Les images des camps de concentration filmés à leur libération sont montrées au lendemain de la guerre et suscitent une grande émotion aux Etats-Unis. Dès 1945, Orson Welles montre ces bandes filmées dans Le criminel.
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Malgré cela, elles sont pourtant rapidement rangées dans les archives.La barbarie nazie est passé sous silence dans la culture américaine sans doute parce que les Etats-Unis souhaitent réhabiliter l'Allemagne de l'après-guerre et la transformer en une société moderne, démocrate et ouverte aux produits amricains.
Seules quelques uvres mineures abordent le silence des rescapés des camps : Les anges marqués (Fred Zinnemann, 1948) aborde le silence d'un enfant de neuf ans, rescapé des camps, muré dans son mutisme.
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Singing in the dark (Max Nosseck, 1956) : un homme tellement marqué par les camps qu'il en est devenu amnésique, mais il saura pourtant chanter les beautés de la vie.
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Sous le Maccarthysme, judaïsme, communisme et Hollywood
sont étroitement imbriqués dans l'esprit des Américains.
Aussi les studios se gardent bien de faire des films sur le génocide
juif.
En 1959, Georges Stevens réalise Le journal d'Anne Frank. Le livre s'est alors déjà vendu à des millions d'exemplaires dans le monde et le film est adapté d'une pièce à succès de Broodway. Anne Franck n'est pas décrite comme juive. Elle est la victime universelle des nazis. le film raconte surtout la vie d'une jeune fille qui devient adulte plus qu'il ne s'interroge sur les conditions de sa mort.Le public ne semble pas encore près à voir ce qui arrive à Anne Franck après son arrestation. Stevens prévient qu'il ne veut pas s'aventurer dans des zones trop pénibles. Il ne montre qu'allusivement un camp de concentration dans la séquence du rêve. Le final off "Je continue à penser malgré tout que les hommes sont foncièrement bons", typiquement américain ne peut être une conclusion acceptable.
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Jugement à Nuremberg (Stanley Kramer, 1959), pièce de théâtre puis film TV signée Abby Mann basé sur le véritable procès de magistrats allemand à Nuremberg en 1947 les juges qui auraient du protéger le peuple ne l'ont pas fait mais qui st coupable ? Tout le peuple allemand est-il coupable ou seulement certains d'entre eux ? Y-a-t-il des degrés de culpabilité ? Image héroïque des américains envoyés en Europe pour rétablir l'ordre et la justice. Distribution prestigieuse mais la vedette est le film dans le film, images de la libération des camps et présentées à Nuremberg en 1947. La séquence montre ce dont on parle jusque là tout restait abstrait.
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Le prêteur sur gage (Sydney Lumet, 1965), un rescapé de la shoah, Sol Nazerman, essaie de refouler ses souvenirs. Ceux-ci interviennent par flashs d'une seconde puis deux, trois, quatre avant de retrouver le passé. Le film tente de reconstituer la vie dans un camp de concentration. C'est un sujet que le spectateur ne découvre pas par le biais du film : il sait que c'est vrai et que cela s'est déroulé à une grande échelle
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A la fin des années 60, la sensibilité à la Shoah se
répercute même dans la comédie musicale (les producteurs
1967). Les images de la shoah peuvent illustrer une histoire secondaire (Harold
et Maud, Cabaret)
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Les militants des droits civils aux Etats-Unis comparent leur sort à
celui des juifs de la shoah. Le modèle d'assimilation dans le grand
moule américain est dépassé. Ils revendiquent les particularismes
ethniques. En 1977, dix ans après l'apogée des droits civiques,
ABC diffuse Racines sur l'esclavage et, une semaine après, NBC
Holocauste, programme de neuf heures reproduit toute l'histoire de
l'Allemagne nazie depuis la nuit de cristal en 1938 jusqu'aux camps de la
mort en passant par le soulèvement du ghetto de Varsovie en passant
par le prisme d'une famille juive allemande assimilée famille américaine
typique des gens venus d'ailleurs qui s'adaptent à une nouvelle culture
diffusé en 1978 quatre soirs de suite vu par un américain sur
deux
Dans le New York Times, Elie Wisel écrivait la banalisation de la shoah moralement discutable et indécent il ne s'agit pas juste d'apporter un témoignage mais de la façon dont on le fait toute représentation de la shaoh quelle qu'elle soit banalise un événement qui dépasse toute forme narrative traditionnelle. Cela creuse un fossé entre la représentation qu'on en a fait et la réalité historique. C'est un mélo qui ne montre pas toute l'étendue de l'horreur ni l'héritage qui a péri dans l'holocauste.
Les coupures de publicité prêtent le flanc au soupçon de commercialiser la shoah En allemagne, le feuilleton sera suivi par plus d'un tiers des allemands et le gouvernement allonge le délai de prescription pour les criminels nazis. Plaisanterie cynique : le feuilleton Holocauste a plus d'impact que l'original.
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1979, Kitty retour à Auchwitz
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1982 : Le choix de Sophie de Alan Pakula, adapté de William
Styron. Survivante polonaise non juive qui vit dans le Brooklyn de l'après
guerre Sophie, a dû choisir entre ses deux enfants lequel sera exécuté
par les nazis.
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1988 : Les orages de la guerre (War and remenbrance de Dan Curtiz)
programme T.V. de ABC. Série de 30 heures beaucoup plus crue, adaptée
d'un best-seller d'Hermann Hook. Les Américains se sont endurcis avec
la guerre du vietnam pour retenir leur attention, il fallait montrer des images
crues : reconstitution des voies ferrées jusqu'à Auchwitz pour
faire entrer le train et du four crématoire à 50 mètres
du véritable four.
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1993 : La liste de Schindler de Steven Spielberg
Schindler est un allemand qui croit pouvoir composer avec les nazis puis se rend compte de la réalité prend ses distances et devient un véritable héros. Caractère cru et fortuit de la violence l'excès de violence banalise la force du film réside plutôt dans sa retenue au lieu de montre la brutalité il montre les cendres dans le ciel pas de couleur Pas de grue pas d'effet spéciaux le manteau rouge c'est la description qu'en fait Thomas kinnely dans son film quand Schindler est sur son cheval et qu'il assiste à l'évacuation du ghetto de Cracovie, il se rend compte que dans cet environnement monochrome personne ne remarque la couleur la plus voyante. Le film fourmille de scènes des centaines de témoignages film sur l'espoir 1232 juifs ont survécus le message d'espoir est contesté celui qui sauve une vie sauve le monde entier mais transparence et surtout musique
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Rédemption, le triomphe de la vie la perspective d'un dénouement
heureux le public doit s'accommoder de tout ce qu'il voit à l'écran
même la shoah.
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Bibliographie :
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Films montrant le processus d'extermination des juifs
d'Europe par les nazis
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| Histoire(s) du cinéma | Jean-Luc Godard | France | 1999 |
| La liste de Schindler | Steven Spielberg | U.S.A. | 1993 |
| Hotel Terminus | Marcel Ophuls | France | 1988 |
| Shoah | Claude Lanzmann | France | 1985 |
| La passagère | Andrzej Munk | Pologne | 1963 |
| Nuit et brouillard | Alain Resnais | France | 1955 |