Au cours de l’année 2009, les salles de cinéma réalisent 200,93 millions d’entrées, soit 5,7 % de plus que l’année précédente. Le seuil des 200 millions d’entrées est ainsi franchi pour la première fois depuis 1982. En 2009, les films français génèrent 73,99 millions d’entrées. L’Âge de glace 3 occupe la première place au box-office 2009 avec 7,74 millions d’entrées. La recette moyenne par entrée est en hausse de 2,2 % et s’établit à 6,14 €.
Plus de 200 millions d’entrées

Depuis 1938 la fréquentation des salles de
cinéma est passé par 7 moments :
1) un point haut au milieu des années 1950 (autour de 400 millions d'entrées)
2) un effondrement vertigineux au cours des années 1960
3) une stabilisation aux environs de 180 millions d'entrées dans les années
1970
4) une rémission passagère au début des années 1980
5) une rechute jusqu'à l'orée des années 1990
6) un véritable renouveau dans les années 1990
7) une vitesse de croisière (avec à-coups) à 185 millions d'entrées dans les
années 2000.
Avec 200,93 millions de billets vendus en 2009, les entrées en salles progressent de 5,7 % par rapport à 2008. Il s’agit de la meilleure performance depuis 1982 (201,93 millions d’entrées) et ce n’est que la deuxième fois depuis 1968 (203,24 millions d’entrées) que le seuil des 200 millions d’entrées est franchi. 21 films dépassent deux millions d’entrées en 2009, contre 14 en 2008. Parmi eux, 7 films réalisent plus de quatre millions d’entrées (4 films en 2008). 2009 est également une année positive pour les autres principaux marchés européens. L’Allemagne affiche une croissance de ses entrées de 13,1 %, le Royaume-Uni de 5,7 % et la Pologne de 16,1 %. L’Espagne enregistre pour la première fois depuis cinq ans une progression de sa fréquentation (+1,5 %). Parmi les principaux pays, seule l’Italie voit sa fréquentation marquer le pas en 2009 (-0,4 %). En France, la progression des entrées s’accompagne d’une hausse légèrement plus marquée des recettes guichets (+8,0 %), conséquence d’une augmentation de la recette moyenne par entrée. Cette dernière passe de 6,01 € en 2008 à 6,14 € en 2009 (+2,2 %). La hausse s’explique principalement par le succès des films diffusés en relief, pour lesquels le prix du billet est systématiquement majoré de 2 € à 3 €. En 2009, 6,69 millions de séances payantes sont organisées dans les salles de cinéma (+1,8 % par rapport à 2008). L’activité d’exploitation cinématographique n’a jamais été aussi importante depuis l’existence de cette statistique (1980). À titre de comparaison, entre 2000 et 2009, 6,0 millions de séances sont programmées chaque année en moyenne, contre une moyenne annuelle de 4,1 millions au cours des deux précédentes décennies. En dix ans, 1,84 milliard d’entrées ont été réalisées dans les salles françaises, contre 1,35 milliard au cours de la précédente décennie (+36,0 %) et 1,68 milliard entre 1980 et 1989 (+9,4 %).
Films français : une part de marché en recul, mais un niveau de fréquentation élevé
La part de marché des films français s’établit à 36,8 % en 2009, contre 45,3 % en 2008. Grâce au succès de Bienvenue chez les Ch’tis, l’année 2008 avait vu les films français enregistrer leur plus forte part de marché depuis 1984. En 2009, les films français réalisent 73,99 millions d’entrées, soit 14,1 % de moins qu’en 2008. Ce niveau d’entrées demeure néanmoins élevé au regard de la moyenne des dix dernières années : depuis 2000, les films français recueillent en moyenne 69,82 millions d’entrées. En incluant les entrées réalisées à l’international, 141 millions d’entrées sont réalisées en 2009 par les films français (environ 169 millions en 2008 et 132 millions en 2007). Les films américains enregistrent 99,91 millions d’entrées (+21,6 % par rapport à 2008). Il s’agit du plus haut niveau atteint depuis 2000 (103,28 millions d’entrées). La part de marché du cinéma américain progresse de 6,5 points et s’établit à 49,7 % en 2009, soit un niveau équivalent à celui de l’année 2007 (49,0 %). Les films européens bénéficient en 2009 d’une progression de leurs entrées plus importante (+10,8 %) que la progression générale (+5,7 %). Ils cumulent 20,20 millions d’entrées, contre 18,24 millions en 2008. Le cinéma européen profite des performances de films britanniques tels que Harry Potter et le Prince de sang-mêlé (6,03 millions d’entrées) et Slumdog Millionaire (2,70 millions d’entrées). Les films britanniques enregistrent une progression de 37,1 % de leurs entrées à 13,71 millions. Au total, huit films européens cumulent plus de 500 000 entrées en 2009 (cinq en 2008, sept en 2007). Ces succès européens présentent une plus grande diversité que les années précédentes. Quatre nationalités sont représentées, contre deux en 2008 et 2007. À titre d’exemple, Millenium est le plus grand succès du cinéma suédois en France (1,22 million d’entrées) depuis Cris et Chuchotements d’Ingmar Bergman en 1973.

Les films non européens et non américains bénéficient également du niveau exceptionnel de fréquentation en 2009. Ils cumulent 6,83 millions d’entrées, contre 3,57 millions en 2008, portés par le succès de films australiens tels que Prédictions (1,40 million d’entrées) et Australia (0,91 million d’entrées sur 2009). À 3,4 %, leur part de marché atteint son niveau le plus élevé depuis 2004 (1,9 % en 2008). 588 longs métrages sont projetés pour la première fois en 2009 sur les écrans français (555 en 2008). Ils concentrent 93,4 % des entrées totales enregistrées au cours de l’année. Les films sortis en 2008 génèrent 4,1 % des entrées en 2009, soit la plus faible part des dix dernières années. En 2009, le niveau élevé de fréquentation n’est pas seulement le résultat de la performance de quelques titres, mais le signe d’un marché général plus dynamique. La concentration de la fréquentation apparait moins élevée qu’au début de la décennie, les 100 films les plus performants totalisant 77,2 % des entrées annuelles (76,2 % en 2008). La concentration s’atténue sur les 30 films les plus performants, captant l’une des parts d’entrées les plus faibles des dernières années. Ils cumulent 46,8 % des entrées en 2009 (47,4 % en 2008). Cette évolution est encore plus marquée sur les 20 premiers et les 10 premiers films. Ces derniers concentrent 24,7 % des 200,93 millions d’entrées réalisées en 2009, contre 29,2 % des 190,08 millions d’entrées de l’année 2008. Au cours de la décennie, seule l’année 2005 avait enregistré une concentration des entrées plus faible sur les dix films les plus performants (24,0 %).
Un nombre record de films réalisant plus de 500 000 entrées
L’année 2009 compte un nombre record de films dépassant le seuil des 500 000 entrées : 100 films, soit 5,3 % de plus qu’en 2008 et 31,6 % de plus qu’en 2007. 50 films réalisent plus d’un million d’entrées (+11,1 % par rapport à 2008). 8,5 % des 588 nouveaux films distribués en 2009 atteignent le million d’entrées, contre 7,9 % des 555 nouveaux films de 2008. Parmi les films millionnaires, sept franchissent le seuil de 4 millions d’entrées (quatre en 2008, sept en 2007). 18 films français réalisent plus d’un million d’entrées en 2009, soit un titre de plus qu’en 2008. Six films français franchissent les 2 millions d’entrées (cinq en 2008) dont un dépasse 4 millions d’entrées (deux en 2008). Parallèlement, 28 films américains réalisent un million d’entrées en 2009 (26 en 2008) dont 13 dépassent le seuil des 2 millions (8 en 2008). Cinq films américains réalisent plus de 4 millions d’entrées, contre deux en 2008. En 2009, la première place du box-office est occupée par l’Âge de glace 3. Avec 7,74 millions d’entrées, c’est ce volet de l’Âge de glace qui réunit le plus de spectateurs. Les trois volets de la série totalisent près de 17,5 millions d’entrées en France à ce jour. Avatar, sorti à mi-décembre, occupe la deuxième place du classement avec 6,20 millions d’entrées réalisées en 2009. Le sixième épisode des aventures de Harry Potter, Harry Potter et le Prince de sang-mêlé, complète le podium avec 6,03 millions d’entrées. La série Harry Potter a réalisé en France plus de 45 millions d’entrées depuis le premier volet sorti en 2001. Les trois films les plus performants de l’année 2009 cumulent 19,97 millions d’entrées, soit 9,9 % du total annuel. En 2008, les trois films ayant réalisé le plus d’entrées cumulaient 16,6 % de la fréquentation annuelle. À la quatrième place se trouve le premier film français de l’année, le Petit Nicolas, qui réalise 5,50 millions d’entrées. Quatre films américains et deux films français complètent le classement des dix films les plus performants de 2009.
Depuis janvier 2008, 7 films ont réalisé plus de cinq millions d’entrées dont 3 films français. Au total au cours des deux dernières années, 20 films génèrent plus de trois millions d’entrées dont 5 films français (18 films dont 4 français entre janvier 2007 et décembre 2008).
En 2009, l’offre de films d’animation atteint son niveau le plus haut : 35 titres sont distribués, contre 22 en moyenne entre 2000 et 2008. L’animation génère en moyenne davantage d’entrées par film que les autres genres : elle concerne 6,0 % des films inédits en 2009 et génère 15,4 % des entrées de ces films (4,0 % de l’offre et 9,9 % des entrées en 2008). Parmi les dix films ayant réalisé le plus d’entrées en 2009 figurent trois films d’animation : l’Âge de glace 3, Là-haut et Arthur et la vengeance de Maltazard. En 2009, les films français génèrent 17,9 % des entrées de l’ensemble des films d’animation (7,4 % en 2008) grâce au succès du deuxième volet des aventures d’Arthur. L’offre de documentaires en première exclusivité atteint également son niveau le plus élevé de la décennie avec 71 films distribués en 2009, contre 50 titres en moyenne sur la période 2000-2008. Ils représentent 12,1 % des films en première exclusivité (10,5 % en 2008) et ne génèrent que 1,6 % des entrées (1,0 % en 2008). En 2009, un seul documentaire franchit le seuil du million d’entrées (Michael Jackson’s This Is It, 1,55 million d’entrées). Les documentaires français captent 31,0 % des entrées du genre, soit une part nettement inférieure à celle de 2008 (59,4 %) et équivalente à celle de 2007.
La comédie génère traditionnellement la plus grande part de la fréquentation en France. 127 comédies en première exclusivité sont proposées sur les écrans français en 2009, soit 21,6 % de l’offre totale de films (116 films et 10,5 % en 2008). Quinze comédies réalisent plus d’un million d’entrées (onze en 2008). Le genre cumule 30,2 % de la fréquentation, contre 34,6 % en 2008. Les films français assurent chaque année plus de la moitié des entrées des comédies. En 2009, cette part atteint 71,4 % (75,5 % en 2008). Douze comédies françaises dépassent le seuil du million d’entrées (six en 2008).
+37,4 % d’entrées pour les films Art et Essai
En 2009, les films recommandés Art et Essai profitent davantage de la progression de la fréquentation que les films non recommandés. Leurs entrées augmentent de 37,4 % par rapport à 2008 et leur part de marché atteint 27,6 % (21,2 % en 2008). Neuf films recommandés réalisent plus d’un million d’entrées en 2009 (huit en 2008), parmi lesquels cinq films américains, trois films français et un film britannique. Gran Torino est le film recommandé qui cumule le plus d’entrées (3,44 millions). 42,2 % des entrées enregistrées par les films recommandés concernent des films français en 2009 (45,0 % en 2008). Cette part s’établit à 34,5 % pour les films américains (31,5 % en 2008). Le Concert est le film français recommandé Art et Essai qui obtient le plus d’entrées (1,61 million).
Un été 2009 record
En 2009, la fréquentation est soutenue tout au long de l’année. Pour la première fois depuis 2001, aucun mois n’enregistre moins de 10 millions d’entrées. Le premier trimestre subit un recul de 16,9 %. Toutefois, ce repli apparait limité, compte tenu du caractère exceptionnel du premier trimestre 2008 qui avait connu un niveau particulièrement élevé de fréquentation, consécutif au succès de Bienvenue chez les Ch’tis. Avec 52,06 millions d’entrées, le résultat du premier trimestre 2009 est supérieur à la moyenne constatée entre 2000 et 2007 sur les trois premiers mois de l’année (51,0 millions d’entrées). Deux films franchissent les trois millions d’entrées au début de l’année, LOL (Laughing Out Loud) (3,63 millions) et Gran Torino (3,44 millions). La fréquentation du deuxième trimestre présente une progression de 11,2 % par rapport à 2008. Elle est portée par de nombreux films enregistrant plus d’un million d’entrées, parmi lesquels Safari (sorti le 1er avril - 1,96 million), OSS117 Rio ne répond plus (sorti le 15 avril - 2,51 millions), X-Men Origins Wolverine (sorti le 29 avril - 1,95 million) ou Anges & Démons (sorti le 13 mai - 2,04 millions).
Le troisième trimestre confirme et amplifie la tendance constatée depuis le début de l’année. La fréquentation affiche une progression de 22,5 % par rapport à 2008. Avec 20,86 millions d’entrées, le mois de juillet 2009 présente le plus haut niveau jamais atteint en juillet depuis l’existence des statistiques mensuelles (1980). Par rapport à juillet 2008, 7,56 millions d’entrées supplémentaires sont réalisées, soit une progression de 56,9 %. Sept films génèrent plus de deux millions d’entrées au cours de l’été, dont l’Âge de glace 3 (sorti le 3 juillet), Harry Potter et le Prince de sang-mêlé (sorti le 15 juillet), Là-haut (sorti le 29 juillet) et Neuilly sa mère ! (sorti le 12 août). Les mois d’août et de septembre présentent une progression respective des entrées de +2,0 % et de +6,9 % par rapport à 2008. Le mois de septembre s’achève avec la sortie du films français qui réalise le plus d’entrées en 2009, le Petit Nicolas.
À partir des vacances de la Toussaint, les sorties de films vont soutenir la progression de la fréquentation jusqu’à la fin du mois de novembre : Lucky Luke, Michael Jackson’s This Is It, puis 2012, le Concert et Twilight – Chapitre 2 : Tentation. Ces films obtiennent entre 1,6 et 4,5 millions d’entrées. Au total, 9 films sortis entre fin septembre et fin novembre génèrent plus d’un million d’entrées dont 3 dépassent trois millions d’entrées. Les mois d’octobre et de novembre affichent ainsi de nettes progressions de la fréquentation (respectivement +9,5 % et +14,8 %). L’année 2009 s’achève sur un mois de décembre particulièrement dynamique (+24,5 %). La sortie de Arthur et la vengeance de Maltazard le 2 décembre (3,50 millions d’entrées) et surtout de Avatar le 16 décembre (6,20 millions d’entrées sur les deux dernières semaines de l’année) permettent au mois de décembre d’enregistrer l’un de ses meilleurs résultats de la décennie et à l’année 2009 de franchir le seuil des 200 millions d’entrées pour la deuxième fois en quarante ans. Au global, le dernier trimestre de l’année 2009 enregistre une augmentation de 16,7 % par rapport au dernier trimestre 2008.
Plus de la moitié des entrées le week-end
Grâce à sa nouvelle application informatique de gestion des déclarations de recettes (Cinédi), le CNC est désormais en mesure de produire des résultats de fréquentation par jour. Les spectateurs privilégient toujours la sortie cinéma au cours du week-end. 54,9 % des entrées s’effectuent entre le vendredi et le dimanche en 2009 (55,2 % en 2008). Le poids du mercredi se renforce. Jour de sortie des films, il capte 13,3 % des entrées de l’année, contre 12,4 % en 2008. À l’inverse, le lundi et le mardi concentrent moins d’entrées en 2009. Leur part cumulée atteint 21,2 %, contre 21,9 % en 2008.
Une progression de la fréquentation plus marquée dans les grandes villes
En 2009, la progression de la fréquentation se constate sur l’ensemble du territoire français, sauf dans les communes et unités de moins de 20 000 habitants (-0,2 %). C’est en Ile-de-France (+5,8 %) et en particulier dans les départements de la grande couronne (+8,8 %) que l’augmentation des entrées est la plus forte. Paris enregistre une croissance plus mesurée (+4,6 %). Le marché parisien génère 28,08 millions d’entrées, soit un résultat proche de celui de l’année 2006. En régions, les plus grands centres urbains profitent des excellents résultats de l’année. Les unités urbaines de plus de 100 000 habitants voient leur fréquentation augmenter de 7,1 %, après une année 2008 qui avait vu une progression de 7,5 % par rapport à 2007. Elles cumulent 87,1 millions d’entrées (81,3 millions en 2008, 75,6 millions en 2007). Dans les unités urbaines de 20 000 à 100 000 habitants, l’année 2009 affiche une hausse de la fréquentation de 5,8 %.
En 2009, la fréquentation cinématographique moyenne s’élève à 3,27 entrées par habitant en France, contre 3,10 en 2008. Cet indice est traditionnellement beaucoup plus fort à Paris (12,87 en 2009) qui draine un grand nombre de spectateurs de la périphérie. Dans toutes les zones géographiques, l’indice de fréquentation progresse en 2009, excepté pour les communes et unités urbaines de moins de 20 000 habitants où il apparait stable à 0,87 entrée par habitant.
Définition Selon l’usage professionnel, chaque établissement cinématographique fait l’objet d’un classement en petite, moyenne ou grande exploitation, en fonction notamment de son niveau annuel d’entrées. Ainsi, les cinémas réalisant moins de 80 000 entrées sur une année relèvent de la petite exploitation, ceux qui enregistrent entre 80 000 et 450 000 entrées de la moyenne exploitation, les autres étant classés dans la grande exploitation. Cependant, par convention, tous les établissements exploités par des entreprises propriétaires de 50 écrans au moins sont classés dans la grande exploitation, indépendamment de leur niveau d’entrées.
L’évolution de la fréquentation est très contrastée selon les catégories d’exploitation. En 2009, la grande exploitation connait une progression de ses entrées supérieure à l’ensemble des salles (+9,1 %). La moyenne exploitation présente une augmentation plus mesurée (+4,2 %). La petite exploitation enregistre au contraire un recul de ses entrées en 2009 (-5,4 %). Il convient de préciser que le périmètre de salles appartenant à chacune de ces catégories peut évoluer d’une année sur l’autre.
Progression de la recette moyenne par entrée liée au développement de la 3D
Le CNC calcule traditionnellement une recette moyenne par entrée (RME). Cet indicateur résulte de la simple division des recettes aux guichets des salles par les entrées payantes, déclarées par les exploitants. La RME tient compte à la fois des entrées payantes hors abonnements illimités et des entrées réalisées dans le cadre de ces abonnements, pour lesquelles les recettes sont valorisées conformément aux prix de référence (5,03 € pour la plupart des entrées). En 2009, la RME s’élève à 6,14 €, contre 6,01 € en 2008, soit une progression de 2,2 %. À titre indicatif, l’inflation en France s’élève à +0,1 % en 2009. La RME masque un large éventail de prix pratiqués par les établissements cinématographiques. Elle tient compte du poids de chaque tarif au prorata du nombre de billets vendus. En 2009, 52,4 % des entrées payantes sont vendues (ou valorisées) entre 5 € et 7 €, contre 56,6 % en 2008, 57,9 % en 2007 et 47,7 % en 2000. 20,3 % des billets vendus affichent un tarif inférieur à 5 € (19,5 % en 2008, 35,6 % en 2000) et 27,3 % un tarif supérieur à 7 € (23,8 % en 2008, 16,7 % en 2000). En 2009, la progression de la RME tient à la forte augmentation du nombre de billets vendus à plus de 10 €. Ils représentent 8,01 millions d’entrées (4,0 % des entrées totales), contre 1,81 million en 2008 (+348 %). Cet accroissement est la conséquence du succès des films projetés en relief dont le prix moyen de billet est supérieur à celui des autres films. En excluant les billets à plus de 10 €, la recette moyenne par entrée atteint 5,94 € en 2009, contre 5,96 € en 2008 et 5,93 € en 2007. Le volume de billets vendus entre 3 € et 4 € continue d’augmenter en 2009 (+25,9 %). Cette progression est le fruit de la mise en place, dans certains établissements cinématographiques, de tarifs à 3,90 € destinés aux moins de 26 ans, du développement de ventes dites « flash » à 3,50 € sur internet, et d’opérations promotionnelles à tarifs préférentiels.
Il convient d’ajouter que la fréquentation annuelle des salles est augmentée d’un certain nombre d’entrées gratuites. En 2009, 4,37 millions d’entrées gratuites sont enregistrées, ce qui porte la fréquentation totale des salles à 205,31 millions. En 2008, 4,46 millions d’entrées gratuites avaient été comptabilisées, la fréquentation totale atteignant 194,58 millions d’entrées. En termes de recettes, la part de marché des films français s’établit à 35,6 % en 2009 (36,8 % en termes d’entrées). L’ensemble des films européens totalise 45,2 % des recettes en salles, contre 54,4 % en 2008. Sur la même base, la part de marché du cinéma américain s’établit à 51,7 % (49,7 % en termes d’entrées). Le différentiel de part de marché entre entrées et recettes peut s’expliquer par l’écart existant entre la recette moyenne par entrée des films français (5,93 € en 2009) et celle des films américains (6,37 € en 2009). La recette aux guichets des salles de cinéma est assujettie à deux taxes : la TVA à taux réduit (5,5 %) et la taxe spéciale additionnelle (TSA) qui alimente le fonds de soutien du CNC. Déduction faite de ces taxes, la recette (appelée base film) est partagée entre l’exploitant et le distributeur, selon un taux de location négocié de gré à gré pour chaque film et chaque établissement. La rémunération du distributeur est calculée en multipliant le taux de location à la « base film ». La SACEM perçoit parallèlement une rémunération au titre de la représentation publique de la musique de film. Conformément à un accord entre la Fédération Nationale des Cinémas Français (FNCF) et la SACEM, l’exploitant rémunère cette dernière selon les pourcentages suivants : 1,515 % de la « base film » lorsque l’exploitant est adhérent à la FNCF et 2,02 % de la « base film » lorsque l’exploitant n’est pas adhérent. Pour la répartition de la recette guichets telle qu’elle est calculée dans ce document, un pourcentage unique est appliqué (1,515 %).
Télécharger : Le rapport du CNC