Huile sur toile, 69 X 91
Musée d'Osay, Paris
Les lignes blanches sur le fond noir évoquent des vague dans le lointain,
mais les contours réguliers des zones de couleur adjacentes font plutôt
penser à une architecture. Il s'agit probablement d'un pilier de balustrade
autour d'une maison coloniale à Tahiti. La femme de droite , assise
en tailleur,porte une robe de mission, elle est occupé à tresser
des fibres de palmier,son attitude est impassible; celle de gauche porte un
paréo à motif floral, elle a fermé les yeux.
Harmonie de couleurs décoratives, striée de rehauts blancs, où les fibres de palmier, la boite d'allumettes et les rubans dans les cheveux introduisent des tons de jaune et de rouge qui se répondent.
Le plus remarquable dans "Femmes de Tahiti", c'est encore la composition. Au regard des conventions picturales du XIXème siècle, les deux personnages qui se chevauchent paraissent entassés, comme si l'artiste les avait observé en gros plan sans se soucier vraiment de les situer dans l'espace. Alors que chez d'autres peintres, deux personnages aussi serrés auraient pu devenir un détail dans une composition comportant davantage de figures, Gauguin a donné un aspect monumental à leur activité insignifiante en les isolant de cette façon, selon un procédé pour lequel il n'existe pas de précédent direct.
Gauguin, Catalogue de l'exposition du Grand-Palais Paris, 1989 p239
