Les dépenses des ménages en programmes audiovisuels (7 821 M€) progressent de 2,4 % en 2008 (-2,0 % en 2007). Cette évolution s’explique par la croissance des dépenses d’abonnements, de redevance, de vidéo à la demande et de cinéma. Seules les dépenses de vidéo physique poursuivent leur recul entamé en 2005. 65,9 % des foyers français disposent de la télévision en numérique. La TNT et l’ADSL sont les principaux moteurs de la numérisation. La haute définition s’impose comme le relais de croissance à venir du marché de l’équipement vidéo.
Depuis plusieurs années, l’évolution des dépenses en programmes audiovisuels était décorrélée de celle de l’ensemble des dépenses de consommation des ménages. En 2008, les dépenses en programmes audiovisuels et les dépenses totales de consommation évoluent au même rythme. Entre 2000 et 2008, la croissance des dépenses en programmes audiovisuels (+28,9 %) reste toutefois inférieure à la croissance des dépenses totales de consommation des ménages (+34,7 %).
En 2008, chaque foyer français dépense en moyenne 301,30 € en programmes audiovisuels, soit une progression de 1,7 % par rapport à 2007. Les dépenses consacrées à la télévision représentent 200,88 € en moyenne par foyer. Les abonnements à des programmes payants de télévision demeurent le premier poste de dépenses en programmes audiovisuels. Ils s’élèvent à 129,12 € par foyer en moyenne. Chaque foyer dépense 71,76 € pour la télévision publique (part « audiovisuel » de la redevance collectée TTC, hors radios et INA), 54,48 € en achats et locations de vidéogrammes pré-enregistrés et 43,90 € en achats de places de cinéma. Bien qu’en croissance, la vidéo à la demande demeure encore marginale en comparaison des autres dépenses. Rapporté à chaque foyer, la dépense en vidéo à la demande est de 2,05 € en 2008.
Le cinéma ne représente plus que 14 % des dépenses des ménages en programmes audiovisuels.
Le recul de la consommation cinématographique (-5,7 %) associé à celui des achats et locations de vidéogrammes préenregistrés (-11,9 %) explique la baisse globale des dépenses des ménages en programmes audiovisuels en 2007 (-2,1 %). À l’instar de 2005, l’évolution des dépenses en programmes audiovisuels est décorrélée de celle de l’ensemble des dépenses de consommation des ménages en 2007. En indice, les dépenses totales des ménages dépassent même pour la première fois les dépenses audiovisuelles (respectivement 131,5 et 125,7). En 2007, chaque foyer français dépense en moyenne 295,56 € en programmes audiovisuels, ce qui constitue un retrait de 2,9 % par rapport à 2006. Ce montant comprend 68,36 € de redevance (part « audiovisuel » de la redevance collectée TTC, hors radios et INA), 59,32 € d’achats et locations de vidéogrammes pré-enregistrés, 40,95 € d’achats de places de cinéma et 125,79 € d’abonnements à des programmes payants de télévision. La vidéo à la demande, avec 1,13 € dépensé en moyenne par foyer en 2007, reste pour l’heure marginale en comparaison des autres dépenses.
66 % des dépenses consacrées à la télévision
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structure des dépenses en 1980
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structure des dépenses en 2007
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Légère progression des dépenses d’abonnements
En 2008, les dépenses des ménages en matière de télévision payante progressent (+106 M€) à un rythme supérieur à celui de 2007 (+3,3 % en 2008, +2,8 % en 2007). Cette évolution s’explique par la progression du nombre d’abonnés au câble et aux offres de télévision payante du groupe Canal+. Le nombre total d’abonnés du groupe Canal+ progresse de 0,4 % (10,6 millions en 2008) dont +2,0 % pour CanalSat (5,3 millions) et -1,0 % pour Canal+ (5,3 millions). En 2008, la télévision à péage concentre une part croissante des dépenses des ménages en programmes audiovisuels (42,9 %, contre 42,5 % en 2007 et 42,0 % en 2000). Le poids de la redevance s’accroît également à 23,8 % des dépenses, soit 0,7 point de plus qu’en 2007. Au total, les ménages consacrent les deux tiers (66,7 %) de leurs dépenses audiovisuelles à la télévision (65,6 % en 2007). Depuis 1980, le total des dépenses des ménages consacrées à la télévision a été multiplié par 12,4. En raison de la baisse continue du marché français de la vidéo physique depuis 2005, la part des achats et locations de vidéogrammes diminue au sein des dépenses totales (18,1 %, contre 20,2 % en 2007). La vidéo physique se maintient toutefois au troisième rang des dépenses des ménages en programmes audiovisuels, derrière les abonnements aux services de télévision et la redevance. La part des dépenses allouées au cinéma progresse de 0,7 point à 14,6 % des dépenses totales. Enfin, le poids de la vidéo à la demande (VàD) progresse mais demeure inférieur à 1 % en 2008 (0,7 %).
Nouveau record de dépenses pour le cinéma en salles
Après la baisse constatée en 2007 (-5,6 %), la consommation cinématographique des ménages progresse de 7,7 % en 2008. Il s’agit du plus haut niveau jamais atteint de dépenses des ménages dans les salles de cinéma, très légèrement devant celui de l’année 2004. Ce résultat s’explique par le haut niveau de fréquentation des salles en 2008 (+6,7 % par rapport à 2007).
Progression des dépenses consacrées à la télévision publique
Les dépenses des ménages consacrées à la redevance (part « audiovisuel ») atteignent 1 863 M€ en 2008, soit un chiffre en augmentation de près de 100 M€ par rapport à 2007 (+5,6 %). En 2008, le montant de redevance à acquitter par les foyers est le même qu’en 2007. La redevance audiovisuelle s’élève, pour tout foyer imposable à la taxe d’habitation équipé d’un poste de télévision, à 116 € en métropole et 74 € dans les départements d’outre-mer. Compte tenu du maintien du montant de la redevance audiovisuelle et de la stabilité du nombre de foyers disposant d’un récepteur de télévision, la progression des dépenses des ménages pour la télévision publique s’explique par l’amélioration du recouvrement et par la fin de certaines exonérations qui avaient été accordées pour trois ans aux personnes âgées ou handicapées, lors de la réforme de la redevance votée en 2005. Les remboursements d’exonérations diminuent de 3,1 % en 2008, à 493 M€ (509 M€ en 2007).
En raison de la nature de la redevance, les dépenses des ménages sur ce poste ne traduisent pas directement un comportement de consommation. Elles illustrent les objectifs de la politique fiscale de l’État en matière de financement du secteur public de la communication. Ainsi, les dépenses de redevance sont fonction du niveau de cette taxe, de l’évolution du parc de téléviseurs, de la politique d’exonération conduite et, enfin, de la répartition de la redevance entre les secteurs audiovisuel et radiophonique publics.
Nouveau recul de la consommation de vidéo physique
En recul depuis 2005, le marché de la vidéo physique (vente et location) affiche une nouvelle baisse en 2008. Les dépenses des ménages s’élèvent à 1 414 M€, soit une diminution de 8,4 % par rapport à 2007. Les dépenses de location diminuent de 35,4 % et les achats de 7,5 % à 1 382 M€. Pour la troisième année consécutive, les Français achètent moins de DVD en 2008. Les ventes de supports haute définition se développent mais restent faibles. Le prix moyen de vente d’un DVD de catalogue diminue de 1,3 %. Celui des nouveautés recule de 0,7 %.
Décollage du marché de la vidéo à la demande
Selon le baromètre GfK-NPA, le marché de la VàD est estimé à 53,2 M€ en 2008, soit une augmentation de 84,2 % par rapport à 2007. Le nombre de transactions s’élève à près de 14,0 millions (+67,8 %). Le prix moyen par acte de consommation progresse de 9,8 % à 3,81 € en 2008.
DÉPENSES DES MÉNAGES EN PROGRAMMES AUDIOVISUELS
(M€)
Nouveau recul de la consommation vidéo En recul depuis 2005, le marché du DVD connaît une nouvelle baisse en 2007, aussi bien en volume qu’en valeur. Les dépenses des ménages en vidéo s’élèvent à 1 530 M€, soit une diminution de 11,9 % par rapport à 2006. Ce tassement s’explique principalement par une maturité du marché et un suréquipement des foyers, le prix de vente unitaire moyen d’un DVD de catalogue enregistrant une baisse de 2,5 % à 10,56 € tandis que celui des nouveautés diminue de 3,7 % à 19,56 €. Décollage du marché de la vidéo à la demande Selon le baromètre GfK-NPA, le marché de la VoD est estimé à 29,2 M€ en 2007, soit une augmentation de plus de 100 % par rapport à 2006, avec une valeur moyenne de transaction de 3,47 €. Plus de 8,4 millions d’actes payants ont été réalisés sur l’année.
Progression du multi-équipement des foyers Selon Médiamétrie, la proportion de foyers équipés d’au moins un poste de télévision est stable à 97,4 % des foyers français en 2007. De septembre 2007 à février 2008, 16,87 millions d’individus âgés de 4 ans et plus équipés d’un téléviseur sont abonnés à une offre élargie 16,50 millions sur la même période en 2006), soit 29,8 % des individus équipés en téléviseur et une augmentation de 2,2 % en un an. Début 2008, selon Médiamétrie, les offres de CanalSat (par satellite ou ADSL) couvrent une population de 8,5 millions de personnes, celles de TPS une population de 3,0 millions de personnes et les offres élargies via le câble touchent 6,2 millions d’individus. Plus de 750 000 personnes cumulent plusieurs offres élargies.
La multiplication de l’offre de chaînes et des modes de diffusion des services de télévision s’accompagne d’une tendance croissante au multi-équipement des foyers. La proportion de foyers possédant au moins deux téléviseurs s’élève en moyenne à 51,3 % en 2007, contre 43,7 % en 2006 et 42,8 % en 2005. Avec un taux de pénétration de 34,9 % des foyers équipés d’un téléviseur 16/9e en 2007 (contre 16,7 % en 2006), les écrans 16/9e connaissent la progression la plus importante. Par ailleurs, l’équipement des ménages en lecteur de DVD de salon continue de progresser. À fin 2007, cet appareil est présent dans 85,8 % des foyers français équipés en téléviseur, contre 78,5 % à fin 2006. Selon les données communiquées par le Groupement TNT au 31 mars 2008, 35 % des foyers français équipés d’un téléviseur possèdent au moins un adaptateur TNT (contre 22 % à fin mars 2007). Cette augmentation résulte de la conjonction de deux facteurs : la diminution des prix des adaptateurs TNT (-43 % entre 2005 et 2007) et l’obligation imposée aux fabricants de vendre des téléviseurs avec adaptateur TNT intégré depuis mars 2008. L’objectif initial des 85 % de couverture de la population fin 2007 est bien atteint (soit un gain de 20 % en un an), en vue d’une couverture de 95 % de la population d’ici 2011, date prévue par le gouvernement pour l’extinction de la diffusion analogique terrestre. Par ailleurs, plus de 15 millions de terminaux ont été vendus ou loués depuis le lancement de la TNT en France en mars 2005. En plus des 18 chaînes nationales diffusées en clair depuis mars 2005 et des sept nouvelles chaînes locales diffusées sur le réseau TNT d’Ile-de-france (DemainTV, BDM TV, Cinaps TV et Télé Bocal, IDF1, NRJ Paris, Cap 24), 18 chaînes locales déjà existantes en mode analogique sont reprises sur la TNT depuis la mi-septembre 2007. À cette offre viennent s’ajouter depuis décembre 2005, 11 chaînes payantes reprises des bouquets CanalSat et TPS.
Favorisée par la dynamique de l’offre, l’IPTV s’est rapidement imposée comme un canal de diffusion incontournable. Si la phase de décollage a été rapide, la croissance des abonnements devrait en revanche connaître une évolution plus modérée. Selon les résultats provisoires de l’Observatoire de l’internet haut débit de l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) publiés le 29 février 2008, la France comptait 15,55 millions d’abonnements à internet haut débit au 31 décembre 2007 (+22 % par rapport au 4e trimestre 2006), dont 14,8 millions via l’ADSL, le reste étant constitué d’abonnés au câble, et, dans une moindre mesure, au satellite ou à la fibre optique. Parmi l’ensemble des abonnés ADSL, plus de 4,5 millions de foyers ont souscrit à une offre « triple-play » à début 2008. Ces résultats illustrent la progression du dégroupage total et de la mise à disposition du public d’offres commerciales attractives par les opérateurs (films, télévision, musique, etc.). D’après l’étude Référence Equipements Multimédias (REM) menée conjointement par Médiamétrie et GfK, 34,8 % des foyers français équipés en téléviseur disposent d’une « box » ADSL à fin 2007, contre 21,0 % à fin 2006. Néanmoins, seuls 10,6 % des foyers équipés en téléviseur possèdent une « box » ADSL reliée directement à leur poste de télévision à fin 2007 (6,1 % à fin 2006), ce qui correspond à un total de 2,7 millions de foyers accédant de manière régulière à la télévision par ADSL. En termes de marché, Orange concentre toujours la majorité des abonnements ADSL (49,4 % comme en 2006), désormais suivi par Neuf Cegetel qui gagne une place (+3,8 points à 21,8 %), notamment grâce au rachat de Club Internet en mai 2007. Free, avec 19,7 % de part de marché sur le segment de l’ADSL (+0,7 point), complète ce trio de tête. Fin 2007, SFR et le groupe Louis Dreyfus ont signé un projet d’accord de cession pour le rachat par SFR de la totalité de la participation du groupe Louis Dreyfus dans Neuf Cegetel. Si l’opération est approuvée par les autorités de concurrence compétentes, ce nouveau groupe couvrirait alors 24,6 % du marché français du haut débit.

Télécharger : Le rapport du CNC