Les premières estimations indiquent que les entrées dans les salles de l'Union Européenne progressent d'environ 4 % en 2006. La fréquentation affiche une hausse en Allemagne (+7,4 %), en France (+7,6 %) et plus modestement en Italie (+1,7 %), tandis qu'elle subit un recul en Espagne (-4,7 %) et au Royaume-Uni (-4,9 %), pour la seconde année consécutive. Outre une légère hausse des entrées sur le marché intérieur, les Etats-Unis enregistrent un niveau record de recettes à l'international en 2006. Au Japon, malgré une progression modeste des entrées, le cinéma national réaffirme très largement sa popularité auprès du public. La Chine et la Corée du Sud affichent une croissance considérable.

UNION EUROPÉENNE

Les premières estimations de l'Observatoire Européen de l'Audiovisuel indiquent que les entrées dans les salles de l'Union progressent d'environ 4 % en 2006. La fréquentation totale de l'Union Européenne s'établit provisoirement à 924 millions d’entrées. Parmi les principaux marchés, l'Allemagne (+7,4 %) et la France (+7,6 %) montrent des signes évidents de reprise comparés aux mauvais résultats de 2005. Mais les performances sont plus mitigées sur les trois autres grands marchés. Les entrées progressent à peine en Italie (+1,7 %), alors qu'en Espagne (-4,7 %) et au Royaume-Uni (-4,9 %), la tendance est négative. Dans les autres pays européens, les statistiques sont positives. Les trois marchés baltes connaissent une très forte progression (+98,1 % en Lituanie, +40,2 % en Estonie, +22,7 % en Lettonie). Une croissance à deux chiffres est également enregistrée en Autriche (+10,6 %), en Finlande (+11,5 %), en République Tchèque (+21,4 %), en Slovénie (+10,8 %), en République Slovaque (+54,3 %) et en Pologne (+35,8 %). Les films nationaux contribuent à la reprise en 2006. C'est le cas en France (meilleur résultat depuis 1984), en Allemagne (meilleur résultat depuis 1974, source SPIO), en Italie, en Finlande (meilleur résultat depuis 1999), en Slovénie et dans les pays baltes, sans oublier les performances des pays d'Europe centrale et orientale tels que la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque et la Roumanie.

Allemagne

Après une année 2005 des plus préoccupantes, l'industrie cinématographique allemande affiche un bilan positif en 2006. Les principaux indicateurs sont à la hausse. Signe de son extrême popularité, le cinéma national réalise son meilleur résultat en salles depuis plus de trente ans. Selon les statistiques présentées par le Filmförderungsantalt (FFA), la fréquentation est en nette augmentation en 2006. Les entrées progressent de 7,4 %, passant de 127,3 millions en 2005 à 136,7 millions en 2006. Après un premier trimestre morose, la sortie de L'Age de glace 2, au mois d'avril, entraîne une forte reprise de la fréquentation. De même, après un nouveau recul des entrées au cours du mois de juillet (conséquence de la Coupe du Monde de football), la sortie de Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit re-dynamise les entrées au cours de l’été. La hausse de la fréquentation est nettement plus marquée dans les Länder de l'ex-RFA (+8,1 %) que dans les nouveaux Länder (+3,4 %). Conséquence directe de la progression de la fréquentation, les recettes augmentent de 9,3 %. Elles passent de 745,0 M€ en 2005 à 814,4 M€ en 2006. La hausse de 1,9 % du prix moyen du billet, qui s'établit à 5,96 € en 2006 (5,85 € en 2005), participe à cette remontée. L'embellie de la fréquentation favorise également la progression de l'indice moyen de fréquentation par habitant, qui s'établit à 1,66 en 2006 (1,54 en 2005). Après un ralentissement de croissance depuis 2000, le parc des salles se stabilise en Allemagne. 4 848 écrans sont actifs en 2006, dont 3 882 dans les régions de l'ex-RFA et 966 dans les nouveaux Länder. Profitant de l'embellie de la fréquentation, les entrées dans les multiplexes progressent de 5,4 % en 2006. Ces 144 établissements génèrent globalement 46,0 % des entrées et 49,1 % des recettes de l'année. Le nombre de films allemands en exploitation au cours de l'année s'élève à 831, dont 122 nouveaux films. Ils génèrent 34,7 millions d'entrées en 2006 (soit une augmentation de 61,0 % par rapport à 2005) et assurent une part de marché de 25,8 % (en termes d'entrées), en nette progression par rapport à 2005 (17,0 %). C'est le meilleur résultat réalisé depuis plus de trente ans, devant le dernier record de 2004. En 2006, huit films allemands dépassent le million d'entrées, contre dix en 2005. Par ailleurs, huit films réalisent entre 500 000 et un million d'entrées en 2006, contre deux en 2005. Notamment grâce au succès de la coproduction majoritairement allemande le Parfum, Constantin Film retrouve sa place parmi les cinq premiers distributeurs du classement 2006. Selon les estimations de Nielsen EDI, le premier distributeur allemand arrive ainsi en cinquième position avec une part de marché de 9,9 % (6,4 % en 2005). En 2006, la Fox (qui a notamment distribué le premier film du box-office l'Age de glace 2) prend la tête du classement des distributeurs avec 17,0 % de part de marché, devant UIP (16,4 %). L'Age de glace 2 domine ainsi le box-office des films en 2006 avec plus de 8,7 millions d'entrées. Pour mémoire, le leader 2004, (T)Raumschiff Surprise – Periode 1, avait généré 9,1 millions d'entrées. Le premier film allemand, le Parfum, occupe la 4e place avec près de 5,5 millions d'entrées. Trois films nationaux sont présents parmi les dix premiers films de l'année.

Belgique Selon les statistiques communiquées par Le Moniteur du Film en Belgique, 45 longs métrages (plus de 70 minutes) sont produits au cours de l'année 2006 (52 en 2005) dont 30 fictions, 13 documentaires et 2 films d'animation. Les premières estimations de la Fédération des Cinémas de Belgique indiquent que les entrées dans les salles progressent de 7,7 % en 2006, pour atteindre 23,8 millions. Avec 1,4 million d'entrées en 2006, les films nationaux progressent légèrement à 6,0 % du marché. Les films belges en langue française représentent 2,0 % du marché. Les vingt premiers films de l'année génèrent 37,3 % des entrées totales. Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit prend la tête du classement des films en 2006, avec 1,1 million d'entrées. Dans un box-office largement dominé par les films américains, un film français, les Bronzés 3 - amis pour la vie, est 4e avec 546 000 entrées.

Espagne Selon les chiffres communiqués par l'Instituto de la Cinematografia y de las Artes Audiovisuales, le bilan du cinéma en Espagne présente une tendance négative en 2006. Bien que le secteur de la production poursuive son expansion, la fréquentation recule pour la seconde année consécutive. La part de marché du film national fléchit légèrement tandis que le film américain progresse de plus de 10 points au détriment du film européen. 150 longs métrages sont produits en Espagne en 2006 (8 de plus qu'en 2005). C'est le meilleur résultat enregistré depuis plus de 25 ans. Pour mémoire, le nombre de films produits en 1995 s'élevait à 59. La bonne santé du secteur est liée à l'augmentation de la dotation du fonds d'aide, ainsi qu'au développement de la participation financière des télévisions. En 2006, 41 de ces 150 films sont des coproductions internationales, tournées principalement avec le Royaume-Uni (12), la France (10) et l'Argentine (9). En 2006, la fréquentation, avec 4,7 % d'entrées en moins, recule pour la seconde année consécutive. Elle atteint 121,7 millions d'entrées (127,6 millions en 2005). Après un premier semestre affichant une légère progression, la seconde moitié de l'année subit une baisse brutaledes entrées, particulièrement en fin d'année. Conséquence de la nouvelle baisse des entrées, l'indice de fréquentation poursuit son recul. Avec 2,8 entrées annuelles par habitant, l'Espagne conserve, toutefois, un des meilleurs niveaux d'Europe. Compensées par l'augmentation du prix moyen de la place, les recettes guichets se stabilisent (+ 0,2 %), passant de 635,0 M€ en 2005 à 636,2 M€ en 2006. Malgré les bonnes performances de Alatriste, Volver et le Labyrinthe de Pan, la part de marché des films espagnols s'effrite en 2006. Elle s'établit à 15,4 % (16,7 % en 2005). Son niveau reste, toutefois, parmi les meilleurs de ces quinze dernières années. Le succès ne se concentre pas seulement sur un ou deux films : cinq films espagnols dépassent le million d'entrées. A l'inverse, la part de marché du film américain est en forte progression. Avec plus de dix points supplémentaires par rapport à l'année précédente, elle s'établit à 71,2 %. Cette progression s'effectue au détriment du cinéma européen. Hors films espagnols, les films européens captent 11,7 % du marché en 2006 (20,4 % en 2005). En l'absence, notamment, d'un Harry Potter, les films britanniques perdent près de la moitié de leur part de marché, qui recule de 15,0 % en 2005 à 7,8 % en 2006. C'est la première fois, après une période d'expansion de dix ans, que le parc des salles enregistre une baisse importante. 4 299 écrans sont recensés à la fin de l'année 2006, répartis sur 936 sites. Ils programment 1 748 films dont 372 films espagnols. Hispano Foxfilm prend la tête du classement des distributeurs en 2006, notamment grâce au succès de l'Age de glace 2, de X-Men - l'affrontement final et du leader des œuvres espagnoles, Alatriste. La Fox place cinq films parmi les vingt premiers de l'année et enregistre une recette de 125,9 M€ , soit une part de marché de 19,8 %. Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit prend la tête du box-office des films en 2006, avec 5,4 millions d'entrées et une recette de près de 28 M€. Deux œuvres nationales se placent parmi les dix premiers de l'année. Alatriste, premier film espagnol du classement, occupe la 4e place, avec plus de 3 millions d'entrées et une recette de 16,5 M€.

Italie

Les premières données communiquées par l'ANICA et Cinetel confirment la légère progression des entrées en 2006. C'est le résultat d'une année contrastée, marquée par une très forte progression de la fréquentation au cours du premier semestre, suivie d'une très forte baisse au second semestre. Le secteur de la production, très éprouvé en 2005, se ressaisit. La part de marché du film national se maintient à un bon niveau. Après la chute subie par l'ensemble du secteur en 2005, le bilan global de la production affiche une embellie en 2006, aussi bien en termes de films produits qu'en termes d'investissements. 116 films sont produits en 2006, contre 98 en 2005. Tandis que le nombre de films 100 % italiens augmente nettement (68 en 2005, 90 en 2006), le nombre de coproductions s'effrite, passant de 30 à 26. Si le nombre de coproductions majoritaires fléchit (11en 2006, contre 16 en 2005), les coproductions minoritaires se stabilisent (15 contre 14). Les investissements suivent la même tendance. Les investissements totaux progressent de 20 % en 2006 et le budget moyen d'un film 100 % italien fléchit (2,08 M€ contre 2,24 M€ en 2005). La contribution de l'Etat progresse de 46,8 % et celle des investisseurs privés de 15,7 %. Ces derniers contribuent à hauteur de 83,2 % au financement de la production italienne. Au total, la contribution de l'Etat concerne 24 films en 2006, pour un budget total de 43,3 M€. En 2005, l'Etat finançait 18 films pour un budget total de 29,5 M€. La contribution de l'Etat représente 16,8 % de l'ensemble des capitaux investis (14,0 % en 2005). Selon l'échantillon Cinetel, 298 films italiens sont programmés en salles en 2006 dont 100 nouveaux films (coproductions comprises). 330 films américains sont programmés dont 161 nouveaux films. Selon les premières estimations de l'ANICA, basées sur l'échantillon Cinetel (85 % du parc des salles), la fréquentation augmente de 1,7 % en 2006. Après une première moitié d'année des plus prometteuses, les entrées s'effondrent au cours du dernier trimestre et le mois de décembre, habituellement décisif, accuse un déficit de 9,0 %. Les entrées s'établissent donc provisoirement autour de 107 millions en 2006 et les recettes correspondantes, présentant une progression de 1,8 %, avoisinent 613 M€. En 2006, le cinéma national confirme son succès auprès du public. Il capte plus de 23 millions d'entrées (22,5 millions en 2005), soit 25,0 % des entrées totales. En termes de recettes, avec 135 M€, la part de marché est stable à 24,7 %. Les films américains, dont les entrées progressent de près de 17 % en 2006, regagnent les huit points de part de marché perdus l'année précédente. En termes de recettes, leur part de marché s'établit à 61,9 % (53,8 % en 2005). Cette reconquête se fait au détriment du film européen qui capte (Italie exclue) 11,2 % des recettes totales, contre 19,6 % en 2005. Toutefois, il convient de rappeler qu'en 2005, la part de marché des films européens avait bénéficié de la nationalité britannique, accordée par l'Italie, à des films considérés comme américains sur d'autres territoires. Réalisant une recette de 71,4 M€ et une part de marché de 13,1 %, UIP conserve la première place du classement des distributeurs en 2006, notamment grâce à la performance de Nos voisins, les hommes et Inside Man. Fort du succès de Match Point, Ti amo in tutte le lingue del mondo et des Infiltrés, le premier distributeur italien, Medusa Film, s'installe à la 2e place du classement, avec une recette de 70,9 M€ et une part de marché de près de 13 %. Da Vinci Code prend la tête du box-office en 2006, avec 4,7 millions d'entrées et une recette de plus de 28 M€. Il est suivi par Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit (3,3 millions d'entrées et 19,9 M€). Le premier film national, Mon meilleur ennemi, occupe la 3e place du classement avec plus de 3 millions d'entrées et une recette de 18,6 M€. Quatre films italiens se placent parmi les dix premiers de l'année. 22 films dépassent le million d'entrées, dont 9 films italiens.

Pays-Bas

Selon les premières estimations de l'Union des distributeurs néerlandais, les entrées dans les salles de cinéma aux Pays-Bas progressent de 9,0 % en 2006, pour atteindre 22,5 millions. Avec 154,4 M€, les recettes correspondantes augmentent de 14,0 %. Malgré la jolie performance de Black Book, film néerlandais de Paul Verhoeven, (3e au box-office avec près d'un million d'entrées), la part de marché des films nationaux recule à 10,9 % en 2006. 29 nouveaux films néerlandais sortent sur les écrans (39 en 2005). Quatre d'entre eux captent 75 % de la recette totale générée par les films nationaux. Les films américains s'assurent 79,4 % des recettes 2006 et les films européens (hors films néerlandais) 9,3 %. UIP (Mission : Impossible 3) prend la tête du classement des distributeurs en 2006, avec une part de marché de 15,8 %. Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit est premier au box-office avec 1,5 million d'entrées.

Royaume-Uni Les premières statistiques communiquées par le UK Film Council indiquent qu’au Royaume-Uni, le secteur du cinéma présente un bilan très contrasté en 2006. Le volume global de la production retrouve un très bon niveau, notamment grâce à la mise en place d'un nouveau système d'incitations fiscales. Les entrées reculent, pour la seconde année consécutive, et rejoignent un niveau proche de celui de 2001. La part de marché du cinéma national chute nettement, rejoignant également le niveau moyen du début de la décennie. Après deux années consécutives de ralentissement de son activité, le secteur de la production au Royaume-Uni connaît une embellie en 2006. Selon le UK Film Council, les bons résultats du secteur de la production reflètent la confiance retrouvée de l'industrie du cinéma, grâce à la mise en place du nouveau système d'exonérations fiscales, entré en vigueur le 1er janvier 2007 avec un effet rétroactif pour les films britanniques tournés entre le 1er avril et le 31 décembre 2006. Le Royaume-Uni produit 134 films en 2006 pour un investissement total de 842,4 M£ (1,2 Md€). Le budget global de la production progresse de près de 46 % et signe le second meilleur résultat de son histoire après celui de 2003. En 2005, 131 films étaient produits pour un investissement global de 577 M£ (852 M€). Depuis 1997, les fluctuations des investissements sont principalement déterminées par les films étrangers tournés sur le territoire britannique. Le volume combiné des investissements dans les productions 100 % britanniques et dans les coproductions est sensiblement le même en 2006 qu'en 2005. Les 134 films produits par le Royaume-Uni en 2006incluent 50 films 100 % britanniques, 27 films étrangers produits principalement sur le territoire anglais et 57 coproductions. Selon les premières estimations du UK Film Council, les entrées des salles de cinéma au Royaume-Uni reculent en 2006, pour la seconde année consécutive. Avec près de 5 % d'entrées en moins, le niveau de la fréquentation rejoint celui de 2001. Après un début d'année positif, les entrées se tassent pratiquement tout au long de l'année. La belle performance du mois d'avril (+28 %), dynamisé par le succès de l'Age de glace 2, et la modeste hausse des mois de mai et de juillet, sans oublier l'embellie du mois de novembre, favorisée par la sortie de Casino Royale, ne parviennent pas à compenser les mauvais résultats des autres mois. Les recettes, soutenues par l'augmentation du prix des places, restent stables à 840 M£ (1,2 Md€) en 2006. Les vingt premiers films de l'année assurent 18,0 % de la recette totale. Ils génèrent ensemble 151 M£ (222 M€), soit un recul de 38,0 %. Trois films passent la barre des 30 M£ (44 M€) de recettes en 2006 et six films passent les 20 M£ (29 M€). Après deux années d'embellie, la part de marché du film britannique marque un net recul en 2006 et s'établit, selon les premières estimations, à 19 % contre 33 % en 2005. Le UK Film Council justifie cette baisse par le faible nombre de coproductions américano-anglaises produites au cours de l'année 2005 et sorties en 2006. Notamment grâce au succès de l'Age de glace 2, Borat, la Nuit au musée, X-Men - l'affrontement final, et le Diable s'habille en Prada, 20th Century Fox prend la tête du classement des distributeurs en 2006, avec une recette de 178,3 M£ (262 M€) et une part de marché de 20,9 %. Le premier distributeur indépendant, Entertainment, (les Infiltrés, le Secret de Brokeback Mountain) occupe la 6e place avec une recette de 67,5 M£ (99 M€) et une part de marché de 7,9 %. Avec une recette de plus de 55 M£ (81 M€), Casino Royale, coproduction anglo-américaine, prend la tête du classement des films en 2006 malgré sa sortie tardive au mois de novembre. Il est suivi de près par Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit qui génère 52,5 M£ (77 M€). Les vingt premiers films du box-office britannique bénéficient d'un financement américain.

Chine Selon les chiffres communiqués par le Bureau du Film de la State Administration of Radio, Film and Television (SARFT), les recettes des salles de cinéma en Chine progressent de 30,0 % en 2006 pour atteindre 2,62 Md de yuan (258 M€). 330 films sont produits, contre 260 en 2005. Toutefois, seuls 30,0 % d'entre eux sortent sur les écrans chinois. La part de marché des films nationaux s'établit à 55,0 % en 2006. Le top 10 de l'année est composé de cinq films chinois et de cinq films américains, les deux premières places étant occupées par des films locaux. The Curse of the Golden Flower (de Zhang Yimou) prend la tête du classement avec plus de 250 MY (25 M€), soit près de 10 % de la recette globale. Les 20 films américains sortis en Chine génèrent 850 MY (84 M€) en 2006, soit une part de marché de 32,0 % (30,0 % en 2005). Deux de ces films dépassent les 100 MY de recettes. Un film français, le Transporteur 2, occupe la 10e place du classement des films étrangers, avec une recette de plus de 30 MY. L'importation de films étrangers en Chine ne peut excéder le tiers du nombre total de films distribués au cours de l'année.

Corée du Sud Selon les statistiques communiquées par le Korean Film Council (KOFIC), l'industrie cinématographique en Corée du Sud présente un bilan nettement à la hausse en 2006. Depuis plusieurs années, le secteur du cinéma affiche une croissance considérable.Le nombre de films produits en Corée et le volume des investissements progressent fortement en 2006. 110 films sont produits (87 en 2005) pour un investissement global de 442,2 Mdwon (352 M€, +27,0 %). Le coût moyen de fabrication d'un film coréen se stabilise autour de 4 Mdwon (3,2 M€) en 2006, dont 2,58 Mdwon (2 M€) de coût de production et 1,44 Mdwon (1,1 M€) consacrés à l'édition des copies et aux frais de publicité. Pour mémoire, en 2000, 59 films étaient produits pour un coût moyen de fabrication de 2,15 Mdwon (1,7 M€). 1 847 écrans sont en activité à la fin de l'année 2006, répartis dans 306 établissements (1 648 écrans pour 301 établissements en 2005). Ils programment 359 films en 2006 dont 345 nouveaux films (47 de plus qu'en 2005). 114 d'entre eux sont des films coréens et 245 des films étrangers, dont respectivement 108 et 237 nouveaux films. Les entrées dans les salles de cinéma sud-coréennes progressent de 12,6 % en 2006 pour atteindre 163,9 millions, contre 145,5 millions en 2005. La fréquentation augmente pour la dixième année consécutive et son niveau progresse de plus de 150 % en six ans (65 millions d'entrées en 2000). Séoul, la capitale du pays, assure le tiers des entrées totales. Stimulées par la hausse des entrées, les recettes progressent de 12,8 % et atteignent 1 012,8 Mdwon (811 M€) en 2006. Avec une population de près de 49 millions d'habitants, l'indice de fréquentation dépasse, pour la premières fois, le seuil des 3 entrées et s'établit à 3,4 entrées annuelles par habitant. Le prix moyen de place atteint 6 181 won (environ 5 €) en 2006. La réduction du quota de programmation par écran (73 jours minimum consacrés aux films nationaux) est entrée en vigueur le 1er juillet 2006. Malgré cela, les films nationaux occupent une place prépondérante sur le marché coréen et franchissent pour la première fois de leur histoire le seuil des 60 % d'entrées. Ils génèrent 64,2 % des entrées et des recettes du pays en 2006, contre 59,0 % en 2005 (35,0 % en 2000). Les films américains captent 35,0 % des entrées. Le distributeur local CJ Entertainment domine le classement des distributeurs en 2006, avec une part de marché de 24,0 %. Le premier distributeur américain, Sony Pictures Releasing Buena Vista, occupe la 4e place du classement avec une part de marché de 7,4 %. Le film coréen The Host prend la tête du box-office 2006 et génère plus de 13 millions d'entrées sur l'ensemble du territoire. Sept des dix premiers films de l'année sont coréens. Le premier film américain, Mission : Impossible 3, est 5e avec 5,7 millions d'entrées.

 

États-Unis Selon les statistiques présentées par la Motion Picture Association of America, le secteur du cinéma aux Etats-Unis présente un bilan à la hausse en 2006. L'augmentation des entrées met un terme à trois années consécutives de baisse, sans toutefois rattraper la sévère chute de 2005. Les recettes récupèrent pratiquement le niveau perdu en 2005. Les coûts de production/distribution se stabilisent, la diminution des frais de publicité compensant l'augmentation du coût de production. A l'international, les recettes des films américains atteignent un niveau record, malgré la remontée de la part de marché des films nationaux dans les principaux pays étrangers. Les recettes des salles de cinéma américaines progressent de 5,5 % en 2006, dynamisées à la fois par la hausse des entrées et l'augmentation du prix moyen de la place. Les recettes atteignent 9,49 Md$ (7,1 Md€) en 2006. Le prix moyen de place progresse de 2,2 % à 6,55 $ (environ 5 €). Il augmente de près de 50 % en dix ans. En recul depuis 2003, les entrées progressent de 3,3 % en 2006. S'établissant à 1,45 milliard, elles rejoignent pratiquement le niveau du début de la décennie 2000. Elles restent toutefois inférieures de près de 12 % au record de 2002 (1,64 milliard d'entrées). L'indice de fréquentation progresse légèrement, sans toutefois repasser le seuil des 5 entrées annuelles, et s'établit à 4,8 entrées par habitant en 2006. Le secteur de l'exploitation poursuit son expansion amorcée en 2002. En 2006, le nombre d'écrans progresse de 2,1 % et atteint un record historique. 39 668 écrans, répartis sur 6 356 sites, sont recensés aux Etats-Unis (38 852 écrans sur 6 336 sites en 2005). La moyenne des entrées par salle diminue, de 37 000 en 2005 à 36 500 en 2006.

Après de nombreuses années de croissance, le nombre de films produits aux Etats-Unis marque un arrêt très net en 2006. 480 films sont produits, contre 699 en 2005. Ces chiffres incluent des films qui ne sortent jamais en salles et sont destinés directement au marché de la télévision et de la vidéo. Depuis 2003, les coûts de production/distribution sont en baisse de 5,5 %. Cependant, entre 2005 et 2006, on constate une nouvelle hausse du seul coût de production, tandis que les frais de publicité diminuent. Le budget moyen d'un film produit par les majors augmente de 9,7 %, passant de 60,0 M$ (45 M€) en 2005 à 65,8 M$ (49 M€) en 2006, tandis que les frais d'édition des copies et de marketing diminuent de 4,8 % pour atteindre 34,5 M$ (26 M€) en moyenne par film. Ainsi, le coût global d'un film produit par les majors en 2006 atteint en moyenne 100,3 M$ (75 M€) (99,7 M$ - 74 M€ - en 2005). En 2006, 607 films sont distribués dans les salles américaines (549 en 2005), dont 599 films inédits (535 en 2005) et 8 rééditions (14 en 2005). Les majors assurent la distribution de 203 nouveaux films, contre 190 en 2005. Les nouveaux films génèrent une recette moyenne de 15,8 M$ (12 M€) par film sur le territoire américain. A 32,7 M$ (24 M€), la recette moyenne des films des majors recule de 14,2 %. Avec une recette de 1,71 Md$ (1,3 Md€) et une part de marché de 18,6 %, Sony/Columbia prend la tête du classement des distributeurs en 2006, notamment grâce au succès de Da Vinci Code, Casino Royale, Talladega Nights et Click. Buena Vista, la Fox et Warner Bros rejoignent le club des distributeurs "milliardaires" en dollars en 2006. Le marché américain demeure insuffisant pour rentabiliser les films produits par les majors. Il ne couvre, en moyenne, qu'un tiers des coûts de production de ces films, le reste provenant des marchés internationaux et de la vidéo. Après la baisse déstabilisante de 2005, les recettes mondiales des majors, évaluées à 25,8 Md$ (19 Md€) en 2006, progressent de 11,0 % et dépassent le record absolu de 2004. La Fox prend la tête du classement des distributeurs à l'international en 2006, avec une progression de 25,0 % de ses recettes. Elle passe ainsi la barre des 2 Md$ (1,5 Md€), notamment grâce à X-Men - l'affrontement final, l'Age de glace 2, le Diable s'habille en Prada, Borat et la Nuit au musée.

Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit occupe la 1e place du box-office américain 2006, avec une recette de plus de 423 M$ (315 M€). Le nombre de films dépassant les 100 M$ de recettes se stabilise (18 films en 2006 comme en 2005). Les cinq premiers films dépassent 200 M$ (7 en 2005) mais seul le premier dépasse les 400 M$.

Hong Kong Selon la Motion Picture Industry Association, les salles de cinéma à Hong Kong génèrent une recette de 907 M$HK (88 M€) en 2006, soit une progression très marginale de 0,2 %. Avec une recette de 282 M$HK (27 M€), les 51 films nationaux sortis en 2006 assurent une part de marché de 31 %. Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit prend la tête du box-office de l'année, avec près de 36 M$HK (3,4 M€). Deux films de Hong Kong, Fearless et Rob-B-Hood, se placent parmi les dix premiers films.

Inde Selon les premières estimations du Film Information, les recettes des salles de cinéma en Inde progressent de 40 % en 2006. Elles sont estimées à 84,5 milliards de roupies (1,5 Md€). Les films indiens dominent presque entièrement le marché. Dhoom 2 prend la tête du box-office 2006 avec une recette de 1,6 MdR (28 M€). Le premier film américain, Casino Royale, génère seulement 39 MR (680 000 €). L'exportation des films nationaux vers les marchés étrangers reste un secteur clé de l'expansion de l'industrie cinématographique indienne. Actuellement, l'exportation des films assure seulement 10 % des revenus des producteurs locaux.

Japon Les premières statistiques communiquées par la Motion Picture Producers Association of Japan présentent un bilan des plus positifs pour le secteur du cinéma en 2006. Comme sur certains marchés occidentaux, les entrées et les recettes connaissent une embellie et le cinéma national, poursuivant la reconquête de son public, dépasse, en termes de part de marché, et pour la première fois depuis plus de vingt ans, le cinéma américain.

L'expansion du parc de salles, amorcée en 1993, se poursuit. De tous les marchés cinématographiques majeurs, le Japon reste, toutefois, le moins densément équipé. Le parc compte 3 062 écrans en 2006. C'est la première fois depuis 1970 qu'il repasse la barre des 3 000 écrans. 73 % des écrans sont implantés au sein de multiplexes. Les salles programment 821 nouveaux films en 2006 (en progression par rapport aux 731 films de 2005) dont 417 films japonais, niveau le plus élevé depuis 1971. Conservant sa réputation de loisir cher, le cinéma enregistre toutefois, pour la seconde année consécutive, un léger fléchissement de sa recette moyenne par entrée, qui s'établit à 1 233 yens en 2006 (environ 10 €). Grâce à un volume important de titres en exploitation et à la performance de plusieurs films, aussi bien nationaux qu'étrangers, qui ont trouvé leur public, le niveau des entrées et des recettes est en hausse en 2006. Les entrées progressent de 2,4 % et s'établissent à 164,3 millions (160,5 millions en 2005). C'est le second meilleur résultat depuis 1984, après le chiffre record de 2004 (170 millions). Conséquence de cette embellie, l'indice de fréquentation atteint 1,29 entrée par habitant.

Les recettes correspondantes augmentent dans la même proportion. Elles passent de 198,2 MdY en 2005 à 202,6 MdY (1,3 Md€) en 2006. 48 films franchissent la barre du milliard de yens de recettes (62 en 2005) dont 28 films japonais et 20 films étrangers, américains pour la plupart. Après avoir connu, en 2002, le plus mauvais résultat de son histoire (27,1 % de part de marché), le cinéma national poursuit, pour la quatrième année consécutive, la reconquête de son public et signe en 2006 un nouveau record en s'assurant plus de la moitié des recettes, devant les films américains. Sa part de marché progresse de près de douze points. Les films japonais génèrent une recette de 107,8 MdY (676 M€) en 2006, soit 53,2 % de part de marché, contre 41,3 % en 2005. Ils n'avaient plus franchi le seuil des 50 % depuis 1985. Avec 94,8 MdY (593 M€) en 2006, les films étrangers génèrent 46,8 % des recettes (58,7 % en 2005), au sein desquelles le cinéma américain conserve une position dominante. Notamment grâce à Tales From Earthsea, Toho prend la tête du classement des distributeurs avec une recette historique de 58,7 MdY (367 M€), soit plus de la moitié de la recette générée par les films nationaux et une part de marché de 29,0 %. Il place quatre films japonais parmi les dix premiers de l'année et huit parmi les vingt premiers. Harry Potter et la coupe de feu prend la tête du box-office 2006, avec une recette de 11 MdY (69 M€). Le premier film japonais, Tales From Earthsea, occupe la 4e place du classement (7,7 MdY – 48 M€). Quatre films japonais se placent dans le top 10 de l'année et onze dans le top 20.

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