3 heures 24 minutes de télévision par jour
Selon Médiamétrie, les Français regardent la télévision en moyenne 3h24 par jour en 2006, comme en 2004, soit deux minutes de moins qu’en 2005. Les individus recevant une offre élargie de chaînes consomment davantage la télévision (3h27). Les plus gros consommateurs demeurent les 35-59 ans avec 3h33 par jour (stable par rapport à 2005), contre 2h42 pour les 15-34 ans (2h48 en 2005) et 2h05 pour les 11-14 ans (2h14 en 2005). A titre de comparaison, la durée d’écoute par individu en France est inférieure à celles constatées en Amérique du Nord (4h10 au Canada, 4h31 aux Etats-Unis) et dans les principaux pays européens (3h32 en Allemagne, 3h36 au Royaume-Uni, 3h37 en Espagne et 3h59 en Italie). Chaque téléspectateur regarde, en moyenne, 1 023 heures et 52 minutes de programmes sur les chaînes hertziennes en clair (TF1, France 2, France 3, M6, Arte et France 5) en 2006. 57 heures sont consacrées aux films de cinéma, soit 5,6 % de la consommation télévisuelle individuelle (69 heures en 2005), 259 heures aux fictions télévisées, soit 25,3 % (260 heures en 2005), et 63 heures au sport (43 heures en 2005).
Le chiffre d’affaires des éditeurs vidéo se maintient (-1,4 %)
En 2006, les Français dépensent 1,66 milliard d’euros en achats de vidéogrammes. La dépense des ménages en vidéo est ainsi en baisse de 7,0 % par rapport à 2005. Le taux d’équipement des foyers français en lecteur de DVD s’établit à 77 % à la fin de l’année 2006. Le taux d’équipement en lecteur-enregistreur atteint 11,0 %.
Après la baisse de 12,0 % enregistrée entre 2004 et 2005, le chiffre d’affaires des membres du Syndicat de l’Édition Vidéo (SEV) est stable à 1,15 Md€ en 2006, contre 1,16 Md€ en 2005 (- 1,4 %). Le DVD constitue l’essentiel du marché de l’édition vidéo : il génère 99,7 % du chiffre d’affaires en 2006. La cassette VHS ne génère quasiment plus de recettes éditeurs. Un peu moins de 300 000 UMD sont commercialisés en 2006, générant 2,4 M€ de chiffre d’affaires, contre 6,0 M€ en 2005. La Haute Définition se profile comme la nouvelle source de recettes des éditeurs vidéo. Environ 42 000 supports HD sont vendus en 2006 (HD-DVD et Blu-Ray). Ils génèrent près de 680 000 € de recettes. Le marché de la location représente 4,5 % du chiffre d’affaires total de l’édition (location + vente). Avec près de 1,8 million de DVD disponibles à la location (2,3 millions en 2005), ce marché génère 51,4 M€ de chiffre d’affaires (64,7 M€ en 2005), en baisse de 20,6 % après une légère progression en 2005 (+6,9 %). Le marché de la location physique subit le développement de la vidéo à la demande (VOD) qui propose une offre locative dématérialisée à domicile.

la part du hors film progresse fortement
Le cinéma draine la majeure partie des recettes de l’édition vidéo. Il représente près des deux tiers des ventes de vidéogrammes. Sa part de marché décroît cependant d’année en année : elle s’établit à 62,3 % en 2006, contre 74,1 % en 2005. Elle était de 81,3 % en 2002. La part de marché du cinéma français (hors animation) est une nouvelle fois en recul à 11,0 % du chiffre d'affaires des éditeurs vidéo, contre 12,9 % en 2005 et 13,3 % en 2004. Le poids des films d’animation français est également en baisse : 0,8 % en 2006 contre 1,0 % en 2005. La part des films étrangers, bien que majoritaire, diminue une nouvelle fois : 50,4 % en 2006, contre 60,5 % en 2005 (67,4 % en 2002). Le poids des programmes « hors film » est en nette progression. En 2006, ils captent 37,7 % de l’ensemble des recettes des éditeurs (25,7 % en 2005 et 18,7 % en 2002). Sur l’ensemble des programmes « hors film », la part de l’humour et de la musique augmente en 2006. La fiction continue sa progression. Elle représente 41,0 % du chiffre d’affaires « hors film » (38,8 % en 2005 et 28,1 % en 2004) dont une part minoritaire est captée par les programmes français (6,6 % en 2006). Les programmes d’animation génèrent 12,5 % des recettes du « hors film », contre 16,7 % en 2005. Sur ce segment, la part de marché des programmes français est également très faible : 2,0 % en 2006.
CONSOMMATION VIDÉO : ACHATS D’ÉQUIPEMENTS ET DE SUPPORTS
la vidéo à l’ère de l’enregistrement numérique
L’année 2006 est marquée par une segmentation de plus en plus fine du marché des équipements vidéo, avec le développement de nouveaux matériels qui multiplient les fonctionnalités de lecture et d’enregistrement numérique. Ainsi, pour la première fois en 2006, les équipements offrant la possibilité d’enregistrement numérique sur DVD représentent plus de la moitié du chiffre d’affaires de vente d’équipements vidéo (53 %). Ces équipements grands publics sont désormais en concurrence directe avec les services audiovisuels (offres « multiplay ») proposés par les fournisseurs d’accès à Internet, qui offrent souvent des fonctionnalités identiques. En 2006, le marché se caractérise de nouveau par une diminution du prix des équipements vidéo. Selon les estimations de GFK, un lecteur de DVD de salon coûte, en moyenne, 55 € en 2006 contre 64 € en 2005 (-14 %). Les ventes de lecteurs de DVD de salon baissent de 21 % en 2006, pour atteindre 3,5 millions d’unités vendues. Le taux d’équipement en lecteur de DVD de salon s’établit à 76,9 % des foyers à fin 2006. Parallèlement, le taux d’équipement en magnétoscope recule à 65,7 %. En revanche, les ventes de lecteurs de DVD portables connaissent en 2006 une des plus fortes progressions jamais enregistrées sur le segment de l’équipement vidéo. Le nombre de lecteurs vendus double entre 2005 et 2006, pour atteindre 700 000 unités, ce qui porte le nombre total de lecteurs de DVD portables vendus depuis 2002 à près de 1,14 million. Le taux d’équipement des foyers en lecteur de DVD portable atteint ainsi 4,2 % à la fin de l’année 2006. En 2007, plus d’un million de lecteurs portables devraient être vendus. Les ventes de lecteurs-enregistreurs de DVD combinés à un magnétoscope ou à un disque dur connaissent également une forte croissance. Ainsi, le volume des ventes d’enregistreurs avec disque dur progressent de 94 % pour atteindre 680 000 unités. Ces enregistreurs représentent un tiers du chiffre d’affaires généré par les ventes d’équipement vidéo en 2006 et constituent le premier segment du marché devant les lecteurs de DVD de salon (26 %). A fin 2006, le parc d’enregistreurs de DVD avec disque dur atteint 1,1 million d’unités installées. Le nombre de combinés enregistreur de DVD - magnétoscope vendus progresse de 50 % pour atteindre 300 000 unités en 2006, sans doute en raison du souhait répandu des Français de convertir leur vidéothèque sur cassettes VHS en DVDthèque. Ainsi, 2006 apparaît comme l’année de la généralisation des lecteurs - enregistreurs combinés dans les foyers. Au total, le taux d’équipement en lecteur – enregistreur de DVD s’élève à 11,0 % à la fin de l’année 2006 (7,8 % à fin 2005). Les premiers lecteurs Haute Définition (HD-DVD ou Blu-Ray Disc) sont arrivés sur le marché français à l’automne 2006, à des prix encore élevés (1 300 € en moyenne pour un lecteur Blu-Ray Disc et 599 € pour un lecteur HD-DVD). A la fin janvier 2007, 7 000 lecteurs ont été vendus.
les supports
précisions méthodologiques Les résultats présentés ci-après sont issus du bilan vidéo GFK et du baromètre vidéo CNC-GFK réalisé par l’institut GFK à partir d’un panel de plus de 1 500 points de vente en France (grandes surfaces alimentaires, grandes surfaces spécialisées, vente par correspondance, en librairies, par Internet). Les ventes en kiosques et dans les stations services ne sont pas comprises dans le panel. Le taux de couverture du panel GFK est estimé à 90 % du marché total hors kiosques et stations services. Le segment de la location est exclu de ces analyses. Ces données retracent par extrapolation l’ensemble des achats réalisés par les consommateurs. A chaque support (VHS et DVD) sont associés un genre (film ou hors film, fiction, animation, documentaire, humour, …) et une nationalité. Ce rapprochement est effectué à partir des données du CNC. Sont considérées comme « films » toutes les œuvres ayant fait l’objet d’une exploitation en salles préalable à l’exploitation sur le marché de la vidéo. Les nationalités et les genres retenus pour les œuvres cinématographiques sont ceux enregistrés par le CNC.
En 2006, les Français dépensent 1,66 Md€ pour l’achat de VHS et de DVD. La dépense des ménages en vidéo est ainsi en diminution de 7,0 % par rapport à 2005. Le DVD capte désormais 99,8 % du marché (98,5 % en 2005 et 94,2 % en 2004). Les achats de DVD baissent de 5,9 % par rapport à 2005 et la VHS est en passe de disparaître. Les cassettes vidéo réalisent 4,3 M€ de recettes en 2006, soit une chute de 84,2 % par rapport à 2005.
135,9 millions de supports sont vendus en 2006 dont 134,9 millions de DVD qui constituent 99,3 % du marché en volume (97,5 % en 2005). Les Français achètent 5,2 % de supports de moins qu’en 2005. Pour la première fois depuis son lancement, le volume de DVD vendus est en baisse (- 3,5 %).
En 2006, le prix moyen de vente d’un DVD, à l’unité ou en coffret, se stabilise à 12,26 € (-2,4 %). Le léger tassement du prix moyen résulte de l’enrichissement des coffrets et de la baisse du prix des coffrets de plus de 3 DVD. En 2006, le prix moyen des DVD de catalogue est stable à 9,87 € et celui des nouveautés baisse, en moyenne, de 10,9 % à 16,03 €. En revanche, pour la première fois, le prix moyen des DVD vendus à l’unité progresse, passant de 13,80 € en 2005 à 14,50 € en 2006. Les ventes de DVD dont le prix est compris entre 17 € et 20 € constituent la principale tranche de prix du marché en 2006 et captent 24,2 % des recettes. Les ventes de DVD à moins de 3 € ne représentent que 0,6 % du chiffre d’affaires et 7,1 % des volumes. L’analyse par genre distingue deux univers : l’univers des films cinématographiques et l’univers du hors film. Les films cinématographiques regroupent l’ensemble des longs métrages ayant fait l’objet d’une exploitation en salles en France. Le hors film regroupe l’ensemble des œuvres éditées directement en vidéo et les autres programmes tels que les programmes télévisuels, les pièces de théâtre, les documentaires (hors longs métrages), les spectacles d’humour, les courts métrages, les programmes musicaux et les programmes divers (santé, forme, cuisine, etc.).
le hors film soutient le marché de la vidéo : +7,6 %
En 2006, le marché de la vidéo physique enregistre une progression de 7,6 % des recettes du hors film. Le hors film représente 44,5 % du marché (737,7 M€), contre 38,4 % en 2005. Toutefois, le cinéma continue de dominer le marché. Il enregistre 872,0 M€ de recettes, soit 52,6 % du total en 2006. Cette part de marché est de nouveau en baisse sensible par rapport à 2005 où les œuvres cinématographiques captaient 56,2 % du marché. En 2006, les recettes des films en vidéo sont en diminution de 13,1 % par rapport à 2005. 2006 est également marquée par le recul de moitié du chiffre d’affaires des opérations promotionnelles, qui représentent désormais 3,0 % des recettes du secteur.
En volume, 59,6 millions des supports vendus contiennent une œuvre cinématographique en 2006, soit une baisse de 6,1 % par rapport à l’année précédente. Ainsi, 43,8 % des DVD et VHS achetés par les Français sont des films (44,3 % en 2005). Le hors film représente 47,7 % des supports vendus en 2006 (37,1 % en 2005 et 32,9 % en 2004), soit, pour la première fois, davantage que le film.
stabilité de la part de marché des films français à un niveau élevé
En 2006, la part de marché des films français en vidéo s’établit à 22,6 % en valeur, contre 22,8 % en 2005. 13,1 millions de DVD et VHS de films français sont vendus, contre 13,8 millions en 2005 (-4,6 %). Le cinéma français génère 196,9 M€ de recettes, en baisse de 14,0 % par rapport à l’année précédente. Deux films français figurent parmi les 10 meilleures ventes de films en vidéo en 2006 et quatre parmi les 20 meilleures : Camping (6e du classement en valeur), les Bronzés 3 – amis pour la vie (8e), le Transporteur 2 (16e) et OSS117 – le Caire, nid d’espions (20e). 36,6 millions de DVD et VHS de films américains sont achetés par les Français en 2006, soit une diminution de 11,5 % par rapport à 2005. Le cinéma américain génère 526,6 M€ de recettes (- 18,4 % par rapport à 2005) et capte ainsi 60,4 % du marché, contre 64,3 % en 2005. En 2006, les films américains réalisent 6 des 10 meilleures performances des films en vidéo (8 en 2005) avec notamment l’Age de glace 2 (2e du classement en valeur), le Monde de Narnia – chapitre 1 (3e) et King Kong (4e). Les résultats des films européens en vidéo en 2006 sont en progression de 50,4 % en termes de chiffre d’affaires, notamment grâce à deux films britanniques : Harry Potter et la coupe de feu, qui occupe la tête du classement des films les plus vendus en vidéo, et Charlie et la chocolaterie, 7e au classement. La part de marché des films européens s’établit à 12,1 %, contre 7,0 % en 2005.
En 2006, les longs métrages d’animation enregistrent 14,4 % du chiffre d’affaires du cinéma en vidéo, contre 15,4 % en 2005. Les recettes associées au genre sont en baisse de 18,8 %. Toutefois, l’Age de glace 2 et Cars, respectivement 2e et 10e au classement en valeur des ventes en 2006, contribuent largement au niveau atteint par les films d’animation en vidéo. Après une année 2005 exceptionnelle, essentiellement imputable au succès de la Marche de l’empereur (11e du classement annuel des ventes tous genres confondus), le documentaire cinématographique s’effondre sur le marché de la vidéo. Son chiffre d’affaires s’établit à 9,0 M€ en 2006, en baisse de 63,0 % par rapport à 2005. Il demeure cependant largement supérieur à celui des années précédentes.
hors film : la fiction progresse de 28,1 %
En 2006, la fiction capte 42,9 % des recettes du marché du hors film en vidéo et s’impose de nouveau comme le genre le plus vendu sur ce segment (36,1 % en 2005). Elle génère près de 317 M€ de recettes, soit 28,1 % de plus qu’en 2005. La fiction en vidéo est très largement dominée par les œuvres américaines, notamment grâce aux séries Prison Break, Desperate Housewives, Lost et Grey’s Anatomy dont les coffrets figurent dans le classement des 20 meilleures ventes en valeur de hors film. La part de marché des fictions françaises est en légère baisse (15,0 % en 2006, contre 16,9 % en 2005), malgré la croissance de 13,7 % du chiffre d’affaires associé, notamment soutenu par les performances de Kaamelott (deux coffrets parmi les meilleures ventes hors film). En 2006, le deuxième segment du hors film est celui de la musique. Il représente 17,8 % des ventes en valeur (20,2 % en 2005) malgré une baisse du chiffre d’affaires de 5,4 % par rapport à l’année précédente. La part de marché des programmes français est nettement plus élevée sur ce segment et atteint 52,9 % en 2006, contre 48,3 % en 2005 et 48,8 % en 2004. Elle s’appuie notamment sur les très bonnes ventes des DVD du Roi Soleil, de Mylène Farmer, des Enfoirés et de Johnny Hallyday qui figurent tous parmi les 20 meilleures ventes hors film. Le troisième segment du hors film en 2006 est celui des programmes de fiction ou d’animation à destination des enfants. Il représente 16,9 % des ventes en valeur, en baisse toutefois de 10,6 % par rapport à 2005. Les titres les plus performants sont américains et se composent principalement des suites, uniquement sorties en vidéo, d’œuvres cinématographiques ayant rencontré un très grand succès en salles (Frère des ours 2, Cendrillon 2). La part de marché des programmes français se maintient dans l’animation et la fiction pour enfant (18,2 % en 2006, contre 17,0 % en 2005) mais le chiffre d’affaires associé fléchit légèrement (-4,0 %).
En quatrième position, les spectacles d’humour enregistrent 14,8 % des recettes vidéo hors film en 2006. Sur ce segment, les humoristes français réalisent la quasi-totalité des recettes (98,7 % en 2006, 98,8 % en 2005). Les spectacles de Gad Elmaleh, Florence Foresti, Franck Dubosc et Dany Boon occupent 4 des 5 premières places du classement hors film. Le documentaire demeure un genre marginal du hors film en vidéo (6,0 % des recettes en 2006). Cependant, son chiffre d’affaires progresse de 30,6 %, après une année 2005 en recul (-19,6 %). La part de marché du documentaire français demeure nettement majoritaire (98,1 % en 2005, 95,5 % en 2006).
87,3 % des achats vidéo en grandes surfaces
En 2006, les hypermarchés et supermarchés captent 48,0 % du chiffre d’affaires total de la vente en vidéo (hors kiosques et stations services), contre 49,7 % en 2005. Les grandes surfaces spécialisées (FNAC, Virgin, etc.) gagnent de nouveau des parts dans le chiffre d’affaires vidéo : elles passent de 37,3 % en 2005 à 39,3 % en 2006 (34,5 % en 2004). Les autres circuits de distribution (notamment la vente par correspondance et par Internet) perdent 0,3 point de part de marché et captent 12,7 % des achats en valeur en 2006.
Au total, 41 000 références de DVD et 2 400 références de VHS sont proposées en 2006 dans les grandes surfaces spécialisées. Gage d’une plus grande diversité de l’offre, ces dernières mettent en vente 1,50 fois plus de références vidéo que les hypermarchés et supermarchés (1,56 en 2005 et 1,73 en 2004). En revanche, pour la première fois en 2006, le nombre de références disponibles
2006 : DÉVELOPPEMENT DE LA VIDÉO À LA DEMANDE EN FRANCE Si l’année 2005 a marqué l’émergence de la vidéo à la demande (VOD) en France et le lancement de nombreuses plates-formes, 2006 est celle de l’enrichissement des catalogues et du développement des offres commerciales. Ce nouveau mode de distribution, directement lié à la « révolution numérique », est une nouvelle composante du marché qui pourrait en modifier profondément le fonctionnement dans les années à venir. Les opérateurs sont encore à la recherche des modèles économiques de la vidéo à la demande et testent différentes propositions commerciales. accès aux services de VOD via l’ordinateur ou le téléviseur Les services de vidéo à la demande sont désormais accessibles soit par des plates-formes Internet, qui proposent tous types de contenus vidéos pouvant être visionner sur l’écran d’un ordinateur ou sur un téléviseur via un câble de raccordement, soit par IP TV. Les fournisseurs d’accès Internet (FAI) proposent désormais chacun une ou plusieurs plates-formes de vidéo à la demande dans leur offre « triple play ». Elles sont accessibles par un canal de la télévision IP et proposent des contenus en location (« streaming »), visionnables directement sur un téléviseur. Ce service est facturé directement par l’opérateur Internet. Sur Internet, les contenus sont proposés à la location (téléchargement temporaire) ou à la vente (téléchargement définitif). Les fichiers vidéos sont protégés contre la copie par des DRM (Digital Right Management) et ne peuvent généralement être visionnés que sur l’écran de l’ordinateur depuis lequel ils sont téléchargés. Cependant, certaines plates-formes commencent à offrir la possibilité de graver les contenus sur DVD afin qu’ils puissent être visionnés sur un écran de télévision via un lecteur de salon. 27 plates-formes à fin 2006
Fournisseurs d’accès Internet, chaînes de télévision, agrégations de producteurs indépendants, éditeurs vidéo, distributeurs de produits culturels ou acteurs du monde de l’Internet, les platesformes françaises de vidéo à la demande sont proposées par de multiples opérateurs. A fin 2006, 27 plates-formes proposent un service de VOD en France dont 6 en accès par IP TV : - Sites Internet : ArteVod, Canalplay, Cinézime, EasyVod, Editions Montparnasse, Fnac, France Télévisions, Glowria, Iminéo/W4tch, Institut National de l’Audiovisuel, M6 Vidéo, Matisse Films, Paris Première, Télésavoirs, UniversCiné, Skouk, TF1 Vision, Toondra, TPS VoD, VirginMéga, Vodéo, VoDMania/Premium Films. - IP TV (accès pour les abonnés) : Alice (offre VirginMéga), Club-Internet, Free (offres Canalplay + I-Concerts + TF1 Vision + M6 Vidéo), Neuf Cegetel (offres Glowria + TF1 Vision), Noos (offres TF1 Vision + Vodéo + MTV Overdrive), Orange (service 24/24).
une grande diversité de contenus disponibles
Certaines plates-formes proposent des contenus variés ; films cinématographiques, œuvres audiovisuelles, contenus inédits, programmes à destination de la jeunesse ou réservés aux adultes. C’est le cas notamment de Canalplay ou de Glowria. D’autres plates-formes sont spécialisées dans certains types de contenus comme Vodéo (documentaire) ou Cinézime (cinéma indépendant). A fin novembre 2006, 1 311 films cinématographiques dont 46,3 % de films français sont proposés en vidéo à la demande sur les 7 plates-formes les plus importantes. 21,8 % de ces films sont des nouveautés, sorties en salles depuis moins de trois ans. Les programmes audiovisuels, c’est-à-dire les contenus initialement produits pour la télévision, sont de plus en plus souvent proposés en VOD en « catch-up TV » sur les plates-formes des chaînes de télévision. Ils sont alors généralement disponibles en accès gratuit juste après leur diffusion télévisuelle, pendant une période limitée (une semaine la plupart du temps). Au-delà de cette période, ils sont proposés en accès payant. De plus en plus de contenus inédits, qui n’ont fait l’objet d’aucune diffusion en salles, sur DVD ni à la télévision, sont proposés en vidéo à la demande. Certains de ces programmes sont d’ailleurs spécifiquement produits pour le marché de la VOD.
paiement à la séance ou abonnement illimité
A ce jour, le paiement à l’acte est le modèle qui régit l’économie de la vidéo à la demande. Le plus souvent, le « pré-paiement » est de rigueur. Cependant, certaines plates-formes commencent à proposer des formules d’abonnement permettant un nombre de visionnages illimité pour un tarif fixe par mois. Pour l’instant, ces formules concernent essentiellement les programmes à destination de la jeunesse et les programmes audiovisuels dans leur ensemble. Pour exemple, Vodéo propose via Free un abonnement à 7,99 € par mois pour un accès illimité à l’ensemble du catalogue de documentaires de la plate-forme. I-Concerts propose également un abonnement via Free, à 5,99 € par mois.
les tarifs : un prix plafond à 20 €
A la location, c’est-à-dire pour un nombre illimité de visionnages pendant une période déterminée, les œuvres cinématographiques sont proposées de 1,99 € (pour les films de catalogue sortis en salles depuis plus de 36 mois) à 4,99 € (pour les nouveautés). Les épisodes de séries de fiction télévisuelle sont généralement offerts de 0,49 € à 2,99 €, les documentaires de 0,99 € à 7,99 € (abonnement), les programmes pour enfants (animation) de 0,49 € à 1,99 €, les programmes pour adultes de 6,99 € à 10,00 €, les courts métrages de 0,49 € à 1,50 €. Les quelques programmes disponibles en Haute Définition (essentiellement des films récents) sont proposés au tarif de 5,99 €. A la vente, les tarifs sont plus proches de ceux pratiqués dans l’édition vidéo physique. Une nouveauté cinématographique disponible 33 semaines après sa sortie en salles sera vendue 19,99 € en téléchargement définitif. Un film de catalogue est proposé entre 9,99 € et 14,99 €, un vidéo-clip à 2,49 € s’il est disponible en accès payant. Quelques plates-formes testent la gratuité pour certains programmes. Les émissions proposées en « catch-up TV » sur les sites VOD des chaînes de télévision sont, la plupart du temps, disponibles gratuitement pendant une semaine. D’autres plates-formes choisissent l’insertion de coupures publicitaires selon le modèle économique classique de la télévision gratuite. L’INA (Institut national de l’audiovisuel) teste actuellement cette formule pour certains des contenus proposés sur son site de vidéo à la demande.
Pratiques de la VOD en France
Fin 2006, le CNC a réalisé une étude sur les pratiques des Français en matière de vidéo à la demande (VOD). Cette étude s’appuie sur un sondage en ligne auprès de 3 761 individus âgés de 15 ans et plus réalisé du 25 octobre au 27 novembre 2006 par l’institut Novatris.
A fin 2006, la VOD bénéficie d’une notoriété importante puisque 62,7 % des internautes en ont entendu parler. 4,4 % des internautes ont déjà effectué un téléchargement en vidéo à la demande, soit près de 850 000 individus. Les deux tiers des utilisateurs de services de VOD sont des hommes. Si 4,4 % des internautes ont déjà consommé en vidéo à la demande, ce taux s’élève à 6,2 % pour la population masculine et à 2,8 % seulement pour la population féminine. Les 15-19 ans représentent 12,3 % des internautes et 9,0 % des utilisateurs de services de VOD. Les utilisateurs des services de VOD sont plus fréquemment âgés de 25 à 34 ans. C’est au sein de cette tranche d’âge que se trouve proportionnellement le plus d’utilisateurs (7,7 % des internautes contre 4,4 % tous âges confondus). Les actifs, et notamment les CSP+, apparaissent sur-représentés parmi les utilisateurs des services de VOD. La pénétration de la vidéo à la demande est d’autant plus forte que le rythme de fréquentation des salles est soutenu. Acheter fréquemment des DVD prédispose également à consommer des films et des programmes audiovisuels en vidéo à la demande et, quel que soit le rythme de location, le fait de louer des DVD favorise la consommation VOD. De plus, la pratique de la VOD est d’autant plus élevée que le rythme de location vidéo est soutenu. Les utilisateurs de services de VOD ont téléchargé 2,5 programmes, en moyenne, au cours des trois derniers mois. La plupart d’entre eux (85,6 %) en ont téléchargé entre un et quatre. L’essentiel des dépenses de VOD concerne les films cinématographiques qui sont l’objet de 56,4 % des transactions, les films français en captant 24,4 % et les films américains 27,3 %. Les séries télévisées et les concerts/spectacles sont également appréciés (respectivement 9,9 % et 11,7 %). Pour 92,3 % des internautes ayant entendu parler de vidéo à la demande, cette dernière permet une liberté horaire pour le visionnage. En deuxième lieu, pour 92,2 % d’entre eux, la VOD constitue un moyen légal de visionner des contenus téléchargés sur Internet. Le troisième avantage mis en évidence réside dans la possibilité d’éviter de sortir pour louer un DVD (85,4 %). L’ergonomie globale des sites de VOD est positivement appréciée par 85,6 % des utilisateurs. La durée accordée pour le visionnage (83,8 %) et les délais de téléchargement (83,2 %) recueillent également de forts taux de satisfaction. 93,5 % des internautes ayant déjà consommé en VOD désirent poursuivre ce type de démarche, ce qui illustre la forte satisfaction vis-à-vis du service. 18,6 % souhaitent même renouveler l’expérience régulièrement. Par ailleurs, 42,0 % des internautes n’ayant jamais encore fait l’expérience de la VOD expriment l’intention de la tenter. Au total, près de la moitié des internautes (45,6 %) pourraient à moyen terme devenir des usagers de la vidéo à la demande.
Télécharger : Le rapport du CNC (partie TV, partie vidéo)