En léger recul en 2005, les dépenses des ménages en programmes audiovisuels sont de nouveau orientées à la hausse en 2006 (+1,8 %). Cette évolution est le résultat de la progression simultanée de la consommation cinématographique (+8,7 %) et des dépenses d’abonnements (+5,6 %). A fin mars 2007, le taux d’équipement de la télévision numérique terrestre est estimé à 22 % des foyers français.

Le cinéma ne représente plus que 13 % des dépenses des ménages en programmes audiovisuels.

La croissance des dépenses d’abonnements (+167,0 M€) et de cinéma (+90,0 M€) est à l’origine de la reprise des dépenses des ménages en programmes audiovisuels en 2006 (+134,0 M€). Contrairement à 2005, l’évolution des dépenses en programmes audiovisuels en 2006 est corrélée à celle de l’ensemble des dépenses de consommation des ménages. Le rythme de croissance des dépenses audiovisuelles (+1,8 %) est toutefois légèrement inférieur à celui des dépenses de consommation totale (+3,3 %).

La dépense moyenne par foyer français en programmes audiovisuels s’élève à 304,4 € en 2006, soit une progression modérée par rapport à 2005 (302,1 €). Elle inclut 69,0 € de redevance (part « audiovisuel » de la redevance collectée, hors radios et INA), 68,0 € d’achats et locations de vidéogrammes préenregistrés, 43,8 € d’entrées dans les salles de cinéma et 123,6 € d’abonnements à des programmes payants de télévision.

 

 

62 % des dépenses consacrées à la télévision

structure des dépenses en 1980
structure des dépenses en 2006
 

croissance continue du poids des dépenses d’abonnements

Le paysage audiovisuel français s’est considérablement modifié depuis le milieu des années quatre-vingt. La télévision payante, avec la création de Canal+ en 1984, le lancement du câble en 1986 et le développement des bouquets numériques par satellite en 1996, a connu l’essor le plus important. En seize ans, elle s’est imposée comme le premier poste de dépenses. Elle renforce sa prééminence en 2006, totalisant 40,6 % de l’ensemble des dépenses des ménages en programmes audiovisuels (39,1 % en 2005). Cette concentration risque de s’accentuer encore dans les années à venir sous l’effet du rapprochement entre les bouquets CanalSat et TPS (consolidation des offres de chaînes, progression du nombre d’abonnés et du revenu moyen par abonné, réduction des coûts d’acquisition) et du développement de la TNT et de la télévision sur ADSL. En 2006, le poids de la redevance demeure stable à 22,7 % des dépenses, soit la même part qu’en 2005. En 25 ans, le total des dépenses des ménages consacrées à la télévision a été multiplié par 10,5, soit une croissance moyenne de 9,9 % par an. Elles représentent 63,0 % des dépenses des ménages en programmes audiovisuels en 2006. Seul poste à enregistrer une diminution en valeur, les achats et locations de vidéogrammes représentent 22,3 % des dépenses des ménages en 2006 (24,7 % en 2005). La vidéo constitue désormais le troisième poste de dépenses des ménages en programmes audiovisuels, derrière les abonnements aux services de télévision et la redevance. Ce recul s’explique essentiellement par l’arrivée à maturité du marché de l’équipement vidéo. En 2006, plus des trois quarts des foyers français possèdent un lecteur de DVD de salon. Grâce à une fréquentation des salles soutenue en 2006, la part des dépenses allouée au cinéma progresse d’un point à 14,4 % (13,5 % en 2005).

reprise de la consommation cinématographique

En 2006, les dépenses consacrées aux achats de billets de cinéma renouent avec la croissance (+8,7 %), retrouvant un niveau légèrement inférieur à celui de 2004. Ce résultat suit l’évolution de la fréquentation des salles (+7,6 % par rapport à 2005).

stabilisation de la redevance

Les dépenses des ménages en redevance (part «audiovisuel») se stabilisent en 2006. Elles s’élèvent à 1 763 M€, contre 1 734 M€ en 2005, soit une modeste progression de 1,7 %. L'augmentation de 3,0 % des ressources du compte de concours financiers de l’État à l’audiovisuel public (à 2,72 Md€) s'explique principalement par la diminution des frais d'assiette et de recouvrement, passés de 65,0 M€ en 2005 à 24,0 M€ en 2006. Cette baisse résulte de l'adossement du recouvrement de la redevance audiovisuelle à la taxe d'habitation, initié en 2005. En raison de la nature de la redevance, les dépenses des ménages sur ce poste ne traduisent pas directement un comportement de consommation. Elles illustrent les objectifs de la politique fiscale de l’État en matière de financement du secteur public de la communication. Ainsi, les dépenses de redevance sont fonction du niveau de cette taxe, de l’évolution du parc de téléviseurs, de la politique d’exonération conduite et enfin, de la répartition de la redevance entre les secteurs audiovisuel et radiophonique publics. En 2006, les tarifs de la redevance restent inchangés : 116 € pour la détention d’un récepteur couleur et 74 € pour un récepteur noir et blanc.

 

développement des nouveaux modes de diffusion

Dynamisé par l’essor de la TNT et le développement des nouveaux services (multi-équipement, PVR, VOD, TVHD), le rythme de croissance des dépenses des ménages pour la télévision à péage s’accélère depuis 2004. En 2006, les dépenses d’abonnements à la télévision payante atteignent 3 157 M€ (2 990 M€ en 2005), soit une progression de 5,6 %. Le taux de croissance de la consommation des ménages pour la télévision par satellite progresse de 6,9 % par rapport à 2005 (+1,6 point).

Selon Médiamétrie, 97,4 % des foyers français sont équipés d’au moins un poste de télévision en 2006 (96,8 % en 2005). L’élargissement de l’offre de chaînes et des modes d’accès aux services de télévision s’accompagne d’une tendance croissante au multi-équipement. La proportion de foyers possédant au moins deux téléviseurs atteint 46,5 % en 2006, contre 42,8 % en 2005. Au total, le nombre moyen d'appareils reliés au poste principal d'un foyer est passé de 1,52 au premier trimestre 2004 à 1,81 au dernier trimestre 2006. Avec un taux de pénétration de 78,5 % des foyers équipés d’un téléviseur en 2006 (contre 2,6 % en 2000), les équipements permettant la lecture de DVD connaissent la progression la plus importante. A fin mars 2007, le taux d’équipement de la télévision numérique terrestre est estimé à 22 % des foyers français (source Groupement TNT / GFK). A cette date, la TNT couvre plus de 65 % de la population, avec l’objectif d’atteindre 85 % de la population fin 2007. La pénétration de la TNT devrait progresser d'ici au 30 novembre 2011, date fixée par le gouvernement pour l’extinction de la télévision analogique. Par ailleurs, plus de 35 % des foyers français reçoivent aujourd’hui une offre de chaînes numériques (TNT, câble, satellite ou ADSL), qu’elle soit gratuite ou payante. Ce taux devrait logiquement augmenter dans les prochaines années avec l’arrêt de l’analogique hertzien région par région à partir du second semestre 2008 et surtout en raison de l’obligation, imposée aux fabricants, d’intégrer un adaptateur TNT à tout téléviseur commercialisé. Selon les données communiquées par le Groupement TNT et l’institut GFK au 29 mars 2007, 8,2 millions de terminaux ont été vendus ou loués depuis le lancement de la TNT en France en mars 2005. En deux ans, GFK estime que 5,8 millions de récepteurs TNT ont été achetés en magasins, dont 3,3 millions d’adaptateurs, 1,3 million de téléviseurs «TNT intégrée», 81 000 enregistreurs DVD à disque dur «TNT intégrée», 1,1 million d’ordinateurs «TNT intégrée» et autres solutions pour PC et 58 000 récepteurs portables «TNT intégrée» (lecteurs de DVD et téléviseurs portables). Les fournisseurs d'accès Internet (Orange, Free, Neuf Cegetel, Alice, AOL et DartyBox) et Canal+ totalisent près de 2,4 millions de mises à disposition de boîtiers intégrant un adaptateur TNT.

D’après les dernières conclusions de l’étude Référence Equipements Multimédias (REM) menée conjointement par Médiamétrie et GFK, 6,1 % des foyers TV ont la possibilité de regarder la télévision via l’ADSL en 2006, contre 2,9 % en 2005. Selon les résultats provisoires de l’Observatoire de l’Internet haut débit de l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes), la France compte 12,7 millions d’abonnements à Internet en accès haut débit au 31 décembre 2006 (+34,2 % par rapport à 2005), dont 12,0 millions d’abonnements via l’ADSL. Ces derniers se répartissent entre les principaux fournisseurs d’accès : Orange (49,4 %), Free (19,0 %), Neuf Cegetel (18,0 %) et autres (13,6 %). Cette progression résulte notamment du dégroupage et de l’utilisation croissante des services additionnels à forte valeur ajoutée mis en place par les opérateurs au cours de l’année 2006. Les offres «triple-play» (Internet, téléphone, télévision) augmentent de 87,0 % par rapport à 2005. 5,2 millions de foyers disposent d'une «box» dont 1,3 million avec une offre «triple-play». A ce jour, les trois premières étapes du projet de Télévision mobile personnelle (TMP) ont été accomplies avec succès. En effet, la technologie DVB-H a été officiellement choisie comme norme européenne pour la TMP ; des fréquences ont été identifiées pour les principales agglomérations françaises ; enfin, la loi relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur, indispensable au démarrage de la TMP, a été promulguée le 5 mars 2007. Toutefois, de nombreuses incertitudes subsistent chez les divers acteurs de la chaîne de valeur quant au modèle économique à privilégier pour la TMP. Dans l’attente de son lancement commercial, prévu à l’automne 2007 pour la Coupe du Monde de rugby, le marché demeure limité aux quelques offres proposées par les opérateurs de télécommunications.

DÉPENSES DES MÉNAGES EN PROGRAMMES AUDIOVISUELS (M€)

nouveau recul de la consommation vidéo

Les achats et locations de vidéogrammes préenregistrés se sont rapidement développés de 1985 à 1991, au rythme de 10 % à 20 % de progression par an. Après une période de ralentissement au cours de la décennie 90, la vidéo bénéficie de nouveau d’une croissance importante à partir de 2000, grâce à l’avènement et au succès du DVD. Amorcée en 2005, la baisse du marché de la vidéo se poursuit en 2006, tant en valeur (-7,0 %) qu’en volume (-5,2 %). Au total, les dépenses des ménages en vidéogrammes atteignent 1 737 M€ en 2006 (-8,0 %). Ce recul traduit l’arrivée à maturité d’un marché qui évolue désormais en fonction de la force de l’offre de titres. Le prix moyen de vente d’un DVD demeure stable à 12,26 € (-2,4 % par rapport à 2005).

Télécharger : Le rapport du CNC