Les enquêtes de Médiamétrie sur le cinéma
Les informations présentées sur le public des salles de cinéma sont issues de l'enquête " 75 000 Cinéma " réalisée par Médiamétrie. La population de l'enquête est représentative de la population âgée de six ans et plus, résidant en France métropolitaine.
Définitions :
La population cinématographique : comprend l'ensemble des individus âgés de six ans et plus étant allés au cinéma au moins une fois dans l'année.
Le taux de pénétration : population cinématographique / population totale.
La part d'un groupe d'individus dans la structure du public : individus concernés / population cinématographique.
La part d'un groupe d'individus dans la structure des entrées : entrées réalisées par les individus concernés / total des entrées.
Le nombre moyen d'entrées pour un groupe d'individus correspond au nombre moyen d'entrées annuelles d'un individu de la population cinématographique de ce groupe.
Les spectateurs assidus vont au moins une fois par
semaine au cinéma.
Les spectateurs réguliers y vont au moins une fois par mois (et moins
d'une fois par semaine)
Les spectateurs occasionnels au moins une fois par an (et moins d'une
fois par mois).
Les habitués du cinéma regroupent les assidus et les réguliers.
Pour la troisième année consécutive, la population cinématographique s’élargit. 34,8 millions d’individus de 6 ans et plus sont allés au cinéma au moins une fois en 2006, soit le plus haut niveau depuis la création de l’enquête "75 000 Cinéma" de Médiamétrie en 1993. Ce résultat dépasse le précédent record enregistré en 1998 (33,6 millions de spectateurs), année des 20,6 millions d’entrées de Titanic. La population cinématographique compte ainsi 1,6 million d’individus de plus qu’en 2005 (+4,9 %). En dix ans, elle a progressé de 13,2 %, soit une croissance plus rapide que celle de la population totale de référence (+4,6 %). Sur la même période, la fréquentation augmente de 26,4 %, le nombre moyen d’entrées par spectateur de 6 ans et plus passant de 4,9 en 1997 à 5,4 en 2006. La population cinématographique représente 61,8 % de la population totale des 6 ans et plus, contre 59,9 % en 2005 et 57,1 % en 1997.un public plus diversifié En 2006, les femmes génèrent davantage d’entrées en salles (53,4 %) que les hommes (46,6 %). Elles constituent 51,6 % de la population française et représentent 51,8 % des spectateurs (50,1 % en 2005). La croissance de la population cinématographique est ainsi essentiellement portée par le public féminin. 62,0 % des femmes sont allées au moins une fois en salle au cours de l’année (58,2 % en 2005), contre 61,6 % des hommes (61,7 % en 2005). Les spectatrices ont également fréquenté les salles plus souvent (5,6 fois en moyenne dans l’année) que les spectateurs (5,2 fois).
Pour la première année depuis la mise en place de l’enquête, les plus de 35 ans représentent plus de la moitié de la population cinématographique (51,1 % en 2006, contre 47,7 % en 2005 et 39,0 % en 1993). Ils génèrent près de la moitié des entrées (49,6 %, contre 46,5 % en 2005), soit 5,3 entrées par spectateur en moyenne. La part des seniors dans la population cinématographique augmente sensiblement (28,8 % de 50 ans et plus en 2006, contre 25,3 % en 2005), davantage que leur poids dans la population totale (38,2 % en 2006, 37,4 % en 2005). Néanmoins, cette croissance concerne un public plus occasionnel, le nombre annuel moyen d’entrées des 50 ans et plus reculant de 5,7 en 2005 à 5,2 en 2006. La pénétration du cinéma est en progression chez les 35-49 ans (60,5 %, contre 58,4 % en 2005). Si leur représentativité au sein du public varie peu (22,3 % en 2006, contre 22,4 % en 2005), leur contribution à la fréquentation croît sensiblement : les 35-49 ans génèrent 22,0 % des entrées en 2006 (contre 19,1 % en 2005), soit une moyenne de 5,3 entrées annuelles par spectateur (4,5 en 2005). Les 20-34 ans sont moins représentés au sein du public du cinéma (23,1 % en 2006, 25,1 % en 2005) mais également dans la fréquentation (25,8 % des entrées en 2006, 29,5 % en 2005). En 2006, la pénétration du cinéma apparaît en diminution sur cette tranche d’âge. Le poids des moins de 15 ans dans le public du cinéma est en baisse (15,8 % en 2006, 16,4 % en 2005). Leur assiduité au contraire se renforce, notamment celle des 6-10 ans qui vont en moyenne 4 fois au cinéma en 2006 (2,7 fois en 2005). En 2006, le public du cinéma présente un visage plus homogène : les écarts entre les générations tendent à se réduire, tant au niveau de la structure du public (loisir autant pratiqué par des jeunes que par des moins jeunes) que des habitudes de fréquentation (3,4 entrées annuelles de différence entre la tranche d’âge la plus assidue et la moins assidue en 2006, contre un écart moyen annuel de 4,9 entrées de 1993 à 2005).Cette homogénéisation se constate également par catégorie socioprofessionnelle. La population des CSP+ demeure la plus largement attirée par le cinéma (73,7 % d’entre eux sont allés au moins une fois au cinéma en 2006, contre 70,5 % en 2005). Toutefois, le nombre moyen d’entrées par spectateur est en légère baisse (6,3 en 2006, 6,6 en 2005). La pratique cinématographique s’élargit au sein des CSP- : 55,4 % de ces derniers vont au cinéma en 2006, contre 52,4 % en 2005. Ils fréquentent les salles en moyenne 4,5 fois dans l’année (3,5 en 2005), approchant le record enregistré en 2004 (4,6). Il en résulte un taux d’entrées en forte progression pour les CSP- qui génèrent 19,9 % de la fréquentation en 2006, contre 16,5 % en 2005. 41,1 % des retraités fréquentent les salles de cinéma en 2006. Ils n’étaient que 35,1 % en 2005 et 29,4 % en 1993.
L’élargissement de la population cinématographique s’opère davantage dans les zones rurales et les agglomérations de moins de 20 000 habitants pour lesquelles la pénétration du cinéma progresse sensiblement en 2006 (respectivement +4,4 points et +2,8 points). Elles concentrent 38,1 % du public (36,7 % en 2005) et 27,6 % des entrées en 2006 (24,7 % en 2005). Paris et les agglomérations de plus de 100 000 habitants ne rassemblent donc plus la majorité des spectateurs (49,2 % en 2006, 50,3 % en 2005). Elles captent cependant toujours la plus grande part des entrées (60,3 % en 2006) malgré le recul de leur poids dans la fréquentation (64,7 % en 2005).
élargissement du public occasionnel L’embellie de la fréquentation est traditionnellement synonyme de progression du public occasionnel. Ce constat se confirme en 2006 : le nombre de spectateurs occasionnels progresse de 9,4 % (contre 4,9 % pour l’ensemble de la population cinématographique) pour atteindre 22,7 millions de spectateurs. Les occasionnels composent ainsi 65,2 % du public (62,5 % en 2005). Ils génèrent 28,7 % de la fréquentation des salles (23,5 % en 2005), soit 54,1 millions d’entrées. La fréquentation des occasionnels progresse de 31,4 % entre 2005 et 2006, signe d’une année riche en films touchant un très large public. C’est notamment le cas des Bronzés 3 - amis pour la vie dont les occasionnels composent 43,9 % du public et de plusieurs films d’animation, tant français qu’américains, qui touchent un public jeune : Arthur et les Minimoys (57,4 % d’occasionnels), Bambi 2 (45,8 %), l’Âge de glace 2 (42,0 %), Azur et Asmar (39,6 %), Astérix et les Vikings (37,2 %), Cars (35,6 %). Les habitués (spectateurs réguliers ou assidus) concentrent toujours l’essentiel des entrées. En valeur, leur fréquentation reste stable par rapport à 2005 à 134,5 millions d’entrées. Ils génèrent 71,3 % de la fréquentation totale de l’année, soit la part la plus basse depuis 1995. En 2006, la population cinématographique compte moins de spectateurs assidus (-240 000 individus) et de spectateurs réguliers (-93 000 individus) qu’en 2005. Le public des salles s’élargit grâce aux seuls occasionnels dont la population progresse de près de 2 millions de spectateurs.
publixiné : l’outil barométrique de référence du public du cinéma Le CNC, Médiavision et Screenvision se sont associés pour mettre en place une enquête sur le public du cinéma : Publixiné. Mise en œuvre par l’institut Novatris, l’enquête est administrée par Internet auprès de 1 200 individus deux fois par mois. Elle permet de recueillir des données sur les spectateurs de 3 ans et plus. Opérationnel depuis le début de l’année 2005, cet outil barométrique a pour principal objectif la mesure de l’évolution hebdomadaire de la composition de l’audience du cinéma en général et de celle du public d’environ 300 films par an, films dont la combinaison de sortie excède 50 copies. En 2006, le public de 292 films a été étudié.
Le niveau de fréquentation hebdomadaire des salles de cinéma est fortement corrélé à la part des occasionnels dans le public: plus ces derniers sont nombreux, plus le nombre d’entrées est élevé. Ainsi, entre le 1er et le 21 février (semaines 5, 6 et 7), le succès des Bronzés 3 - amis pour la vie (sorti le 1er février en période de vacances scolaires) provoque un pic de fréquentation et un taux particulièrement élevé de spectateurs occasionnels au sein du public de la période. Les pics du 5 avril au 9 mai (semaines 14 à 18) s’appuient également sur la combinaison de vacances scolaires et de films porteurs : l’Âge de glace 2 (sorti le 5 avril), Astérix et les Vikings (12 avril), OSS 117 - le Caire, nid d'espions (19 avril), Camping (26 avril). L’été fait également apparaître une fréquentation portée par les spectateurs occasionnels. Elle est toutefois concentrée sur un nombre plus limité de titres : du 26 juillet au 22 août (semaines 30 à 33) une très forte part d’occasionnels (indices compris entre 111 et 128) se révèle dans un contexte de fréquentation plus contrastée (indices de 69 à 117) car essentiellement soutenue par un seul titre, Pirates des Caraïbes - le secret du coffre maudit, dont les spectateurs occasionnels composent 39,5 % du public. Les semaines où l’offre de films repose sur plusieurs titres attractifs pour toutes les catégories de spectateurs, l’impact des occasionnels sur la fréquentation apparaît dilué. C’est le cas notamment du 17 au 30 mai (semaines 20 et 21) avec, en parallèle au festival de Cannes, les sorties de films à large public (Da Vinci Code le 17 mai et X-Men - l'affrontement final le 24 mai) et de films d’auteurs très attendus (Volver et le Caïman le 17 mai, Marie-Antoinette le 24 mai). Durant cette période, les spectateurs occasionnels sont proportionnellement moins nombreux (indices 96 et 88), les réguliers (indices 108 et 111) soutenant la forte progression de fréquentation (indices 114 et 137). Cet effet d’offre explique également les écarts constatés la semaine du 1er au 7 novembre (semaine 44), l’indice de fréquentation hebdomadaire s’établissant à 131 et celui des occasionnels à 96. A cette date, sortent des films dont la fréquentation est particulièrement portée par les spectateurs réguliers : Scoop (55,9 % de réguliers)
Télécharger : Le rapport du CNC