre qui sont richement décorés du travail de Cosmati.
Près du sol, entre les panneaux de faux marbre sont peintes de petites fresques monochromes imitant des sculptures : les Sept Vertus et les Sept Vices. Elles ont été reproduite sur le Campanile de Giotto à Florence Mais la plinthe peinte pour imiter le marbre veiné a été une innovation majeure, ces imitations monochromes se sont abondamment répendues dans les fresques des quinzièmes et seizièmes siècles.
Un illusionisme plus audacieux que celui d'Assise s'exprime dans les fresques de l'arc de choeur, juste au-dessus de la plinthe. Au lieu "d'histoires", Giotto a peint deux vues d'intérieurs de ce que semblent être une sacristrie ou un choeur, dans une perspective parfaite.
Parce que la chapelle est relativement petite et le mur de droite interrompu par les fenêtres, Giotto a dû diviser la surface murale en des panneau plus petits que ceux d'Assise (les fresques de Padoue mesurent 200 x 185 cm, celles d'Assises 270 x 230 cm). Cela explique la relation différente dans la taille des figures aux panneaux et à l'espace qui les inclut. Les personanges de la fresque sont peints presque en grandeur nature ce qui donne une grande unité à la fersque et une grande proximité avec des personnages à la concentration remarquable.
Comparés aux fresques d'Assise, la couleur et les volumes sont devenus plus doux. Toute rudesse a été éliminée. Les gestes des figures maintiennent un équilibre entre la "gravitas" de l'antiquité et le côté gracieux de l'art Gothique International. Le ton du récit est solennel et élevé bien que détendu et serein. Les personnages les plus importants ont un air majestueux, une expression de conviction et un regard fixe, profond et concentré desquels se dégage pourtant une manière rassurante et chaleureuse.
Mais les scènes ne sont pas composées exclusivement de personanges prestigieux. Les personnages mineurs ont non seulement des vêtements moins soignés mais surtout des expressions moins soutenus. Ainsi des domestiques attendant pour verser le vin dans les Noces à Cana, ou des tortionnaires du Christ dans les scènes de la Passion qui sont presque des caricatures ou encore les sourires des compagnons de sainte Anne à la Rencontre de la Porte Dorée, ou encore les sages-femmes de la Naissance de la Vierge.
Un ton plus prosaïque caractérise les personnifications des Vertus et des Vices, dont l'atmosphère plus mondaine est accentuée par l'utilisation de robes contemporaines. À cet égard les Vertus et les Vices portent la même relation aux autres fresques dans la chapelle que les murs supérieurs de l'Église Supérieure d'Assise avait avec le cycle de la Légende de saint François.
L'intervention effective de Giotto dans les Vertus et des Vices a été sujet à controverses. Le ton sublime des histoires de Marie et du Christ mene souvent à des critiques soulignant la faiblesse de certaines parties, comme certains personnages marginaux dans les fresques des rangées supérieures (par exemple, les trois figures à l'extreme droite et le berger à gauche de la Rencontre de la Porte Dorée) qui ont vraisemblablement été exécuté par ses aides moins habiles.
1. Expulsion
de Joachim du Temple
2. Joachim parmi
les Bergers
3. Annonce à
sainte Anne
4. Le Sacrifice de
Joachim
5. Le rêve de Joachim
6. Rendez-vous
à la porte dorée
Scènes de la Vie de la Vierge
7. La Naissance
de la Vierge
8. Présentation
de la Vierge au Temple
9. Les Tiges apportées
au Temple
10. Prière
des Prétendants
11. Mariage de la Vierge
12. Le Cortège
de Noces
13. Dieu Envoie
Gabriel à la Vierge
14. Annonciation: Dieu
envoie Gabriel
15. Annonciation: la Vierge
reçoit le Messager
16. Visitation
Scènes de la Vie de Christ
17. Nativité
18. Adoration de Rois mages
19. Présentation au Temple
20. La fuite en Egypte
21. Le massacre des innocents
22. Christ parmi les Docteurs
23. Baptême du Christ
24. Les noces de Cana
25. Lazare
26. Entrée dans Jérusalem
27. Expulsion des marchands
du temple
28. Judas recevant
paiement pour sa trahison
29. Dernière Cène
30. Lavage des Pieds
31. Baiser de Judas
32. Le Christ devant le Caïphe
33. Flagellation
34. Le Calvaire
35. Crucifixion
36. Lamentation
37. Résurrection (Noli mi tangere)
38. Ascension
39. Pentecôte.
Les Sept Vertus
40. Prudence
41. Fermeté
42. Modération
43. Justice
44. Foi
45. Charité
46. Espoir
Les Sept Vices
47. Désespoir
48. Envie
49. Infidélité
50. Injustice
51. Colère
52. Inconstance
53. Sottise