grès émaillé par endroits
H. 75 ; L.19 ; P. 27 cm
Paris, musée d'Orsay

Entre ses deux séjours océaniens, Gauguin réalise à Paris, chez le céramiste Ernest Chaplet, son chef d'œuvre en grès, sa plus grande pièce, dont il inscrit le nom sur la plinthe : Oviri.

Cette " tueuse " écrase un loup à ses pieds, étouffe un louveteau sous son bras. Le visage comme momifié évoque la destruction du moi civilisé que Gauguin croit nécessaire à sa régénération d'artiste.

Au sens étymologique Oviri veut dire " foncièrement replié sur son être ". Pour Gauguin Oviri signifie " sauvage " : il en fait son emblème. En octobre 1900 il réclame ce vase pour orner sa tombe à Tahiti. Son vœu est exaucé en mars 1973, sous la forme d'un bronze déposé au cimetière d'Hiva Oa aux Marquises par la fondation Singer-Polignac.

Ce grès refusé au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1895 est exposé à Béziers en 1901. Acheté après la mort de Gauguin en 1905 par Gustave Fayet, exposé au Salon d'Automne de 1906, il fascine les artistes d'avant-garde. Acquis en 1925 par Ambroise Vollard, il passe dans la collection de son frère Lucien puis dans celle de Jacques Ulmann avant d'entrer au musée d'Orsay en 1987.

Oviri
1894
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