La pendule noire 1867 Paris, Musée d'Orsay.
Carrefour de la rue Rémy ŕ Auvers 1872 Paris, Musée d'Orsay.
Une moderne Olympia 1873 Paris, Musée d'Orsay.
La maison du pendu 1873 Paris, Musée d'Orsay.
La tentation de saint Antoine 1875 Paris, Musée d'Orsay.
Portrait de l'artiste 1875 Paris, Musée d'Orsay.
L'Estaque 1879 Paris, Musée d'Orsay.
Pont à Maincy 1885 Paris, Musée d'Orsay.
La table de cuisine 1890 Paris, Musée d'Orsay.
Les joueurs de cartes 1890 Paris, Musée d'Orsay.
La femme à la cafetière 1895 Paris, Musée d'Orsay.
Les grandes baigneuses 1897 Paris, Musée d'Orsay.
Nature morte avec pommes et oranges 1900 Paris, Musée d'Orsay.
Montagne sainte Victoire 1905 Moscou, Pushkin Museum
     

Cézanne est de sept ans plus jeune que Manet mais deux ans plus vieux que Renoir. Ses oeuvres de jeunesse traitent de sujets violents et dramatiques révélant une sensibilité romantique. De facture libre et véhémente, elles sont proches de l'art de Courbet.

Les oeuvres des années 1872-1873 montrent une assimilation de la méthode impressionniste acquise à Auvers-sur-Oise auprès de Camille Pissaro. Cézanne expose lors des deux premières expositions impressionnistes en 1874 et 1877, sans succès. Il refuse d'exposer avec les impressionistes en 1879. Il se retire dans sa ville natale, Aix-en-provence, afin d'y poursuivre des recherches personnelles et solitaires.

Son ambition est double. Il veut faire "quelque chose de solide et de durable comme l'art des musées" sans utiliser les techniques académiques. Il veut retrouver les secrets de la nature indépendamment des impressions qu'elle provoque chez l'artiste.

"Refaire du Poussin d'après nature" . C'est à dire retrouver l'extraordinaire harmonie de formes se répondant les unes aux autres. Chaque chose étant à sa place, chaque forme est clairement inscrite et donne l'impression du poids et de la solidité. L'ensemble respire d'une simplicité naturelle toute de calme et de paix. Mais Cézanne pense qu'on ne peut parvenir à cette grandeur avec les anciennes méthodes académiques. Il refuse de combiner dans son tableau des formes apprises de l'antiquité. Les impressionnistes étaient des maîtres authentiques en ce sens qu'ils peignaient la nature. Mais avec cela tout était-il dit ? Qu'étaient devenues ces recherches de dessin, d'équilibre et d'harmonieuse simplicité qui caractérisaient les grandes oeuvres du passé ?

Cézanne veut créer dans l'art un ordre comparable à l'ordre existant dans la nature, indépendant de ses impressions personnelles et confuses. Il veut "réaliser un motif". Inventer un style qui trouve sa source dans la nature des choses et non pas dans les impressions subjectives de l'individu qui sont toujours confuses.

Son style repose sur la croyance que l'oeil de l'artiste, à force de scruter la nature, découvre qu'elle est composée de formes géométriques. Cézanne veut alors reconstruire la nature par le cylindre, la sphère, le cône, le tout mis en perspective de sorte que "chaque côté d'un objet, d'un plan, se dirige vers un point central". "Pour les progrès, il n'y a que la nature, et l'oeil s'éduque à son contact. Il devient concentrique à force de regarder et de travailler. Je veux dire que dans une orange, une pomme, une boule, une tête, il y a un point culminant et ce point est toujours- malgré le terrible effet : lumières et ombres, sensations colorantes- le plus rapproché de notre oeil ; les bords des objets fuient vers un centre placé à notre horizon.

Chez les impressionnistes l'emploi de la couleur est aussi "impressionniste" que leur emploi de la ligne. Cézanne préconise "la modulation". La modulation veut dire l'ajustement d'une zone de couleur aux zones de couleurs voisines, processus ininterrompu qui accorde la multiplicité à l'unité de l'ensemble. Cézanne découvre que la solidité ou la monumentalité d'une peinture tient autant à cette "maçonnerie" patiente qu'à la conception architecturale d'ensemble. Le résultat est ,dans toute oeuvre postérieure à 1880, une apparente rupture de la surface plate d'une zone de couleur par une mosaïque de facettes colorées distinctes.

Développant les conséquences de ces principes, il donne à ses touches, dans ses oeuvres de maturité, un sens tel que le dessin et la couleur, deviennent indissociables dans l'organisation du tableau. Dans ses paysages où les formes naturelles ont tendances à être ramenées à des formes géométriques simples, il présente une succession de plans clairement articulés autour de la masse principale souvent placée au centre de la composition. il évite ainsi les effets illusionnistes propres aux démarches reproductrices du réel, tout en conservant une certaine profondeur dans l'espace et un certain sens du volume.


Aussi arrive-t-il à traiter des structures plastiques complexes en fonction de leur rigueur et de leur logique spécifique. Débarrassé de toute référence extérieure, le tableau est ainsi organisé de l'intérieur (série de la Montagne Sainte-Victoire). Dans ses natures mortes la pomme, objet sphérique hautement coloré est le sujet privilégié du rapport de la couleur et du modelé. Pour privilégier l'équilibre de la composition, il "corrige" les contours. Dans plusieurs de ses natures mortes (Tables de cuisine) et de ses portraits (Portrait de Gustave Geffroy) Cézanne abandonne la convention du point de vue unique et associe des objets présentés selon deux angles différents parfaitement intégrés dans l'unité de la composition. Cette découverte devait aboutir au cubisme.

BIBLIOGRAPHIE

* Cézanne Paul
Paul Cézanne, Correspondance, préface de John Rewald, ed. Grasset

* Rewald John
Cézanne , ed. Flammarion

* Cézanne, Le catologue de l'exposition 1995, ed. RMN

* Cézanne, Hors série Télérama et son CD-Rom, septembre 1995

* Gombrich Ernst
Histoire de l'art, Flamarion, 4ème édition

* Read Herbert
Histoire de la peinture moderne
Arted Editions d'art, 1959-1968-1974, Paris, 1

* Rilke Reiner-Maria
Lettres sur Cézanne, ed. du Seuil

* Handke Peter
La leçon de la sainte Victoire, ed. Gallimard

* Picon (Gaëtan), Cézanne, ed. Flammarion
* Venturi Lionello, Cézanne, ed. Skira
* Sollers , le Paradis de Cézanne, ed. Gallimard
* Shiff Richard, Cézanne et la fin de l'impressionnisme,Flammarion
* Bonafoux Pascal, Cézanne, portraits et autoportraits, ed. Hazan
* Jean Raymond, Cézanne et Zola se rencontrent, ed. Actes Sud

 

1839-1906
Post-Impressionniste,
Fondateur de l'art moderne en privilégiant
l'organisation du percevoir