Il existe trois grands types de serial-killers. La première catégorie rassemble tous ceux qui souffrent d'une pulsion inconsciente qu'ils ne dominent pas : tels furrent M. le maudit, l'oncle de L'ombre d'un doute, Norman Bates dans Psychose, le tueur de Frenzy et même Hannibal Lecter dans Le sixième sens. Ces personnages se trouvent confrontés aux grands tueurs en série de l'histoire, qu'il s'agisse de Jack l'Eventreur, de Jeffrey Dahmer, d'Ed Gein, l'homme qui avait inspiré le personnage de Norman Bates dans Psychose ou d'Henry Lee Lucas, à l'origine du terrifiant Henry, Portrait of a Serial Killer de John McNaughton.

La seconde catégorie regroupe ceux qui souffrent d'une pulsion consciente et souffrante comme pourrait l'être celle de Ben Laden haïssant la culture occidentale. Monsieur Verdoux de Chaplin souffrait de ne pouvoir faire vivre correctement sa famille, La mariée en noir de Truffaut cherchait à se venger de l'assassinat de son presque mari, la jeune femme d'Un frisson dans la nuit à se venger d'un viol et les sœurs des rivières pourpres d'une jeunesse volée.

La troisième catégorie est apparue récemment et tendrait plutôt à faire l'apologie du serial-killer comme les années trente avaient fait l'apologie du gangster. La pulsion meurtrière est non seulement consciente mais existentielle et revendiquée. C'est bien évidemment le personnage d'Hannibal Lecter du Silence des agneaux, créature maléfique revendiquant ouvertement sa nature diabolique qui le premier émarge dans cette catégorie. Aux explications de Clarence Starling - une éventuelle enfance malheureuse ou une pathologie mentale éclairant son cannibalisme -, Lecter opposait sa propre vision absolue du mal qui ne souffrait d'aucune raison.

Dans Hannibal, il est toujours aussi adroit dans l'art du meurtre et pour accommoder la chair humaine mais il collectionne en plus les objets d'art, perfectionne sa connaissance de la Renaissance italienne et fréquente les soirées de la jet-set. Une des dimensions du Hannibal de Thomas Harris est le second degré. Son personnage est transformé en une icône pop, abordable, presque fréquentable. A défaut de s'en faire un ami, on aimerait au moins collectionner ses livres de cuisine.

La popularité de Hannibal Lecter aux Etats-Unis est telle aujourd'hui - surtout auprès du public adolescent, qui le trouve " cool " - qu'Anthony Hopkins, effrayé par cet engouement, avait juré, avant de se raviser, qu'il n'incarnerait plus le personnage. Lecter possède un quotient intellectuel au-dessus de la moyenne, des pulsations cardiaques en dessous des normes, une force herculéenne. Il possède même le pouvoir de se faire comprendre des animaux, tout au moins des porcs carnivores du milliardaire Mason Verger dans Hannibal.

Dans les personnages de fiction, son lointain cousin pourrait être le Patrick Bateman d'American Psycho, de Bret Easton Ellis, le golden boy de Wall Street qui commet les pires atrocités sans jamais être démasqué.

Plus récemment les criminels des trois Scream revendiquaient leur dégoût d'une vie par trop normale et terne que seul le crime permettait de dépasser.

 

Créance de sang Clint Eastwood U.S.A. 2002
Dragon rouge Brett Ratner U.S.A. 2002
Roberto Succo Cédric Kahn France 2000
Hannibal Ridley Scott U.S.A. 2000
Les rivières pourpres Mathieu Kassovitz France 1999
Le voyage de Félicia Atom Egoyan Canada 1999
Scream Wes Craven U.S.A. 1997
Seven David Fincher U.S.A. 1995
Le silence des agneaux Jonathan Demme U.S.A. 1991
Le sixième sens Michael Mann U.S.A. 1986
Un jeu brutal Jean-Claude Brisseau France 1983
Les fantômes du chapelier Claude Chabrol France 1982
Le juge et l'assassin Bertrand Tavernier France 1976
Un frisson dans la nuit Clint Eastwood U.S.A. 1971
Frenzy Alfred Hitchcock G-B 1971
Que la bête meure Claude Chabrol France 1969
La mariée était en noir François Truffaut France 1967
Psychose Alfred Hitchcock U.S.A. 1960
Monsieur Verdoux Charles Chaplin U.S.A. 1946
L'ombre d'un doute Alfred Hitchcock U.S.A. 1943
M. le maudit Fritz Lang Allemagne 1931
       
       

 

Les films de serial killer