Dans les années 70, les cinéastes intellectuels avaient transformé le cinéma américain par leur amour du cinéma européen. Un changement notable du goût du public américain s'est produit après la triste fin de la présidence Carter qui avait suscité tant d'espoirs mais s'était terminée par l'échec de la libération des otages de Téhéran. Le déclin du « vieux » Nouvel Hollywood marque la fin de la des analyses sceptiques et critiques de la société américaine. Les années 80 sont celles du retour à l'ordre incarnées par les années Reagan

Parallèlement à cette évolution politique, la fin des années 1970 est marquée par des productions anti-establishment à gros budget comme La Porte du Paradis, The Blues Brothers ou 1941 qui furent des échecs commerciaux retentissants. Les studios se réorientèrent d’une manière radicale vers les films formatés, beaucoup plus lucratifs. Les producteurs en profitèrent pour reprendre la main mise qu’ils avaient perdu au profit des réalisateurs du Nouvel Hollywood.

Les deux cinéastse phare de l'époque sont Geoges Lucas et Steven Spileberg. L'un et l'autre ont réalisé au milieu des années 70 un film qui préfigure la fin du Nouvel hollywwod. George Lucas avait signé un premier gros succès en 1973 avec le nostalgique American Graffiti dont l'action se passait avant l'assassinat de Kennedy et marquait de nouveau l'interet pour une jeunesse insousciante. Les Dents de la mer (1975), énorme succès appuyé par un marketing efficace, fut le précurseur des blockbusters de l’été.

En 1977, La Guerre des étoiles de Georges Lucas bat tous les records et établit une sorte d’« ersatz de religion » de culture populaire. La Guerre des étoiles, dont la trame peut être comparée à un conte de fées, préconise la structure formelle des blockbusters : caractères bien identifiés, victoire des « gentils » sur les « méchants », histoire sentimentale se terminant bien, à l’opposé des thématiques du Nouvel Hollywood. L’abondance des effets spéciaux et le merchandising international compléteront cette « formule du succès » reprise par la suite par Hollywood.

Dans les années quatre-vingt, Hollywood pousse la logique de l'action chère à Raoul Walsh («A movie is : Action, action, and... action») à son paroxysme en produisant quantité de films dans lesquels l'action devient le principal moteur narratif avant que ces productions ne connaissent une période de relatif désintérêt tant de la part du grand public que des producteurs de cinéma.

Le cinéma s’orienta vers des succès optimistes et patriotiques (Rambo, Rocky, Top Gun). Spielberg et Lucas consolidèrent leurs positions, en tant que réalisateurs/producteurs de trilogies très lucratives (Star Wars, Indiana Jones, Retour vers le futur), productions plus lisses, abondantes en effets spéciaux et résolument tournées vers le divertissement. Des films d’action d’envergure comme Aliens le retour ou Piège de cristal devinrent des succès mondiaux et fondèrent un nouveau sous-genre. La superficialité des spots publicitaires et des clips fut adaptée à l’écran avec succès (Flashdance, 9 semaines 1/2).

 

Bibliographie :