En 2006, 589 films sont distribués en première exclusivité, soit 7,1 % de plus qu’en 2005. Cette hausse est notamment imputable aux films américains (+25 films).
Nombre de films distribués
chaque année en France
1 - Un nombre de films en nette augmentation
En 2006, 589 films font l’objet d’une première sortie commerciale en France, soit 39 films de plus qu’en 2005. L’année 2006 s’inscrit donc comme une année record. Cette hausse est essentiellement imputable aux films américains et aux films non européens et non américains dont le nombre augmente respectivement de 25 et 11 films. Le nombre de films français progresse légèrement (+7 films). Le nombre de coproductions augmente également et notamment les films minoritairement français (47 en 2006, contre 42 en 2005). L’offre de films européens inédits est en légère baisse mais se maintient à un niveau élevé (100 films). Ce tassement reflète une présence moins importante des cinématographies italienne (- 7 films), allemande (-4 films) et britannique (-2 films) sur les écrans. Le nombre de films d’autres nationalités augmente, notamment les films chinois (+8 films).
14 films disponibles en numérique
En 2006, 14 films sont disponibles en numérique, contre 13 en 2005. 8 des 14 films disposant de copies numériques sont américains et 5 sont français. La plupart des films disponibles en numérique dispose parallèlement d’un grand nombre de copies 35 mm (plus de 400). Toutefois, Daratt saison sèche et l’Intouchable sortent sur moins de 50 copies. Buena Vista International reste en tête du classement des distributeurs actifs sur le segment numérique avec 4 des 14 films sortis. Suivent Warner Bros, Diaphana et Pyramide avec deux films chacun.
135 copies par film en moyenne
En 2006, les 589 films en première exclusivité sont distribués sur 79 375 copies au total (+6,9 % par rapport à 2005). Toutefois, le nombre moyen de copies par film reste stable : un film inédit dispose, en moyenne, de 135 copies (135 en 2005 et 136 en 2004). Les films américains captent plus de 47 % des copies en circulation, contre 41 % pour les films français.
En moyenne, un film français est distribué sur 134 copies, soit 10 de plus qu’en 2005. Le nombre moyen de copies par film pour une œuvre américaine passe de 224 en 2005 à 212 en 2006. Un film européen dispose, en moyenne, de 71 copies (86 en 2005) et un film d’autre nationalité de 33 copies (35 en 2005). A leur sortie, les films Art et Essai sont programmés dans un nombre de salles près de 4 fois inférieur à celui des films non recommandés. Ainsi, un film Art et Essai sort dans 60 salles en moyenne en 2006, contre 230 salles pour un film non recommandé. L’animation est le genre où le nombre moyen de copies par film est le plus élevé : un film d’animation sort, en moyenne, sur 355 copies. Les films d’aventures disposent également d’une importante combinaison de sortie (306 copies en moyenne, contre 135 copies pour l’ensemble des films). A l’inverse, le documentaire, la comédie dramatique et le drame sortent en moyenne sur un nombre de copies restreint.
En 2006, 32 films sont distribués sur plus de 500 copies (33 films en 2005) dont 20 films américains, 10 films français et 2 films britanniques. Ils concentrent 27,7 % de l’ensemble des copies en circulation. Parmi ces films, deux films français, les Bronzés 3 – amis pour la vie et Arthur et les Minimoys disposent de plus de 900 copies. 26,0 % des films sont disponibles sur plus de 200 copies (soit 153 films) et 38,4 % sur plus de 100 copies (226 films). A l’inverse, 147 films (25,0 %) disposent d’une combinaison de sortie restreinte (moins de 10 copies), soit quatre copies par film en moyenne.
56,2 % des films sont recommandés Art et Essai
56,2 % des films en première exclusivité sont recommandés Art et Essai, soit une proportion plus faible qu’en 2005 pour un nombre identique de films. En moyenne, ces films disposent de 60 copies (64 en 2005). Cinq films Art et Essai sortent sur plus de 400 copies : les Infiltrés, Azur et Asmar, Indigènes, Mémoires de nos pères et la Planète blanche. En 2005, 10 films recommandés disposaient de plus de 400 copies. En 2006, les 160 films français recommandés Art et Essai (66,1 % des films français de l’année) sont distribués sur 63 copies en moyenne. 47 films américains bénéficient également de cette recommandation (26,6 %) et sont édités, en moyenne, sur 118 copies. 68,0 % des nouveaux films européens et 80,0 % des films d’autres nationalités sont recommandés Art et Essai en 2006. En 2006, 114 films recommandés Art et Essai sortent sur moins de 10 copies, soit 34,4 % des films recommandés et 77,6 % des films édités sur moins de 10 copies. Cela concerne 56 films français (35,0 % des films français recommandés et 83,6 % des films français édités sur moins de 10 copies) et 7 films américains (14,9 % des films américains recommandés et 50,0 % des films américains édités sur moins de 10 copies).
Chaque année, plus de 80 % des films nouveaux bénéficient d’un visa d’exploitation tous publics. En 2006, 516 films sont dans ce cas (87,6 %), dont 223 films français (92,1 % des films français) et 150 films américains (84,7 % des films américains). 50 films font l’objet d’une interdiction aux moins de 12 ans. 22 films sont interdits aux moins de 16 ans, dont 5 films français et 7 films américains. En 2006, un film américain est interdit aux moins de 18 ans (Saw III).
Premier genre : le drame (23 % des films)
Bien qu’en légère diminution en 2006, le nombre de documentaires sortis en salles en première exclusivité demeure conséquent : 52 films, contre 57 en 2005. 32 films sont français, 5 sont américains, 11 sont européens et 4 sont d’autres nationalités. Parmi ces documentaires, 8 traitent de faits historiques (Nuremberg, les nazis face à leur crime, Un jour en septembre, …) et 20 abordent des sujets plus actuels (9m² pour deux, Une vérité qui dérange, …). 30 films d’animation sortent en 2006. L’animation française demeure particulièrement dynamique avec sept films distribués : Arthur et les Minimoys, Astérix et les Vikings, Azur et Asmar, Franklin et le trésor du lac, Piccolo, Saxo et compagnie, Renaissance et U. 15 films d’animation américains sortent sur les écrans, dont l’Age de glace 2, Bambi 2, Cars et Nos voisins les hommes. Quatre films d’animation sont européens (deux danois, un hongrois et un allemand), trois sont japonais et un est iranien (la Montagne aux bijoux). BVI est le premier distributeur de films d’animation (5 films en 2006 dont 4 américains et un japonais). UIP et Warner Bros en distribuent trois chacun en 2006, tous américains. Le drame occupe la première place du classement des genres en 2006 avec 136 films sortis. 128 comédies (dont 64 films français et 40 films américains) sont distribuées pour la première fois sur les écrans français. 117 comédies dramatiques sortent, dont 55 films français et 21 films américains. A eux seuls, ces deux genres regroupent 41,5 % des films en première exclusivité.
Moins de films français l’été
En moyenne, 49 films sortent chaque mois en 2006 (11 films par semaine). Deux mois traduisent une activité plus soutenue : mars (10,5 % de l’ensemble des sorties de l’année, soit 16 films par semaine) et novembre (10,2 % des sorties, soit 15 films par semaine). Décembre, août et septembre sont les mois où le nombre de sorties est le plus faible : environ 10 films par semaine. En moyenne, 20 films français sortent chaque mois en 2006 (5 films par semaine), contre 15 films américains (4 films par semaine). En 2006, les films français représentent entre 16,0 % (juillet) et 56,6 % (octobre) des sorties mensuelles, contre entre 22,6 % (octobre) et 40,0 % (août) pour les films américains. Comme chaque année, l’offre de films français est moins riche pendant la saison estivale. En effet, juillet (16,0 % de films français) et août (31,7 % de films français) sont les mois où la part des films nationaux est la plus faible.
2- Les frais d'éditions des films d'initiative française
précision méthodologique :Les résultats qui suivent donnent un éclairage sur les coûts de distribution des films d’initiative française agréés par le CNC sortis en salles en 2004 (168 films) et 2005 (147 films). Deux sources ont permis de réunir des données sur les frais d’édition de ces films : la contribution Canal+ à la distribution (investissements réels certifiés par un expert comptable) et les données déclarées par les distributeurs pour les films qui ne sont pas couverts par l’aide Canal+ (réponse à un questionnaire envoyé aux professionnels en novembre 2006). Sont exclus de l’analyse les films français non agréés par le CNC (39 films en 2004, 48 en 2005), les films agréés minoritairement coproduits par la France (24 films en 2004, 32 en 2005) et les films dont le distributeur n’a pas répondu au questionnaire (7 films en 2004 et 8 en 2005). Les frais d’édition sont répartis en quatre catégories : - les frais de laboratoire : frais techniques liés au tirage de copies, au stockage, au doublage, au sous-titrage et aux frais liés à la conception et la fabrication du film annonce ; - l’achat d’espaces publicitaires : affichage, radio, Internet, presse, cinéma, télévision ; - les dépenses liées à la conception et la fabrication du matériel publicitaire (affiche, création et réalisation de spots radio, sites Internet, etc.) ; - les dépenses de presse (location de salles de projection, organisation d’avant-premières, festivals, rémunération de l’attaché de presse, cartons d’invitation, etc.).
Les frais d’édition des films d’initiative française sortis en salles baissent de 9,5 % entre 2004 et 2005 et passent sous la barre des 100 M€. Le montant moyen consacré à chaque film est en hausse de 3,4 % entre les deux années et atteint 652 000 € en 2005. L’achat d’espaces publicitaires mobilise 44,7 % des frais d’édition des films d’initiative française (44,6 % en 2004). La dépense moyenne par film sur ce poste s’élève à 207 500 €. Elle est stable par rapport à 2004 (+1,4 %). Les frais de laboratoire captent 31,8 % des frais d’édition en 2005, soit une part légèrement plus faible qu’en 2004 (32,5 %). En moyenne, un distributeur consacre 291 500 € par film sur ce poste (+3,6 % par rapport à 2004). La conception et la fabrication du matériel publicitaire mobilise 51 400 € par film en moyenne (+7,9 % par rapport à 2004). Au total, 7,56 M€ sont consacrés à ce poste, soit 7,9 % de l’ensemble des frais d’édition (7,6 % en 2004). Les diverses dépenses de presse captent 15,3 % des frais d’édition des films d’initiative française en 2005 (15,3 % en 2004). La dépense moyenne par film s’élève à 101 500 €, en progression de 5,1 % par rapport à 2004.
Le niveau des frais d’édition d’un film d’initiative française est étroitement corrélé à celui de son budget de production. Ainsi, en 2005, 81 300 € sont, en moyenne, consacrés aux frais de sortie d’un film dont le devis de production est inférieur à 1 M€ et près de 2 M€ à ceux d’un film dont le devis dépasse 10 M€. La concentration des frais d’édition sur les films à budget de production élevé est donc forte : en 2005, les films dont le devis dépasse 10 M€ captent 41,6 % de l’ensemble des dépenses d’édition des films d’initiative française et les films dont le devis excède 5 M€ en captent 73,0 %. Parallèlement, la répartition des dépenses d’édition est différente selon le montant du devis de production. En moyenne, 40,4 % des frais sont captés par les frais de laboratoire pour un film dont le devis de production est inférieur à 1 M€, contre 30,2 % pour un film à plus de 10 M€. De même, la part des frais d’édition mobilisée par la fabrication du matériel publicitaire et les dépenses de presse est plus élevée pour les films à petit budget que pour les films à gros budget de production. A l’inverse, pour les films à devis élevé, la part des frais d’édition captée par les achats d’espaces publicitaires est sensiblement plus forte (47,2 % pour les films dont le devis de production est supérieur à 10 M€) que pour les petits films (26,1 % pour les films à moins de 1 M€).
Les moyens d’édition déployés pour la sortie d’un film d’initiative française en salles sont également calibrés en fonction du nombre de copies prévu. Ainsi, un film sortant sur moins de 10 copies dispose en moyenne de 55 300 € pour les frais d’édition, contre 1,95 M€ pour un film bénéficiant de plus de 400 copies. Les films sortant sur plus de 400 copies captent ainsi 44,8 % de l’ensemble des frais d’édition en 2005 et les films à plus de 200 copies en mobilisent plus des trois quarts. Les achats d’espaces publicitaires captent la plus grande part des frais d’édition des films sortant sur plus de 100 copies (45,9 % en 2005). En revanche, ils représentent seulement 15,7 % des dépenses d’édition pour les films à moins de 10 copies. A l’inverse, les autres frais d’édition mobilisent une plus grande part des dépenses pour les films à combinaison de sortie restreinte que pour les films disposant d’un nombre élevé de copies.
UN SECTEUR CONCENTRÉ
En 2006, 102 distributeurs participent à la sortie des 589 nouveaux films. Les 10 plus actifs assurent la distribution de 38,2 % des films inédits. Gaumont Columbia, UIP, Metropolitan Filmexport et StudioCanal en distribuent plus de 25 chacun et totalisent 19,5 % des films diffusés pour la première fois en salles en 2006. En 2006, Gaumont Columbia passe de la sixième à la première place du classement des distributeurs en termes d’encaissements. La distribution de Da Vinci Code, Je vous trouve très beau, Casino Royale, et la Doublure, entre autres succès, lui permet de réaliser une part de marché de 12,5 % (7,6 % en 2005). 20th Century Fox capte 11,1 % des encaissements distributeurs en 2006, notamment grâce à l’Age de glace 2, X-Men - l’affrontement final et Eragon. Warner Bros France, leader en 2005, occupe la 3e place malgré la distribution de films ayant rencontré un large succès en salles : les Bronzés 3 – amis pour la vie, Happy Feet et Superman Returns.
StudioCanal gagne quatre places au classement des distributeurs, grâce aux excellents résultats enregistrés par Prête-moi ta main, Indigènes et Fauteuils d’orchestre. EuropaCorp fait son entrée à la neuvième place. Elle compte notamment dans son catalogue 2006 Arthur et les Minimoys, Ne le dis à personne et Quand j’étais chanteur. En 2006, les dix premiers distributeurs réalisent 83,1 % de l’ensemble des encaissements (78,9 % en 2005 et 83,1 % en 2004). Les cinq premiers en captent 52,8 % (49,6 % en 2005 et 57,4 % en 2004).
392 M€ DE DÉPENSES DE PROMOTION DES FILMS
précision méthodologique : L’institut TNS Media Intelligence pige la publicité sur les cinq grands médias : affichage, cinéma, presse, radio et télévision. Depuis 2002, la publicité sur Internet est également prise en compte. En 2004, l’institut a intégré de nouveaux médias : les médias tactiques. Ces derniers regroupent les supports non conventionnels tels que les voitures ou les tables de bistrots. Les montants mentionnés ci-après correspondent à la valorisation financière de l’exposition des publicités sur les sept médias pigés. Ce sont, par conséquent, des investissements bruts tarifés qui ne tiennent pas compte des rabais, remises, ristournes propres à chaque média et à chaque support.
En 2006, les investissements publicitaires bruts pour la promotion des films s’élèvent à 392 M€, en hausse de 20,2 % par rapport à 2005. Les investissements publicitaires réalisés en affichage et en radio stagnent. Toutefois, l’affichage demeure le premier support de promotion des films (40,9 % des investissements totaux). Pour la première fois en 2006, les investissements publicitaires bruts réalisés sur Internet dépassent ceux enregistrés en radio et dans les salles de cinéma. Ils sont multipliés par 3 par rapport à 2005, illustrant l’usage de plus en plus systématique de ce média dans la promotion des films.
Les films français captent 36,3 % des investissements publicitaires bruts en 2006 (hors publicité groupée), contre 52,9 % pour les films américains. En moyenne, la promotion d’un film français coûte 481 000 € (356 600 € en 2005) et celle d’un film américain 770 700 € (669 800 € en 2005). Il existe une grande disparité entre les budgets de promotion : l’indice de dispersion varie de 1 à 4 000 pour les films français et de 1 à 3 400 pour les films américains.
En 2006, 475 films sortis en première exclusivité (soit 80,6 % de l’ensemble des films sortis) ont fait l’objet d’une campagne publicitaire sur au moins un des sept grands médias. L’investissement publicitaire brut total pour ces films atteint 300,9 M€, soit 94,3 % des investissements globaux (hors publicité groupée). Sur ces 300,9 M€, 108,8 M€ sont consacrés à la promotion de 195 films français et 160,0 M€ à celle de 156 films américains. Eragon prend la tête du classement des films en termes d’investissements publicitaires, suivi de Da Vinci Code et de Nos voisins les hommes. Quatre films français figurent parmi les 20 premiers du classement : Arthur et les Minimoys (7e), les Brigades du tigre (13e), Nos jours heureux (18e) et les Irréductibles (20e). Six films d’animation, cinq américains et un français, apparaissent dans ce classement : Nos voisins les hommes (3e), Arthur et les Minimoys (7e), Happy Feet (8e), The Wild (9e), l’Age de glace 2 (10e) et Cars (11e).
Télécharger : Le rapport du CNC