203 films de long métrage ont obtenu l’agrément du CNC au cours de l’année 2006, soit 37 films de moins que l’année précédente et le même nombre de films qu’en 2004. Depuis 2001, le niveau annuel de la production française oscille autour de 205 films agréés dont 170 d’initiative française.

Stabilisation du nombre de films produits à plus de 200

Nombre de films français produits entre 1991 et 2006

203 films de long métrage ont obtenu l’agrément au cours de l’année 2006, soit 37 films de moins que l’année précédente et un retour au niveau de 2004. La baisse concerne à la fois les films produits et financés intégralement ou majoritairement par des partenaires français, films dits « d’initiative française » (-23 films), et les films dans lesquels les partenaires français n’interviennent que comme coproducteurs minoritaires, sans être les initiateurs des projets (-14 films).

164 films d'initiative française sont agréés en 2006, soit un niveau comparable à ceux de 2004 et 2002. La baisse par rapport à 2005 s’explique essentiellement par la variation constatée sur les films à moins de 1 M€ (41 films en 2005, 28 films en 2006) et par celle concernant les films dont le devis est compris entre 5 M€ et 7 M€ (21 films en 2005, 12 films en 2006).

94,5 % des films d’initiative française ont été tournés en langue française en 2006 (94,7 % en 2005). 9 films d’initiative française ont été tournés dans une langue étrangère, contre 10 en 2005. Parmi ces films, 3 ont été tournés en langue anglaise. Ils étaient 5 en 2005 et 2 en 2004.

Seuls 11 films ont été agréés une fois terminés (après obtention de leur visa d'exploitation). Ils étaient 23 en 2005. La réforme de l’agrément (1999) a eu pour effet de rendre facultative la demande d’agrément des investissements avant le début des prises de vue pour les films ne faisant pas appel à des financements encadrés. De fait, les films agréés une fois terminés présentent pour la plupart des budgets peu élevés. La mise en place du crédit d'impôt cinéma, dispositif dont le bénéfice est notamment lié à la demande d'agrément des investissements avant le début des prises de vues, est probablement à l'origine de la forte diminution du nombre de films agréés une fois terminés en 2006.

Baisse des investissements plus faible que celle du nombre de films

Le total des capitaux investis dans les films agréés diminue de 10,7 % pour atteindre 1 148,47 M€ en 2006. Ce recul est moins prononcé que celui du nombre de films (-15,4 %). La baisse des investissements concerne moins les capitaux français (-9,0 %) que les apports étrangers (-14,9 %). En 2006, les investissements étrangers constituent 27,4 % du financement des films agréés (28,8 % en 2005).

Les investissements sur les films d'initiative française sont en diminution de 7,4 %, pour une baisse du nombre de films de 12,3 %. Ce recul concerne à la fois les investissements français (-7,2 %) et les investissements étrangers (-8,6 %). La part des financements étrangers dans les films d’initiative française s’établit à 10,2 % (10,3 % en 2005). L’investissement moyen par film d’initiative française est de 5,27 M€ contre 4,99 M€ en 2005, soit une progression de 5,6 %.

Pour les films à majorité étrangère, le volume total des investissements recule de 19,6 %. Cette diminution est notamment due à la baisse des investissements français (-28,1 %) mais également à celle des capitaux étrangers (-17,1 %). Ainsi, la part des investissements français dans le financement de ces films s’élève à 20,2 %, en baisse par rapport à 2005 (22,6 %). Le devis moyen des films à majorité étrangère s’élève à 7,27 M€, en progression pour la deuxième année consécutive (6,65 M€ en 2005 et 4,35 M€ en 2004).

Documentaires et films d’animation

23 documentaires dont 22 d'initiative française sont agréés en 2006. L’investissement total dans le documentaire s’élève à 24,44 M€ en 2006 (33,57 M€ en 2005). Le documentaire représente 11,3 % des films agréés et capte 2,1 % du devis total. Comme en 2005, 8 documentaires d'initiative française présentent un devis supérieur à 1 M€ en 2006. Le devis moyen des documentaires d’initiative française s'établit à 1,06 M€ (1,12 M€ en 2005).

5 films d'animation, dont 3 d'initiative française, sont agréés en 2006. L’investissement total dans les films d’animation s’élève à 47,85 M€ en 2006 (67,12 M€ en 2005). 4 des 5 films d’animation agréés en 2006 présentent un devis supérieur à 5 M€. Le devis moyen des films d’animation d’initiative française s’établit à 8,64 M€ (8,74 M€ en 2005). L’animation représente 2,5 % de l’ensemble des films agréés et 4,2 % du devis total.

Retrait du nombre de coproductions internationales

76 films sur les 203 agréés en 2006 font l’objet d’une coproduction avec un ou plusieurs partenaires étrangers, soit 37,4 % de l’ensemble des films produits. C’est 38 films de moins qu’en 2005 (-33,3 %) et 3 films de plus qu’en 2004, année où le même nombre total de films avaient été agréés. En 2006, ces films ont été coproduits avec 29 pays différents.

Le nombre de films majoritairement coproduits par la France diminue de 24 unités et retrouve son niveau de 2004. Les coproductions internationales représentent ainsi 22,6 % des films d’initiative française (32,6 % en 2005, 22,2 % en 2004). Le devis moyen de ces films est de 8,97 M€ (5,55 M€ en 2005, 8,09 M€ en 2004) et le devis médian de 5,33 M€ (3,44 M€ en 2005, 5,32 M€ en 2004). En 2006 comme en 2005, la Belgique et l'Italie sont les partenaires privilégiés de la France pour la coproduction d’initiative française. L’Allemagne et l’Espagne demeurent également des pays fréquemment associés à la France avec un nombre de films coproduits égal à celui de 2005. A noter une forte baisse du nombre de coproductions avec le Canada, qui passe de 10 films en 2005 à 2 films en 2006. A souligner également la nouvelle diminution du nombre de coproductions avec le Royaume- Uni (2 en 2006, 5 en 2005, 13 en 2004).

Le nombre de films majoritairement coproduits par un pays étranger diminue de 14 unités par rapport à 2005 mais reste supérieur de 3 unités par rapport à 2004. Les investissements français sur les films de coproduction à majorité étrangère reculent de 28,1 % et les investissements étrangers de 17,1 %. Cette situation engendre mécaniquement un recul de 19,6 % des investissements totaux sur les films de coproduction à majorité étrangère dont le nombre baisse de 26,4 %. Le devis moyen de ces films est de 7,27 M€ (6,65 M€ en 2005 et 4,35 M€ en 2004) et le devis médian de 3,68 M€ (4,39 M€ en 2005 et 2,45 M€ en 2004).

La France a signé des accords autorisant les coproductions financières bilatérales avec trois pays : l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Il s’agit de coproductions sans apport artistique et technique du pays minoritaire, contrairement aux coproductions traditionnelles. Sur les 11 coproductions financières bilatérales de 2006 (13 en 2005), 6 sont des coproductions majoritaires françaises et 5 des coproductions minoritaires.

Depuis la ratification par la France de la Convention européenne sur la coproduction, les coproductions réunissant au minimum trois pays connaissent une progression. Cette convention permet notamment l'élargissement des coproductions financières à tous les pays parties à la Convention. Parmi les 76 films de coproduction agréés en 2006, 26 entrent dans le cadre de la Convention, soit un peu plus du tiers des films coproduits. 10 sont des films d'initiative française et 16 des films à majorité étrangère. La participation française est uniquement financière pour 9 des 16 films à majorité étrangère. En incluant la France dans le décompte des pays partenaires, 14 films ont été produits avec la participation de trois pays parties à la Convention, 9 films ont été produits à quatre pays, 2 films à cinq pays et un film à six pays.

Persistance de la bipolarisation de la production d’initiative française

Le nombre de films d’initiative française présentant un devis inférieur à 1 M€ passe de 41 en 2005 à 28 en 2006. La moitié de ces films sont des documentaires, 68 % sont des premiers ou des deuxièmes films et 75 % ont été tournés en vidéo numérique. Le nombre de films dont le devis est compris entre 1 M€ et 4 M€ est en léger recul (79 en 2005, 72 en 2006).

Le nombre de films affichant un devis compris entre 4 M€ et 7 M€ baisse de 32,1 % par rapport à 2005. Significatifs de la bipolarisation de la production d’initiative française, ces films ne représentent en 2006 que 11,6 % de cette dernière, contre 15,0 % en 2005 et 29,3 % en 2004.

Cette baisse concerne particulièrement les films dont le devis est compris entre 5 M€ et 6 M€ (12 en 2005, 6 en 2006). L’intégralité des 33 films d’initiative française présentant un devis compris entre 5 M€ et 6 M€ agréés en 2004 répondaient aux critères de la clause de diversité sur les investissements de Canal+ (devis inférieur à 5,34 M€) et se situaient en réalité entre 5,0 M€ et 5,34 M€. A partir de 2005, l’abaissement du plafond à 4 M€ entraîne une raréfaction des films dans la tranche 5 M€-6 M€, au bénéfice de la tranche répondant au nouveau critère (3 M€-4 M€) et de la tranche supérieure (7 M€- 8 M€).

Dans les tranches de devis les plus hautes, le nombre de films est à nouveau en progression : 45 films présentent un budget supérieur à 7 M€ en 2006, contre 39 en 2005 et 33 en 2004, année pendant laquelle le nombre total de films d'initiative française agréés était comparable à celui de 2006.

En termes d’investissement, les films dont le devis est supérieur à 7 M€ captent 67,7 % de l’ensemble des investissements dans la production d’initiative française (61,2 % en 2005, 55,5 % en 2004). Les investissements sur les films compris entre 4 M€ et 7 M€, qui représentaient 27,7 % du total des devis en 2004 et 16,6 % en 2005, en captent 11,6 % en 2006. Cette évolution est corrélée à celle du nombre de films. Les films d’initiative française dont le devis est compris entre 1 M€ et 4 M€ absorbent 19,0 % des devis totaux (20,0 % en 2005) et les films aux devis les moins élevés (inférieur à 1 M€) en captent 1,6 %.

Premiers films

34,1 % des films d’initiative française agréés en 2006 sont des premiers films, contre 36,9 % en 2005. Le nombre de premiers films est en baisse (-13 films) mais retrouve un niveau équivalent à celui de 2004. Le nombre de deuxièmes films est également en baisse par rapport à 2005 (-7 films). Au total, le nombre de premiers et deuxièmes films représente 50,6 % de la production d’initiative française, contre 55,1 % en 2005.

Alors que le devis moyen des films d’initiative française est de 5,27 M€, celui des premiers films est de 2,84 M€ (3,21 M€ en 2005). 18 premiers films ont un devis supérieur à 3 M€ (25 films en 2005), parmi lesquels 8 ont un devis supérieur à 6 M€ (10 en 2005) et 2 un devis supérieur à 10 M€ (3 en 2005). La proportion de films à faible devis (inférieur à 2 M€) est plus élevée sur le périmètre des premiers films (53,6 %) que sur l’ensemble des films d’initiative française (38,4 %).

Le devis moyen des deuxièmes films s’établit à 4,23 M€. Cette moyenne, en baisse par rapport à 2005 (4,87 M€), s'explique par le nombre moins important de films ayant un devis supérieur à 7 M€ : 6 films en 2006, contre 9 en 2005.

Les chaînes de télévision et les sociétés de production : principaux financiers des films d’initiative française

En 2006, les sociétés de production et les chaînes de télévision demeurent les principaux financiers des films d’initiative française. La contribution des premières progresse, passant de 26,7 % en 2005 à 31,9 % en 2006, notamment sous l’effet de levier généré par le crédit d’impôt. Celle des secondes recule de nouveau et s’établit à 28,7 % (29,5 % en 2005). Cette baisse est compensée par la progression du poids des aides régionales qui couvrent désormais 1,5 % des devis des films d’initiative française (1,3 % en 2005) et de celui des SOFICA (3,5 % en 2006, 3,1 % en 2005). En revanche, les à valoir en provenance de la distribution et de l’édition vidéo ainsi que les mandats étrangers sont en retrait : ils assurent conjointement le financement de 13,8 % des devis en 2006, contre 18,2 % en 2005.

La structure de financement des films d’initiative française est étroitement corrélée aux devis totaux. Ainsi, les aides sélectives et les aides régionales assurent 17,9 % du financement total des films dont le devis est inférieur à 1 M€ et seulement 1,1 % de celui des films à plus de 7 M€. A l’inverse, les mandats, dans leur ensemble (salles, vidéo et étranger), contribuent pour 15,7 % au financement des films à plus de 7 M€ et pour 3,9 % à celui des films à moins de 1 M€. Les chaînes de télévision financent mieux les films dont le devis dépasse 4 M€ et les SOFICA les films à devis moyens (entre 1 M€ et 7 M€).

Investissements des chaînes en clair

En 2006, sur 203 films agréés, les chaînes en clair financent 84 films dont 75 d’initiative française (99 films dont 89 d'initiative française en 2005). 4 films d’initiative française sont simultanément financés par deux diffuseurs en clair (6 en 2005).

Le volume global d’investissements des chaînes en clair enregistre une baisse de 14,7 %, proportionnelle à la diminution du nombre de films financés (-15 films).

Ces tendances sont toutefois à interpréter avec prudence, notamment au regard des obligations de production. En effet, seuls apparaissent dans ces résultats les investissements dans les films ayant reçu l’agrément des investissements ou directement l’agrément de production au cours de l’année. Ce calendrier implique d’éventuelles distorsions avec les montants d’investissements déclarés par les chaînes au CSA.

Les investissements des chaînes en clair sont constitués à hauteur de 70,2 % par des préachats de droits de diffusion (68,2 % en 2005). La part des apports en coproduction est ainsi en légère baisse (29,8 %, contre 31,8 % en 2005). M6 est la chaîne dont les préachats représentent la plus grande part des investissements (81,7 % en 2006). Elle est suivie de TF1 (80,7 %), France 2 (63,8 %), France 3 (55,0 %) et enfin Arte (39,2 %).

En 2006, un seul film a fait l’objet d’un préachat de droits de diffusion de la part d’une chaîne en clair sans qu’il soit accompagné d’une coproduction. Il y en avait 2 en 2005 et en 2004.

Les diffuseurs peuvent consacrer jusqu’à 0,7 % de leur chiffre d’affaires à la production d’œuvres européennes tournées dans une autre langue que le français.

En 2006, l’intervention des chaînes dans ce type de films s’élève à 7,13 M€ pour 11 films (12,40 M€ pour 15 films en 2005). En 2006 comme en 2005, près de 59 % des films agréés ne bénéficient pas du financement d’une chaîne en clair. Cette part est en hausse par rapport aux années précédentes. Sur le seul périmètre des films d’initiative française, 54,3 % des films sont produits sans chaîne en clair en 2006 (52,4 % en 2005 et 41,9 % en 2004).

En 2006, 59 films agréés ne bénéficient d’aucun financement d’une chaîne de télévision, soit 29,1 % des films agréés (33,8 % en 2005). 10 d’entre eux ont été agréés une fois terminés. Près de 70 % des films sans apport de chaînes de télévision présentent des devis inférieurs à 2 M€ (68 % en 2005) et 83 % des devis inférieurs à 4 M€ (83 % en 2005).

lnvestissements de Canal+

125 films agréés en 2006 ont fait l’objet d’un investissement de Canal+ pour un montant global de 138,32 M€, en progression de 9,7 % par rapport à l’année précédente. Ces chiffres n’incluent ni les indexations de prix calculés sur les recettes salles, ni les films financés avec Canal+ et sans financements encadrés qui ne sont pas comptabilisés.

Le nombre de films d’initiative française préachetés augmente par rapport à 2005 (+3 films) mais reste inférieur à celui de 2004 (-5 films). Sur l’ensemble des films d’initiative française, la part des films financés par Canal+ est de 66,5 % (56,7 % en 2005 et 68,3 % en 2004).

Les investissements de Canal+ couvrent 16,6 % de l’ensemble des investissements français dans les films agréés en 2006. Cette proportion était de 13,7 % en 2005 et de 16,7 % en 2004. L’investissement de Canal+ dans les coproductions minoritaires françaises accuse une baisse par rapport à 2005 (-13,4 %) pour un nombre de films en progression (+2). En revanche, l’investissement dans les films d’initiative française est en augmentation de 11,9 % et retrouve un niveau comparable à celui de 2004, pour 5 films de moins. L'investissement moyen sur les films d'initiative française est de 1,18 M€. Les acquisitions s’échelonnent entre 0,10 M€ et 7,00 M€ (entre 0,15 M€ et 5,00 M€ en 2005). Canal+ intervient toujours dans des films aux devis variés. En 2006, la chaîne achète 77,2 % des films d’initiative française dont le devis est compris entre 1 M€ et 15 M€ (71,6 % en 2005). Elle préachète également 7,1 % des films dont le devis est inférieur à 1 M€ et la totalité des films dont le devis est supérieur à 15 M€. Pour répondre à la clause de diversité, Canal+ finance 52 des 100 films d’initiative française dont le devis est inférieur à 4 M€ (51 films sur 120 en 2005).

19 films d’initiative française font simultanément l’objet d’un préachat de Canal+ pour une première diffusion cryptée et de TPS pour une deuxième diffusion cryptée (22 films en 2005).

32,0 % des films agréés ne sont préachetés par aucune chaîne de télévision payante. Cette part est en baisse par rapport à 2005 (37,1 %) mais reste supérieure à son niveau de 2004 (28,1 %). 25,6 % des films d’initiative française sont produits sans le concours financier d’une chaîne payante en 2006, contre 29,9 % en 2005 et 20,4 % en 2004.

Investissements de TPS Cinéma

TPS Cinéma participe au financement de 30 films agréés en 2006, dont 26 films d’initiative française. Le volume des investissements est en net repli par rapport à 2005 (-58,9 %), notamment sur les films d’initiative française (-58,8 % pour 12 films de moins). Cette évolution est toutefois à considérer avec prudence compte tenu des effets calendaires que peut impliquer le mode de comptabilisation de la production au regard des obligations.

Les préachats de première fenêtre de diffusion payante sur les films d'initiative française (8,69 M€, soit 64,9 % du total) connaissent une baisse importante (-65,2 %) et leur part dans le volume global des investissements de TPS Cinéma est en diminution (24,94 M€ en 2005, soit 76,7 % du total). Ces préachats de première fenêtre concernent 7 films d’initiative française en 2006, contre 12 en 2005. TPS Cinéma mobilise 33,8 % de son investissement pour les préachats de deuxième fenêtre de diffusion payante (4,53 M€ pour 21 films d’initiative française). Cet investissement est en régression par rapport à 2005 (-31,3 %) mais représente une part plus importante de l’investissement total (6,59 M€, soit 20,3 % en 2005). En 2006, TPS Cinéma finance 0,18 M€ de minima garantis au titre d’une exploitation en paiement à la séance de 7 films d’initiative française. Ces achats constituent 1,3 % du total des financements de TPS Cinéma, contre 3,1 % en 2005 (1,00 M€ pour 22 films).

L’investissement moyen par film d'initiative française est de 0,52 M€, contre 0,86 M€ en 2005. Il connaît toutefois des variations importantes selon le type de diffusion. Ainsi, pour une première fenêtre de diffusion payante, le montant moyen d’investissement est de 1,24 M€ (2,08 M€ en 2005) ; pour une deuxième fenêtre, il est de 0,22 M€ (0,20 M€ en 2005) ; pour une exploitation en paiement à la séance il s’élève à 25 700 € (45 500 € en 2005). Les investissements au titre de la première fenêtre de diffusion payante s’échelonnent entre 0,09 M€ et 2,20 M€ (entre 0,20 M€ et 6,00 M€ en 2005).

Seuls deux films d'initiative française font l’objet d’une intervention de la chaîne à la fois pour une première fenêtre de diffusion payante, une deuxième fenêtre de diffusion payante et pour une exploitation en paiement à la séance, totalisant un investissement de 3,75 M€.

TPS Cinéma intervient dans des films aux devis variés mais concentre 90,5 % de ses investissements sur des films dont le devis est supérieur à 5 M€ (92,8 % en 2005). Le devis moyen des films agréés dans lesquels TPS Cinéma intervient en 2006 s’établit à 7,02 M€ (7,07 M€ en 2005).

Contribution de Ciné Cinéma

En 2006, Ciné Cinéma investit 9,32 M€ sur 59 films dont 57 d’initiative française. L’intervention de Ciné Cinéma est en retrait par rapport à 2005 sur les films d’initiative française : 8 films de moins sont financés et les apports diminuent de 21,7 %. En revanche, le volume total des préachats de films d'initiative française de 2006 est comparable à celui de 2004, pour l'acquisition de 11 films de plus. L’investissement moyen de la chaîne sur les films d’initiative française est de 162 000 € (181 000 € en 2005 et 198 400 € en 2004). Les acquisitions de films d’initiative française s’échelonnent de 35 000 € à 500 000 €.

50 des 57 films d’initiative française financés par Ciné Cinéma le sont au titre d’une deuxième diffusion cryptée, la première ayant été acquise par Canal+ (49 films) ou par TPS Cinéma (1 film). 6 films font l’objet d’une acquisition de première diffusion cryptée par Ciné Cinéma, pour un montant cumulé de 0,74 M€. Le dernier film est acquis par Ciné Cinéma pour une troisième diffusion cryptée, la première ayant été acquise par Canal+ et la seconde par TPS Cinéma.

Le crédit d'impôt

En 2006, parmi les 164 films d'initiative française agréés, 119 ont fait l'objet d'une demande d'agrément provisoire de crédit d'impôt (118 sur 187 films d'initiative française en 2005), soit 72,6 % du total.

Apports des SOFICA en légère hausse

Comme en 2005, les SOFICA sont intervenues sur 78 films en 2006. L’investissement global s’établit à 32,78 M€ en 2006, contre 31,63 M€ en 2005. Il représente 6,7 % du budget des films considérés, contre 6,9 % en 2005. L’investissement moyen par film s’élève à 0,42 M€ (0,41 M€ en 2005).

En 2006, les SOFICA financent de nouveau très majoritairement des films réalisés en langue française (76 films sur 78). Près de la moitié des films sur lesquels elles interviennent ne sont pas coproduits par une chaîne en clair (38 films, soit 48,7 %, contre 26 films, soit 33,3 % en 2005).

En 2006, les SOFICA ont investi sur des films dont le budget est très légèrement supérieur à la moyenne : le devis moyen des films dans lesquels sont intervenues les SOFICA est de 5,29 M€ (6,23 M€ en incluant Astérix aux jeux olympiques de F. Forestier et T. Langmann). Pour mémoire, le budget moyen était de 5,87 M€ en 2005. Il a traditionnellement la particularité d'être nettement supérieur à la moyenne des budgets de l'ensemble des films agréés dans l'année. 19 films financés par les SOFICA présentent un devis supérieur à 7 M€ (22 films en 2005) et 33 films un devis inférieur à 3 M€ (23 films en 2005). Les trois SOFICA les plus actives ont fourni 52,7 % de l’investissement total (46,8 % en 2005).

L’avance sur recettes

En 2006, 52 films ont été produits avec l’aide en amont de l’avance sur recettes. Parmi ces films, 6 sont des coproductions minoritaires françaises. Les films d’initiative française aidés par l’avance sur recettes représentent 28,0 % des films d’initiative française produits en 2006, contre 31,0 % en 2005.

Parmi les films bénéficiaires de l’avance sur recettes avant réalisation, 21 sont des premiers films, films minoritaires inclus (17 films en 2005). Ainsi, 40,4 % des films agréés en 2006 ayant bénéficié de l’avance sur recettes avant réalisation sont des premiers films (27,9 % en 2005). Le nombre de deuxièmes films ayant bénéficié de l’avance est divisé par deux : 7 films en 2006, contre 15 films en 2005. Le total des avances accordées s’élève à 19,49 M€ et couvre, en moyenne, 13,4 % du devis des films aidés (12,0 % en 2005). En 2006, l’avance moyenne par film est en progression et s'élève à 374 800 €, contre 343 600 € en 2005. Les montants des avances s’échelonnent entre 100 000 € et 500 000 € (entre 90 000 € et 525 000 € en 2005).

En 2006, 7 films agréés bénéficient de l’avance sur recettes après réalisation (10 films en 2005). Le montant total des allocations s’élève à 607 600 € (943 000 € en 2005), soit une moyenne de 86 800 € par film. Le devis moyen de ces films s’élève à 0,99 M€ (0,49 M€ en 2005). L’avance après réalisation représente 8,7 % du devis des films aidés (19,2 % en 2005). Parmi les films aidés figurent 4 premiers films (7 en 2005) et aucun deuxième film (1 en 2005). Un seul film bénéficiaire de l’avance sur recettes après réalisation est un documentaire (4 films en 2005).

1 289 semaines de tournage pour les films d’initiative française

Le nombre cumulé des semaines de tournage pour les films d'initiative française s'établit à 1 289 en 2006. La durée moyenne de tournage pour un film d’initiative française est de 8,3 semaines (7,7 semaines en 2005). Le nombre de semaines de tournage dans l'hexagone s'établit à 998, soit une hausse de 3,7 % par rapport à 2005 (+36 semaines). Cette augmentation concerne à la fois les tournages en décors naturels (+22 semaines par rapport à 2005) qui totalisent 918 semaines et les tournages dans les studios français, en progression de 14 semaines (+21,2 %).

49 films d'initiative française, soit 31,6 % des 155 pris en compte (9 films pour lesquels la durée de tournage n’a pas de sens sont exclus de l’analyse), sont partiellement ou intégralement tournés à l'étranger (72 films, soit 41,1 % en 2005). Le choix du tournage à l'étranger est, dans la majorité des cas, lié à des exigences d'ordre artistique. Néanmoins, ce choix répond parfois à une logique financière, la localisation à l'étranger permettant des économies sur les coûts (Portugal, République Tchèque, Bulgarie, Roumanie) ou l'accès à des financements locaux (Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, Luxembourg) au travers des coproductions. La durée des tournages à l'étranger diminue de 96 semaines (-24,8 %). Cette diminution est essentiellement liée au recul des films de coproduction majoritaire dont le nombre passe de 61 en 2005 à 37 en 2006. Parmi les 37 films de coproduction, 26 ont fait l'objet d'un tournage à l'étranger pour une durée cumulée de 184 semaines, soit 63,2 % de la durée totale de tournage à l'étranger (232 semaines de tournage à l'étranger pour 40 films de coproduction sur 61 en 2005, soit 59,9 % de la durée totale de tournage à l'étranger).

En 2006, 17 films d’initiative française sont partiellement tournés en studio en France (23 films en 2005). La durée moyenne de tournage en studio est de 24 jours, contre 14 jours en 2005 et 15 jours en 2004. Les films tournés en studio présentent des devis élevés : 2 films à plus de 20 M€, 9 films au devis compris entre 10 M€ et 20 M€, 5 films au devis compris entre 5 M€ et 10 M€ et un film dont le devis est inférieur à 5 M€. Le devis moyen des films partiellement tournés en studio en France s’établit à 11,75 M€. 7 films de coproduction minoritaire ont été partiellement tournés en France, contre 5 en 2005, 4 en 2004 et 7 en 2003. Parmi eux, un seul a été tourné en quasi-totalité en France.

Le secteur de la production : une atomisation structurelle

142 sociétés différentes produisent les 164 films d’initiative française agréés en 2006, pour lesquels 27 productions co-déléguées sont dénombrées. Le secteur de la production cinématographique reste donc peu concentré. Gaumont est la société la plus active en 2006 avec 7 films d’initiative française produits dont le devis moyen est de 8,31 M€. Trois sociétés produisent 5 films chacune. Il s’agit de Fidélité Films (devis moyen : 8,64 M€), Pan Européenne Production (devis moyen : 7,44 M€) et Pathé Renn Production (devis moyen : 23,68 M€ et 10,08 M€ hors Astérix aux jeux olympiques). Quatre sociétés ont produit 3 films chacune. Il s'agit de Europacorp, les Films du Kiosque, Rézo Productions et Sunday Morning Productions. 23 sociétés ont produit 2 films et enfin, 109 sociétés ont produit un seul film en 2006.

Coûts de production des films d’initiative française

En 2006, 141 films d’initiative française ont reçu un agrément de production (43 films de moins qu’en 2005), soit un volume de dépenses de 707,88 M€. 55,3 % de ces films ont réalisé une partie de leurs dépenses à l’étranger (51,1 % en 2005), pour 117,66 M€. Ces dépenses, qui représentent en moyenne 16,6 % des coûts de production totaux (15,2 % en 2005), concentrent essentiellement les dépenses relatives aux transports, défraiements et régie, au personnel, et les dépenses de décors et costumes pour les longs métrages de fiction.

La répartition des coûts de production ne présente pas d’évolution générale marquante en 2006 : l’équilibre de la structure des coûts est relativement stable depuis 2003, la part de certains postes ne variant qu’à plus ou moins un point d’une année à l’autre.

Les postes captant la majorité des dépenses ne sont pas les mêmes selon qu’il s’agit de longs métrages de fiction, de documentaires ou de films d’animation. En effet, la production d’un long métrage de fiction doit supporter des coûts relativement importants en termes de personnel, d’interprétation et de charges sociales, soit plus généralement les postes relatifs aux rémunérations. Ces derniers augmentent leur part en 2006 et représentent 57,9 % des coûts de production d’un film (56,9 % en 2005). Les dépenses de personnel et les charges sociales fluctuent peu selon le budget des films et leur poids dans les dépenses totales se réduit en 2006 (respectivement 23,5 % et 11,7 %, contre 24,2 % et 12,1 % en 2005).

En revanche, les dépenses d’interprétation sont très étroitement liées aux budgets des films. Elles s’imposent de manière conséquente dans les films de grande envergure et évoluent à la hausse pour les films à petit budget (de 7,3 % à 8,5 % du budget de 2003 à 2006). Le poids de la rémunération des rôles principaux progresse d’ailleurs légèrement d’année en année, passant de 7,0 % en 2003 à 8,6 % des dépenses totales en 2006. Le poste interprétation atteint ainsi 13,1 % du budget des films (11,6 % en 2003). Autre poste de rémunérations en progression, les droits artistiques concentrent 9,5 % des dépenses totales en 2006 (7,5 % en 2003 et 8,2 % en 2005) même si la part des dépenses d’écriture est relativement stable par rapport à 2005 (3,6 % du budget des films). Toutefois, la concentration des dépenses d’écriture s’accentue, les 10 films à plus gros budget captant 47,3 % du total de ces dépenses (42,6 % en 2005).

Les postes relatifs au tournage et aux dépenses techniques présentent une grande stabilité. Une partie des coûts techniques sont des coûts fixes qui, en proportion, ont un impact plus important sur les films à petit budget (dépenses incompressibles, absence d’économie d’échelle). Les frais financiers, enfin, sont stables et représentent 4,0 % des dépenses totales.

Après une année 2005 exceptionnelle (24,97 M€), les dépenses de production des documentaires reculent fortement en 2006 et retrouvent un niveau proche de 2003 à 6,67 M€. Le documentaire assume des charges importantes de personnel dont le poids s’atténue en 2006 à 20,8 % des dépenses totales. Le poids des moyens techniques augmente à 30,9 %, ce qui correspond à son niveau de 2003. La part des dépenses relatives au transport, défraiement et régie maintient à 10,6 % le niveau constaté en 2005 (11,3 %), malgré une grande disparité d’échantillon entre ces deux années. Le reste des postes présente un poids plus faible, lié aux caractéristiques propres des documentaires. De 2003 à 2006, 13 films d’animation ont reçu un agrément de production. L’ensemble de leurs dépenses de production s’élève à 98,05 M€. Le personnel s’impose comme le premier poste de dépenses sur l’ensemble de la période (32,4 %), suivi par les frais de sous-traitance (16,6 %, essentiellement générés par Astérix et les Vikings) et les moyens techniques (14,2 %). L’interprétation (voix des personnages) ne représente en valeur que 1,79 M€ et 1,8 % des dépenses. La structure globale des coûts des films d’animation est différente de celle des films de fiction : les rémunérations captent 50,5 % des dépenses, contre 56,0 % en moyenne pour la fiction, les frais de tournage 34,0 % (28,8 % pour la fiction). En revanche, le poids des frais techniques est équivalent en animation (15,5 %) et en fiction (15,2 %).

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