|
Editeur : Carlotta-Films, mars 2008. Nouveaux masters restaurés. Langue : japonais. Sous-titres : français. Son : mono. Format : 1,37. Bonus DVD 1 :
Bonus DVD2 :
|
|||||||||||
![]() |
![]() |
||||||||||
|
La sublime Izusu Yamada dans La
cigogne en papier (1935) , dernier film muet de Kenji Mizuguchi
et Oyuki la vierge (1935), son premier film parlant |
|||||||||||
|
Formidable édition signée Carlotta-Film de ces trois films méconnus qui asurent la transition entre le muet et le parlant. La cigogne en papier (1935, 1h27)
La salle d'attente suffocante d'une gare sous l'orage, en panne d'électricité avec un train qui n'arrive pas. Sokichi se souvient en regardant le sanctuaire de Kanda tout proche. Parti étudier la médecine, sans ressource, il avait failli se suicider devant ce sanctuaire. Mais Osen, une prostituée en fuite, l'avait sauvé avant qu'elle ne soit reprise par la bande de malfrats à laquelle elle appartenait. Sokichi avait alors intégré cette triste équipe comme homme à tout faire...
La cigogne en papier est un mélodrame flamboyant qui s'inscrit dans la lignée des mélodrames sentimentaux de Mizoguchi, très éloigné du style très sobre qu'il acquerra dans les années 40. Il y a ici musique lyrique, regards pénétrés et travellings emportés, éclairages jouant des oppositions d'ombre et de lumière. Le film est aussi construit sur une série de flash-back à partir de la salle d'attente en plein air. Les entrées de flash-back sont très traditionnelles depuis le vent sur les feuilles jusqu'aux raccord dans l'axe où Sokichi, aujourd'hui respectable professeur, regarde le vagabond qu'il était autrefois. Si les flash-back sont parfois pris en charge par Osen, devenue presque folle, ils ne se départissent pas du même regard objectif. On notera aussi le flash-back dans un flash-back pour raconter comment Sokichi quitte son village pour faire des études de médecine Deuxième élément formel qui sera ensuite banni par Mizoguchi, les superpositions. L'une très brève dans le flash-back dans un flash-back superpose plusieurs moyens de transports pour indiquer la longueur du voyage que doit entreprendre Sokichi. La plus marquante est celle de la séquence finale ou Osen, folle, discute avec le jeune Sokichi comme elle le faisait autrefois alors que Sokichi médite avec tristesse dans le même plan sur sa folie irrémédiable. Mizoguchi se permet aussi quelques afféteries formelles que l'on retrouve par exemple aussi chez le Ozu de chur de Tokyo : des plans en contre-plongée, un train qui traverse un paysage que l'on croirait tiré du John Ford expressionniste ou un jeu très formel d'ombres sur un rail renvoyant les rayons du soleil. On note aussi des touches d'humour cyniques : la matrone qui veille sur Osen et l'empêche de boire avale le verre d'uen lampée satisfaite. Belle séquence enfin que celle de la cigogne en papier que Osen avait emportée dans son kimono au moment de son arrestation. Les mains liées, elle la sait avec la bouche puis la fait s'envoler en soufflant : "Etudie, tu seras mon âme. Devient médecin et accède au bonheur, dit-elle alors en guise de message d'adieu à Sokichi qui la voit s'éloigner. Celui-ci perturbé ne voit pas une carriole s'avancer et le renverser. Il s'en sort pourtant indemne :" Sokuchi fut sauvé à l'endroit où la cigogne tomba."
Oyuki La vierge (1935, 1h18mn)
Le film transpose l’épisode de la guerre de 1870 de Boule de Suif de Maupassant dans le contexte japonais de la « Guerre Ouest-Sud ». Au début de l’ère Meiji, le gouvernement réprima un mouvement d’insubordination mené par un certain Takamori Saigô… Les coquelicots (1935, 1h18)
Ono et Sayoko, deux amis d’enfances, vont bientôt se marier. Le père de Sayoko, Inue, se fait une joie d’accompagner sa fille à Tokyo. Mais entretemps, Ono rencontre Fujio, une jeune fille superbe qui a une joie de vivre exceptionnelle. Fujio est elle aussi fiancée (à Munechika). La colère du père de Sayoko est terrible: il rentre furieux à Kyoto. Ono réalisera bientôt qu’il s’est égaré et va lui aussi retourner auprès de son premier amour à Kyoto. Munechika en revanche ne peux pas pardonner à Fujio: il quitte le Japon
Présentations de Pascal Vincent (de 2 à
3 mn)
Oyuki : 1877. Quelques années après le début de l'ère Meiji, le clan des samouraïs organise une rébellion contre l'armée impériale japonaise. Neuf mois de combat qui mettent le Japon à feu et à sang Mizoguchi est féru de littérature occidentale. Il a adapté Les aventures d'Arsene Lupin dans les années 20 et Anna Christie de Eugene O'Neil. Après Oyuki la vierge, adapté de Boule de Suif, Les contes de la lune vague seront aussi partiellement inspirés de Maupassant. Mizoguchi y critique une nouvelle fois l'organisation de la société japonaise et les sacrifices que la position masculine oblige les femmes à faire. Il y a un couple féminin comme dans L'élégie de Naniwa et Les sœurs de Gion Les coquelicots est une adaptation d'un roman de Natsume Soseki, auteur de Je suis un chat. Il s'agit d'un drame bourgeois et des amours contrariées par la société de deux femmes l'une plus traditionnelle, l'autre plus moderne, soumises au pouvoir des hommes.
Isuzu Yamada, une vie d'actrice (19 mn)
Elle tournera six longs métrages avec Mizoguchi qui la fait parvenir au statut de vedette. Isuzu Yamada est engagée à douze ans par la Nikkatsu. Elle a 17 ans et est apparue dans 50 longs métrages quand elle tourne son premier film avec Mizoguchi : Le col de l'amour et de la haine. L'actrice le rejoint à la Daicchi-eiga pour La cigogne en papier. Elle devient aussi l'actrice la mieux payée des années 30. Elle passe sans problème au parlant dans Oyuki la vierge. Apres une interruption due à son mariage et à un enfant, elle tourne à nouveau pour Mizoguchi dans L'élégie de Naniwa puis Les surs de Gion et L'épée Bijoruma.
Parmi ses rôles marquants Crépuscule
à Tokyo de Ozu où elle joue la mère et Au
grès du courant de Naruse. Elle jouera ensuite surtout au théâtre et à la télévision et sera ouverte d'honneur, reçue par l'empereur. |
|||||||||||
|
Carlotta-Films
|
||
|
présente
|
||
|
Kenji
Mizoguchi, les années 30
|
||