Joseph Kosuth, Sol LeWitt, Robert Ryman, On Kawara, Jean-Pierre Raynaud, Martin Barré, Bertrand Lavier, BMTP (Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni), Support-surface (Claude Viallat, Louis Cane, Daniel Dezeuze, Bernard Pagès, Tony Grand, Patrick Seytour, Marc Devade)
On peut distinguer trois tendances :
- ceux qui réfléchissent sur le message tel Kosuth avec "A chair (objet rééel ; le référent) is a chair (photo : représentation visuelle) is a chair (représentation linguistique)", 1965 ou le groupe Art Langage.
- ceux qui réfléchissent sur la capacité qu'a le matériau en lui-même de rendre possible un discours (Ryman).
- ceux qui réfléchissent sur l'appropriation du monde par le tableau.
L' insistance mise sur l'objet en tant que point de départ de la réflexion amène à s'interroger et à s'inquiéter de ce point de départ ; à mettre en évidence l'environnement du tableau qui lui échappait comme point de départ... C'est ce que certains théoriciens ont appelé le rapport différentiel de l'œuvre d'art au réel.
Ainsi le "shaped canvas" de Frank Stella a pris en compte ce rapport différentiel. A un moment donné Frank Stella a pris la décision de prélever du tableau ce qu'on aurait auparavant assimilé à un fond. La forme extérieure du tableau ne devait plus être le résultat d'une convention étrangère à l'intention de l'artiste, mais elle devait être issue du contenu même du tableau. Stella a donc découpé son châssis de manière à évacuer du tableau ce qu'il considérait ne pas lui appartenir en propre, mais en faisant cela, il a fait intervenir ce que le tableau et son cadre traditionnel masquaient ou ignoraient, le mur.
Les expositions "quand les attitudes deviennent formes" à la Kunsthalle de Bâle "Konzeption/Conception" au Städtisch Leverkusen Museumen en 1969 et"Information" au MOMA en 1970 consacrent le mouvement.
L'art conceptuel pousse à bout certaines démarches du mouvement minimaliste.Toute pratique artistique est abandonnée au profit d'une réflexion sur l'art. Par contre la structure physique du matériau à moins d'importance, et le rapport au spectateur devient purement intellectuel.
"L'artiste engagé dans l'art conceptuel a pour objectif de rendre son oeuvre mentalement intéressante pour le spectateur et c'est pourquoi il tient à ce qu'elle soit émotionnellement sèche."(Sol LeWitt).
BMPT : Daniel Buren, Olivier Mosset (44), Michel Parmentier(38), Niele Toroni. Ce groupe, créé en 1967, se désagrège en 1971. Ses quatre membres se tiennent à un vocabulaire de base extrêmement réduit : des bandes verticales de 87mm de large pour Buren, un cercle pour Mosset, des bandes horizontales pour Parmentier et une marque de pinceau pour Toroni. Ils se rattachent directement au mouvement conceptuel, ils proposent une peinture qui produit sa propre limite et l'expose. Ils cherchent à échapper à toute lecture interprétative.
Support-Surface : Claude Viallat, Louis Cane, Daniel Dezeuze, Bernard Pagès, Tony Grand, Patrick Seytour, Marc Devade. Mouvement conceptuel français, fondé par Vincent Bouliès lors d'une exposition au Musée d'art Moderne de la Ville de Paris en 1970. liès au groupe littéraire Tel Quel (Marcelin Pleynet).
Art Conceptuel : Joseph Kosuth, Sol LeWitt, Robert Ryman, Ryman (Nashville 1930)
"Je ne me considère pas comme quelqu'un qui fait des tableaux blancs ; je suis un peintre. La peinture blanche est un moyen d'expression. Il y a beaucoup de couleur impliquée. Ce n'est pas du rouge, ni du vert, ni du jaune mais c'est de la couleur tout de même."
En refusant la charge expressive des couleurs pour s'en tenir depuis plus de 20 ans à l'emploi exclusif du blanc, Ryman oblige paradoxalement le spectateur à regarder la peinture : les nuances du pigment qui passent subtilement du chaud au froid et du mat au brillant ou le mode d'application de ce pigment, les effets de matières, la toile de lin qui sert de support et les attachent qui soutiennent le tableau sont autant d'éléments qui constituent le fait pictural. Le choix du format carré ressort du même processus de réduction qui cherche à restreindre les constituants du tableau pour mieux les analyser, d'autant que le carré est la seule forme qui par son géométrisme est susceptible d'évacuer les problèmes traditionnels de composition. Ryman explore aujourd'hui les tailles de pinceaux, le blanc de la toile et le blanc des cimaises. Encore et toujours il veut montrer tout le visible mais seulement le visible.