En 2006, 5 362 salles regroupées dans 2 133 établissements sont actives. Le parc de salles est stable par rapport à 2005. La croissance soutenue de la dernière décennie se ralentit. 6 multiplexes ouvrent en 2006, ce qui porte le nombre total de multiplexes actifs à 146. Les multiplexes concentrent plus de la moitié de la fréquentation (51,9 % des entrées en 2006).

Qu’est-ce qu’une salle active ? Afin de mesurer l’évolution de l’activité des salles de cinéma sur le territoire, le CNC recense, depuis 1992, le nombre annuel de salles actives, c’est-à-dire celles qui effectuent, au cours de l’année, au moins une projection ayant donné lieu à une déclaration de recettes (bordereau). Cette déclaration est effectuée auprès du CNC par les exploitants de salles. Elle fait foi pour le contrôle des recettes, le calcul de la TSA et celui du soutien automatique. C’est à partir de ces déclarations que sont, en outre, produites l’ensemble des statistiques de l’exploitation des films en salles. Les exploitants sont tenus d’effectuer une déclaration de recettes pour chaque semaine, chaque écran et chaque film. Ils y inscrivent notamment le titre du film diffusé au cours de la semaine cinématographique écoulée, le nombre de séances programmées, les entrées et la recette réalisées.

Qu’est-ce qu’un multiplexe ? Les textes législatifs et réglementaires en vigueur ne donnent pas de définition juridique du «multiplexe». Jusqu’au dernier abaissement des seuils (2 juillet 2003), tous les établissements soumis à la réglementation - autorisation d’une commission départementale d’équipement cinématographique (CDEC) - étaient réputés multiplexes en France. Depuis, la condition de 795 fauteuils minimum est ajoutée à cette définition réglementaire. La notion de multiplexe recouvre ainsi des réalités économiques qui peuvent être très contrastées. Par conséquent, cet article présente, en parallèle aux résultats des multiplexes, ceux des établissements comptant 8 écrans et plus, quelles que soient la date et les conditions de leur ouverture.

un parc de salles stable

nombre de salles

5 362 salles sont actives en France en 2006, soit 12 de moins qu’en 2005. Ce solde résulte de la fermeture, provisoire ou définitive, de 147 écrans et de l’ouverture ou réouverture de 135 écrans. Malgré un net ralentissement du rythme des ouvertures depuis 2002 (en moyenne 14 écrans par mois en 2006, contre 21 en 2001), le nombre de salles ouvertes dans l’année demeure élevé.

Toutefois, contrairement aux années précédentes, l’expansion du parc de multiplexes n’est pas la raison première des ouvertures. En effet, seuls 65 des 135 écrans ouverts en 2006 le sont au sein de multiplexes (48,1 % des ouvertures). Parallèlement, l’implantation de ces derniers est à l’origine d’une part significative des fermetures de salles. La fermeture d’établissements à Amiens, Bayonne, Cergy, Narbonne ou encore Périgueux répond à l’ouverture de multiplexes au centre ou à la périphérie de ces villes. Les exploitants à l’initiative des multiplexes procèdent ainsi à des transferts d’activité en fermant des établissements existants lors de l’ouverture de nouvelles salles. Par ailleurs, 51 des 135 écrans ouverts en 2006 le sont au sein d’établissements de 8 écrans et plus (72 des 163 établissements ouverts en 2005). Enfin, parmi les 135 écrans ouverts en 2006, 20 résultent de l’agrandissement de cinémas préexistants. Parmi les 5 362 écrans actifs en 2006 figurent 129 circuits itinérants (127 en 2005, 135 en 2004), 7 écrans en plein air (7 en 2005, 9 en 2004) et 2 écrans à la fois itinérants et en plein air (comme en 2005 et 2004). Parallèlement, 55 écrans sont équipés uniquement pour la réception VTHR (vidéotransmission haute résolution) et ne diffusent pas d’œuvres cinématographiques (59 en 2005, 55 en 2004).

Le nombre d’établissements actifs est en légère baisse (17 de moins qu’en 2005). En effet, 61 cinémas ferment, provisoirement ou définitivement, tandis que 44 ouvrent ou réouvrent. Par le passé, les fermetures portaient majoritairement sur des établissements de petite taille. Désormais, pour les raisons déjà évoquées, les cinémas de taille moyenne sont également touchés par ce phénomène. Ainsi, un cinéma de 14 salles, un de 9 salles, deux de 7 salles, trois de 6 salles et trois de 5 salles ferment, provisoirement (pour travaux notamment) ou définitivement, en 2006. 72,7 % des établissements ouverts en 2006 ne comptent qu’un écran (32 établissements). 4 comptent 8 écrans ou davantage. Ouvrent également en 2006 un cinéma de 2 écrans, un de 3 écrans, deux de 4 écrans, un de 5 écrans, un de 6 écrans et deux de 7 écrans. Six des établissements ouverts en 2006 sont des multiplexes. En dix ans, la capacité d’accueil des établissements cinématographiques a progressé de 10,4 %.

En 2006, le nombre de salles actives à Paris diminue : 379 écrans, contre 383 en 2005. La capitale enregistre la fermeture d’un cinéma de quatre écrans (UGC Convention) et aucune ouverture. Le parc parisien compte 88 établissements dont 7 multiplexes et 7 établissements de plus de 8 écrans. Paris dispose d’un peu plus de 74 000 fauteuils cinématographiques.

 

15 établissements équipés en projecteur numérique

A fin 2006, 15 établissements actifs disposent d’au moins un équipement de projection numérique 2K en France. 8 d’entre eux sont des multiplexes. 30 des 125 salles que regroupent ces établissements sont équipées pour ce nouveau mode de projection, soit 0,56 % de l’ensemble des écrans actifs.

hausse des entrées moyennes par établissement

Compte tenu de la croissance de la fréquentation en 2006 (+7,6 %), les entrées moyennes par établissement augmentent significativement pour atteindre 88 454, soit +8,4 % par rapport à 2005. Le nombre d’entrées moyen par écran augmente également (+7,8 %). En moyenne, un multiplexe réalise 670 167 entrées en 2006 (+6,0 % par rapport à 2005). Parallèlement, un établissement de 8 écrans ou plus enregistre une moyenne de 669 163 entrées en 2006, contre 630 604 en 2005 (+6,1 %).

plus de la moitié des entrées réalisées par les multiplexes

En 2006, 146 multiplexes sont actifs en France. Le rythme des ouvertures diminue sensiblement : 6 nouveaux multiplexes en 2006, contre 13 en 2005, 10 en 2004 et 12 en 2003. Seuls 6,8 % des établissements français sont des multiplexes. Ces derniers regroupent 31,0 % des écrans et 32,0 % des fauteuils. Les spectateurs fréquentent massivement les multiplexes : 51,9 % des entrées sont assurées par ces établissements en 2006 (50,5 % en 2005). Leur fréquentation progresse de 10,5 % en 2006, contre 7,6 % pour l’ensemble des salles.

Nombre de cinémas

151 établissements actifs (7,1 % du parc) comptent 8 écrans et plus en 2006. Ils regroupent 33,2 % des fauteuils et 32,4 % des écrans. Comme en 2005, ils concentrent 53,6 % des entrées. Parallèlement, le parc cinématographique français compte 1 283 établissements à écran unique (23,9 % des écrans). Ces salles totalisent 28,4 % des fauteuils et réalisent 10,1 % des entrées.

 

Les entreprises d'exploitation

En termes d’équipement, l’exploitation est un secteur peu concentré. Les huit premières entreprises en termes de recettes exploitent 1 789 écrans (1 805 écrans en 2005), soit 33,3 % de l’ensemble des écrans actifs (33,6 % en 2005). En 2006, EuroPalaces exploite 605 salles de cinéma, soit 11,3 % du parc national. Avec 6,9 % du parc, UGC est le deuxième exploitant en termes d’écrans. Le groupe compte sept salles de plus qu’en 2005. Il perd notamment cinq écrans avec la fermeture du cinéma de Cergy Préfecture, compensée par l’ouverture de 4 écrans supplémentaires à l’UGC Ciné Cité de Cergy le haut. Le groupe installe par ailleurs un nouveau multiplexe de 16 salles à La Défense (Puteaux), qui vient remplacer un cinéma de 9 écrans. CGR détient 365 salles (6,8 % des écrans français), perdant 13 écrans par rapport à 2005. Le groupe ferme trois cinémas à Narbonne (5 écrans), Bordeaux (14 écrans fermés pour travaux) et Bayonne (6 écrans) et ouvre un multiplexe de 12 écrans à Colmar.

 

Qu’est-ce qu’un groupement national de programmation ? La programmation de salles, lorsqu’elle n’est pas assurée directement par les entreprises propriétaires du fond de commerce, est effectuée par un groupement ou une entente de programmation. Les groupements et ententes de programmation sont nationaux si leur activité s’exerce soit dans l’agglomération parisienne, soit dans deux au moins des régions cinématographiques telles que définies par le CNC.

 

A l’instar de l’activité d’exploitation, la programmation des salles n’est pas une activité concentrée en France. En 2006, les 9 groupements et ententes nationaux programment 1 883 écrans, soit 35,0 % de l’ensemble des écrans. En 2005, ils programmaient 33,6 % du parc national (9 groupements nationaux). EuroPalaces programme le plus grand nombre d’écrans.

Télécharger : Le rapport du CNC