lundi 14 mai 2012
à 20h00, au Café des Images :
I wish nos voeux secrets de Hirokazu Kore-Eda

Après le divorce de leurs parents, Koichi et Ryunosuke sont obligés de vivre séparément. Koichi vit pauvrement à Kagoshima avec sa mère et ses grands-parents alors que le, le jeune Ryunosuke jouit d'une vie décontractée avec son père musicien à Fukuoka. En dépit de leurs vies différentes vies, les deux frères qui, souvent, se parlent sur leurs téléphones portables veulent à tout prix réunir la famille. Un jour, Koichi apprend que l'énergie générée par le croisement de deux trains sur la ligne nouvelle de TGV peut faire qu'un désir se réalise. Koichi et Ryunosuke ourdissent alors un plan qui implique la complicité de leurs amis et d'autres adultes pour que tous se trouvent présent au croisement des deux trains....

Méditation ample, joyeuse et enthousiasmante sur la mise à jour des voeux secrets de l'enfance, ou plutôt de la transformation de voeux qui les conduiront sur la voie de l'age adulte. Face à la compassion exprimée par le professeur ou le chagrin de la mère, les enfants suivront le conseil du père : pour être heureux, il faut aimer quelque chose qui nous dépasse.


fin de soirée conviviale autour d’un verre, dans le hall d'entrée,

offert par le Café des Images.

 

Séance du jeudi 12 avril 2012
Colonel Blimp de Michael Powell

Récit déployé sur quarante années, Colonel Blimp retrace la vie d'un vieux militaire dévoué aux idéaux de galanterie de l'armée britannique et désormais dépassé par le jeu sans foi ni loi des conflits modernes. Colonel Blimp est un film de guerre sans aucune bataille et sans presque aucune action, entièrement tourné en studio. Le film s'attache à dépeindre, au creux d'un immense flash-back, les destinées intimes des personnages, le poids du temps passé, l'opposition entre la femme éternelle et celle en bute aux contraintes sociales comme la place futile des hommes dans l'histoire. C'est donc un film essentiellement méditatif, bénéficiant des dialogues brillants, d'une grande force politique et néanmoins souvent très drôles d'Emeric Pressburger (voir critique : ici).

 

Séance du jeudi 15 mars 2012
Despair de Reiner Werner Fassbinder

Avec Despair, Rainer Werner Fassbinder réalise sa première production internationale en langue anglaise, réunissant Dirk Bogarde (Mort à Venise) et Andréa Ferréol (La grande bouffe). Le budget du film est douze fois plus important que ceux des précédents (6 millions de marks contre un demi-million environ auparavant) mais Fassbinder ne choisit pas la facilité en adaptant La méprise, un roman de Nabokov écrit en 1932. Le spectateur ne comprend sans doute la motivation du personnage principal lors de la dédicace finale, juste avant le générique. Sans cette clé essentielle il ne peut vraisemblablement pas goûter pleinement ce grand mélodrame virtuose même sil peut apprécier la métaphore entre crise sexuelle d'Hermann et la crise économique et la réflexion sur le l'identité et le double que Fassbinder mène de bout en bout. (voir critique : ici).

 

Séance du jeudi 2 février 2012
Le cheval de Turin de Bela Tar

Après les 28 plans de L'homme de Londres, ce sont 34 plans que nous propose Béla Tarr pour sa grande méditation métaphysique qu'est Le cheval de Turin. Il y pousse aux extrêmes la beauté de sa mise en scène dans une somptueuse chorégraphie de mouvements. Son film est aussi beau et exigeant à voir que peut l'être la musique sérielle à entendre. Le rapprochement est d'autant plus tentant que, comme le retour inexorable des mêmes notes, ce sont ci les journées qui se répètent à l'identique, rythmées par les mêmes gestes sans que presque aucune parole ne soit échangée entre le père et sa fille. En laissant subsister le doute sur l'époque et le lieu dans lesquels se déroule cette grande fable picturale, il émet une violente mise en garde envers les valeurs qui gouvernent notre monde. (voir critique : ici).

Séance du 5 janvier 2012
A dangerous method de David Cronenberg

Tous les films de Cronenberg comportent une dimension psychanalytique. On la retrouve à la fois dans ses films fantastiques (Rage, Chromosome 3, Existenz) et dans ses films aux sujet identifiés comme plus sérieux (Faux-semblants, Le festin nu, Crash ou ses deux chefs-d'œuvre que sont Spider et A history of violence). Il n'est donc pas surprenant qu'il ait été choisi pour adapter, via une pièce de théâtre, le roman des premières années de la rencontre entre Jung et Freud.

Bien plus que l'exposé d'affrontements théoriques, A dangerous method, à l'image de son titre, narre la grande aventure intellectuelle périlleuse qui, au début du siècle, mit en jeu les bases de l'amour et de l'amitié des protagonistes pour éclairer un nouveau continent de la connaissance. C'est ici moins le psychanalyste à l'œuvre qui est filmé que la pratique de la théorie. Les choix de mise en scène élaborés par Cronenberg dévoilent en effet que cette connaissance du monde n'est pas une pratique solitaire coupée du monde mais une expérience douloureuse. (voir critique : ici).

Séance du 1er décembre 2011
Carnage de Roman Polanski

Avant-première exceptionnelle, avant sa sortie nationale le 7 décembre , le ciné-club avait l'occasion de faire le buzz pour Carnage, le dernier film de Roman Polanski. Le débat fut l'occasion, extraits à l'appui, de revenir sur la carrière de Polanski. Le pessimisme des films de Polanski est largement lié aux traumatismes de l'enfance (parents déportés), de l'adolescence (pression du régime communiste sur ses premiers films polonais) et de l'âge adulte (assassinat de sa femme en 1969). Ce pessimisme est contrebalancé par l'énergie incroyablement positive de ses héros et son penchant pour l'érotisme et la croyance en l'œuvre d'art.

On ainsi été mis en évidence les moments de basculement autour des trois actes construits tout exprès par Polanski à partir du texte de Yasmina Reza non découpé en scènes. La direction d'acteurs, et d'actrices, point fort des films de Polanski, a également été débattue ainsi que les deux plans rajoutés à la pièce (voir critique : ici).

Séance du 3 novembre 2011
Au seuil de la vie de Ingmar Bergman

La projection d'Au seuil de la vie (1958) s'inscrivait dans le cadre du festival des Boréales 2011. 19e des 46 films de Bergman, réalisé entre Les fraises sauvages et Le visage, Au seuil de la vie n'était jamais ressorti en salle ou en DVD depuis sa reprise au début des années 80. Au festival de Cannes 1958, le film obtint pourtant le prix de la mise en scène et les actrices principales (Bibi Andersson, Eva Dahlbeck, Barbro Hiort af Ornäs et Ingrid Thulin) reçurent le prix collectif d'interprétation féminine.

Au seuil de la vie est l'unique film de Bergman où est abordée la naissance de l'enfant. Depuis Crise (1945), jusqu'à Sarabande (2003) les relations parents-enfants sont pourtant l'une des problématiques constante de Bergman qui lui permet de traiter ses thèmes majeurs que sont la peur de la mort et de la solitude, les déchirements du couple mais aussi l'émerveillement de l'enfance (Fanny et Alexandre) ou le désir de liberté aiguillonnés par la naissance de la sensualité (Monika). (suite de la critique : ici).

 

Séance du 4 octobre 2011

L'Apollonide joue de toutes les séductions associées au thème de la maison close : jolies femmes, décor luxueux, dialogues spirituels. L'aliénation économique dont sont victimes les prostitués est finement analysée sans que Marie-France, chef de cette petite entreprise, ne soit dénigrée. La dimension réaliste du film dresse un constat sans équivoque de la prostitution d'hier sans la complaisance à laquelle n'échappait ni la magnifique Maison Tellier d'Ophuls ni La petite de Louis Malle.

Pourtant, le réquisitoire le plus implacable contre la violence faite aux femmes réside bien davantage dans la dimension fantastique du film. Elle lui fait atteindre des sommets d'émotion et de rage en déployant ses mystères au sein de la grand figure symbolique de la spirale avec une virtuosité de mise en scène que l'on croyait réservée aux grands noms du cinéma américain : Kubrick, Lynch, Eastwood ou De Palma (suite de la critique : ici).

 

Séance du 8 septembre 2011
Habemus Papam , de Nanni Moretti

Les cinq thèmes abordés dans le film, la religion, le théâtre, les médias, la psychanalyse et le sport ont déjà été traités de nombreuses fois par Moretti. La religion dans La messe est finie (1985) où Moretti interprétait un prêtre qui, finalement, n'arrive pas à rendre service et part en Patagonie ; le théâtre dans Je suis un autarcique (1976) ; les médias dans Palombella Rossa (1989) et Le Caïman (2006), la psychanalyse dans La chambre du fils (2001). Le sport enfin est une constante dans l'œuvre de Moretti depuis la gymnastique et le football dans Je suis un autarcique, le football et la natation dans La messe est finie ou le water-polo dans Palombella Rossa.

Pourtant, jamais autant que dans ce film, ces thèmes n'ont concourus, ensemble, à un message plein d'humour et bienveillance sur ce que pourrait être aujourd'hui une nouvelle forme du pouvoir (suite de la critique : ici).

 


Depuis septembre 2007, je propose, comme animateur du ciné-club de Caen, une séance de Ciné-club au Café des Images, le premier ou deuxième jeudi de chaque mois entre septembre et juin.

Séances 2007-2008 : La fille coupée en deux, Sicko, Les promesses de l'ombre, Paysages manufacturés , La graine et le mulet , Sweeney Todd , L'orphelinat , Grizzly man, Je t'aime, je t'aime, Un conte de Noël .

         

Séances 2008-2009 : Gomorra , La belle personne, L'échange , La corde , Le miroir magique ,Woman on the beach , Bellamy , Tokyo Sonata ,Yella , La femme sans tête.

Séances 2009-2010 : Non ma filles tu n'iras pas danser, Fish tank , Les herbes folles, De l'eau tiède sous un pont rouge ,Invictus , Les amours d'une blonde , Shutter island ,Ajami , Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle Orléans ,Les chausssons rouges

Séances 2010-2011 : L'homme à la caméra, Un homme qui crie, Thirst , La nuit du chasseur , New York Miami , I wish I knew , Je suis un no man's land , Pina , Le journal d'une femme de chambre, Tomboy

Le film est choisi parmi la programmation des trois salles du Café des images. Je vois le film dans la semaine du ciné-club, rédige une première critique pour conduire le débat... puis la réécris ensuite avec toutes les idées et contradictions apportées par les spectateurs.

Première phase : débat de trois quarts d'heures dans la salle (ici la salle coupole)

La séance se déroule en deux phases successives après le film projeté à 20 heures : trois quarts d'heures de débat dans la salle puis prolongation, pour ceux qui ne craignent pas de se coucher un peu plus tard, autour d'un pot offert par le Café des images dans le hall du cinéma.

débat de 22heures à 23 heures
débat de 22heures à 23 heures
Après le débat, le bureau du ciné-club invite les cinéphiles acharnés à prolonger la dicussion et à faire connaissance...

 

voir la vidéo de F3 Normandie  (3 minutes) voir la vidéo de F3 Normandie  (3 minutes)
Le ciné-club de Caen en famille filmé à Deauville par F3 Normandie (voir la vidéo , 3mn05)
 
 voir la vidéo (3m47)
Voir la vidéo (3m47)
New York Miami présenté par Jacques Perrotte et Jean-Luc Lacuve au Café des Images le 6/01/2011
(voir la vidéo , 3mn47)

 

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