
Mai 68 par lui-même vu par P. Leboutte et J.P Thorn
Carte blanche à Patrick Leboutte et Jean-Pierre Thorn en présence
de leurs invités : Michel Andrieu, cinéaste, cofondateur de
lARC, principal collectif de cinéastes actifs en mai et juin
1968, Daniela de Felice et Matthieu Chatellier, auteurs du film, "(G)rêve
général(e)", avec la participation de deux témoins
actifs de mai 68 à Caen : Guy Robert, militant syndical et Yves Sallesse,
leader étudiant.
Soirée en collaboration avec TSF 98.
19 h 30 : Introduction de la soirée par Patrick Leboutte
Projections de :
Rhodia 4x8 du groupe Medvedkine de Besançon. Fr. 1969. 4 mn.
Sur des images réalisées par un collectif douvriers-cinéastes,
ses complices, Colette Magny chante la condition ouvrière, donnant
à voir son insoutenable réalité. Le seul exemple connu
de scopitone prolétarien.
Oser lutter, oser vaincre du groupe Ligne rouge. Réalisation
: Jean-Pierre Thorn. 1968-69. 1 h 28.
Le film majeur de la période. Mai-juin 68 filmé et vécu
du côté des ouvriers grévistes, de lintérieur
de lusine Renault-Flins occupée. Au rebours des commémorations
médiatiques réduisant les événements à
un simple prurit libertaire, le film de Jean-Pierre Thorn est un document
essentiel, rappelant que mai 68 écrivit une des plus belles pages de
lhistoire ouvrière française.
Discussion avec les invités
CA13 Réalisation : Renan Pollès. Fr. 1968. 40 mn.
CA13 présente la face cachée des événements de
mai, sattachant à sa dimension non spectaculaire. Loin des grands
leaders, des manifestations fleuves et des nuits émeutières,
il suit anonymes et simples citoyens dans leur activité militante quotidienne,
à la base, au sein du Comité daction du 13ème arrondissement
de Paris. Libre circulation de la parole, présence remarquable des
femmes, discussions journalières sur la stratégie : une utopie
se concrétise sous nos yeux, celle dune démocratie directe
pensant collectivement son organisation et sinventant en commun.
La reprise du travail aux usines Wonder de Pierre Bonneau et Jacques
Willemont. 1968. 9 mn.
« En mai 68, le travail reprend, les syndicats font semblant de crier
victoire, les élections ne sont pas loin. Aux usines Wonder aussi tout
rentre dans lordre. Soudain une femme ose se révolter, elle craque,
elle dit quelle ne veut pas reprendre le travail, que cest trop
horrible. Un étudiant de lIDHEC est là avec une caméra
et un magasin de douze minutes. Il enregistre la « scène ».
Ce petit film, cest la scène primitive du cinéma militant,
La Sortie des usines Lumière à lenvers. Cest un
moment miraculeux dans lhistoire du cinéma direct. La révolte
spontanée, à fleur de peau, cest ce que le cinéma
militant sacharnera à refaire, à mimer, à retrouver.
En vain. » (Serge Daney et Serge Le Peron, « Le direct en dix
images », in Cahiers du cinéma, 323/324, mai 1981).
Discussion avec les invités.
Tarif pour lensemble de la soirée : 3,60 euros.