Dracula est un personnage de fiction inventé par l'écrivain irlandais Bram Stoker en 1897, dans un roman écrit sous forme épistolaire.

Stoker s'est inspiré du personnage historique Vlad Tepes (Vlad l'Empaleur) surnommé "Dracula" et réputé être particulièrement cruel. De ce voïvode de Valachie au XVe siècle, l'auteur en a fait un vampire, c'est-à-dire un être immortel qui se repaît du sang des vivants.

Nosferatu
La marque du vampire
 
Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau (1921)
Tod Browning : La marque du vampire (1935)
 

Le personnage de Dracula a été exploité par d'autres auteurs et a progressivement accédé à la notoriété : il s'agit désormais d'un des monstres les plus connus dans le monde occidental.

Le cauchemar de Dracula
Dracula de Francis Ford Coppola
Terence Fisher : Le cauchemar de Dracula (1958)
Francis Fod Coppola : Dracula (1992)

26 ans avant Bram Stoker, son compatriote irlandais Sheridan Le Fanu avait publié Carmilla qui inspira le Vampyr de Dreyer. Parmi les variation sur Dracula, la version de Neil Jordan Entretien avec un vampire est sans doute la plus convaincante.

Le cauchemar de Dracula
Dracula de Francis Ford Coppola
Carl Theodor Dreyer : Vampyr (1932)
Neil Jordan : entretien avec un vampire (1994)

Portrait physique

Dans l'imaginaire collectif, le comte Dracula est représenté comme un aristocrate dans la force de l'âge, grand et svelte, avec des traits fins, le teint pâle et les cheveux noirs. Il est habillé d'un costume sombre et d'une grande cape noire à doublure rouge.

En réalité, cette représentation a évolué dans le temps. Le Dracula originel, celui de Bram Stoker, ne correspondait pas à cette peinture : il s'agissait d'un vieillard — qui rajeunissait tout au long du roman — plutôt laid et repoussant, ayant un corps grand et maigre, un nez aquilin, des sourcils broussailleux, des cheveux rares aux tempes, une épaisse moustache, des doigts courts et forts, des paumes poilues et une haleine fétide.

Le Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau et celui de Coppola sont également laids et inquiétants ainsi que la Marguerite Chopin du Vampyr de Dreyer.

Principales adaptations :
       
Entretien avec un vampire Neil Jordan U.S.A. 1994
Dracula Francis Ford Coppola U.S.A. 1992
Nosferatu, fantôme de la nuit Werner Herzog Allemagne 1979
Dracula John Badham U.S.A. 1974
Les maîtresses de Dracula Terence Fischer G-B 1960
Le cauchemar de Dracula Terence Fischer G-B 1958
La marque du Vampire Tod Browning U.S.A. 1935
Vampyr Carl Theodor Dreyer France 1932
Dracula Tod Browning U.S.A. 1931
Nosferatu Friedrich Wilhelm Murnau Allemagne 1921

 

Portrait moral

Le structure du Dracula de Stoker est particulière : la plupart des personnages tiennent un journal et c’est l’assemblage de ces différents témoignages qui constitue le résultat final.

Dans ces témoignages, le vampire est, la plupart du temps, présenté comme un monstre sans cœur, une représentation du mal absolu. Mais ce n’est pas toujours le cas. Il est ainsi remarquable que Mina Harker éprouve de la pitié à son égard.

Quant à Abraham Van Helsing, il est véritablement fasciné, tant par le personnage historique que Dracula a été que par le vampire lui-même ; il s’émerveillera, ainsi, de l’ingéniosité dont le prince des ténèbres a fait preuve pour préparer son voyage jusqu’à Londres : «Si un autre parmi les non-morts avait tenté cette même entreprise, tous les siècles qui furent et ceux qui seront n’y auraient peut-être pas suffi (…). Il a tout accompli tout seul, tout seul, à partir d’une tombe en ruine au fond d’un pays oublié » (p 516-518).

Dans les autres adaptations, le vampire apparaît avec des traits de caractère différents. Dans Nosferatu, fantôme de la nuit (Murnau, 1921), il est une véritable victime, prisonnier du temps qui ne le laisse pas en paix : il avoue ainsi à Jonathan sa douleur de ne pas pouvoir mourir. Dans les films de la Hammer, Dracula est certes un personnage cruel, mais il possède également un certain sens de la justice : dans Dracula (Terence Fisher, 1958), s’il décide de vampiriser la fiancée de Jonathan c’est, affirme Van Helsing, parce que ce dernier a tué la femme-vampire qui vivait avec lui ; de même, dans Une messe pour Dracula, le vampire entreprend de faire tuer les hommes qui ont assassiné celui qui lui a permis de renaître de ses cendres. Le Dracula de Francis Ford Coppola nous dévoile, lui, un personnage qui provoque franchement la sympathie du spectateur en renversant les symboles du bien et du mal : c’est en effet à cause de la cruauté de l'église que Dracula a accédé à l’état de vampire. Son caractère attachant s’exprime également, paradoxalement, par son humanité : il se révèle capable d’aimer, de pleurer, d’éprouver de la sympathie.

L’évolution de la perception de Dracula esr parallèle par rapport à celle des personnages maléfiques en général : Dark Vador (Star Wars), Hannibal Lecter (Le Silence des agneaux), de Keyser Soze (Usual Suspects). Ces portraits ont acquis une réelle profondeur : les auteurs tentent d’expliquer les raisons qui ont poussé ces personnages à choisir la voie du mal, et ce choix s’est souvent fait dans la souffrance. Cette profondeur place le lecteur ou le spectateur en situation de sympathie vis-à-vis d'eux.


Pouvoirs et incapacités


Les facultés prêtées à Dracula varient selon les versions. Ainsi, dans le roman de Bram Stoker, le roi vampire possède de nombreux pouvoirs

Le roman détaille également un grand nombre d'incapacités

Par ailleurs, il existe plusieurs moyens pour le détruire. Le roman de Bram Stoker indique plusieurs moyens:


Comment Dracula est-il devenu vampire ?

Les vampires, du moins ceux que les versions occidentales modernes nous donnent à voir, le deviennent en ayant été mordus par un autre vampire. Si certains auteurs appliquent cette loi à notre personnage – Anne Rice, par exemple, pour qui Dracula aurait été mordu par l’un des personnages qu’elle a créé, Lestat – en général, d’autres explications sont avancées. Car Dracula est un vampire bien particulier : pour son créateur, Bram Stoker, il s’agit du vampire originel, du premier vampire.

Le roman n’avance cependant pas d’explication quant à l’accession de Dracula au statut de buveur de sang : nous savons seulement que, comme ses semblables, son âme ne peut accéder à la paix éternelle ; l’élimination du roi vampire est ainsi une délivrance, comme le remarque un personnage du roman : « une expression de paix se répandit sur ce visage où jamais je n’aurais cru que ne pût apparaître rien de tel ». Le roman ne fait que rappeler la cruauté et le goût du pouvoir du mortel qu’était Dracula, suggérant ainsi que là réside l’explication de sa damnation. Dans le film de Francis Ford Coppola, il aurait choisi de se détourner de l’Église, dont les représentants avaient refusé que sa femme soit enterrée sous prétexte qu’il s’agissait d’un suicide.

Dracula au Cinéma

La première adaptation du livre de Bram Stoker (et le premier film traitant du thème du vampire) est le chef-d'œuvre Nosferatu le Vampire (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens) réalisé par Friedrich Murnau en 1922.

Murnau chercha à éviter de payer les droits d'auteur et à cette fin changea le nom de tous les personnages ainsi que la localisation de l'intrigue. Ceci n'empêcha pas l'héritière, Florence Stoker, de l'attaquer en justice et d'obtenir la destruction des négatifs originaux ainsi que la plupart des copies. L'acteur qui interpréta le rôle du comte Dracula - également appelé "comte Orlok" dans cette version, Max Schreck, fut tellement persuasif que le bruit couru qu'il s'agissait d'un véritable vampire ! Cette idée fut reprise en 2000 dans le film L'ombre du vampire (Shadow of the vampire), réalisé par Elias Merhige.

Ce premier Nosferatu a fait l'objet d'un remake spécifique : Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner Herzog en 1979 avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani et Bruno Ganz

Les adaptations des studios Universal : 1931-1948
En 1931, Bela Lugosi joue pour la première fois Dracula dans un film de Tod Browning, Dracula avec Helen Chandler. Il endossa ce rôle quatre fois en tout.

C'est à Lugosi que revient le mérite de rendre à Dracula sa dimension érotique au cinéma (la dimension sexuelle de Nosferatu est plus psychanalytique), perdant en contrepartie le fascinant pouvoir de terreur de Max Schreck. C'est le premier d'une longue série de films populaires exploitant le personnage de Dracula. Pour l'anecdote, Bela Lugosi fut enterré avec la cape de Dracula à la demande de sa femme. C'était en 1956.


Les adaptations de Hammer films: 1958-1976

Le deuxième acteur le plus représentatif du rôle de Dracula fut Christopher Lee qui apparut en 1958 dans le film de Terence Fisher : Le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula). Il s'agit d'une version plus gothique de l'œuvre, hissée au trentième rang des plus grands films britanniques de tous les temps par le magazine Total film en 2004. La Hammer produisit ensuite une dizaine de films autour du personnage de Dracula, tous interprétés par Christopher Lee.


Productions parallèles
Parrallèlement aux productions de Universal et de la Hammer ont foisonné d'autres œuvres cinématographiques dont voici les principales:

Le personnage de Dracula a engendré un autre personnage, celui du tueur de vampires, souvent un vieux savant un peu fou, bien mis en scène dans le film de Roman Polanski, Le Bal des vampires, la lignée des Belmont ou le courageux Van Helsing. Depuis quelques années un autre personnage a rejoint le groupe des chasseurs de vampires, c'est la jeune chasseuse de vampire que l'on trouve dans la série Buffy

Source : Wikipedia