
| Parc des princes (Les Grands Footballeurs) | |||
| 1952 | |||
| Huile sur toile 200 x 350 | |||
| collection privée | |||
Cet immense tableau de 7 mètres carrés, où la pâte est étalée avec fermeté à laide de larges spatules, a été commencé, dans lexaltation, la nuit même du match. Il y a là des masses de matière, tangibles, colorées qui laissent surgir des corps, sous la menace dun grand fond noir qui peut à tout moment les engloutir. Ces masses (blanches, vertes, ocres, bleues), mises côte à côte, jouent comme une partition humaine pour quémerge une silhouette. La bataille des formes sur la toile rejoint la bataille des joueurs sur le stade. Une bataille qui évoque celle de Paolo Uccello, admirée par le peintre.
Chez de Staël, le couteau ou la taloche ne sont pas les outils dune expression spontanée, mais cherchent à saisir la forme-couleur dans une unité première, la pâte colorée. Cela fait de la couleur une matière vivante, corporelle, qui exige des manipulations complexes, et une maîtrise des pulsions. Lémotion, chez lui, ne coule jamais directement sur la toile par le tube, le pinceau ou la truelle, à linverse de Jackson Pollock et de lexpressionnisme abstrait américain.